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ENFANTS-MALTRAITESLe monde entier célèbre ce 12 juin la journée mondiale de lutte contre le travail des enfants. Une journée décrétée par l’organisation internationale du travail (OIT) en 2002. Ceci pour mettre en évidence la situation des enfants en vue de trouver des solutions palliatives.

Les estimations mondiales les plus récentes suggèrent que quelque 120 millions d’enfants entre 5 et 14 ans sont astreints au travail des enfants, les garçons et les filles de ce groupe d’âge étant à peu près également représentés. Cette persistance du travail des enfants prend ses racines dans la pauvreté et le manque de travail décent pour les adultes, le manque de protection sociale, et une incapacité à s’assurer que tous les enfants fréquentent l’école jusqu’à l’âge minimum légal d’admission à l’emploi. Le Bénin n’est pas épargné par le phénomène. Abdoulaye, un jeune apprenti carreleur de 12 ans rencontré sur un bâtiment en chantier nous a confié : « je me suis retrouvée en apprentissage parce que ma mère est décédée. J’ai abandonné les classes en 2013 et depuis ce moment je suis apprenti carreleur. C’est moi-même qui ai décidé ainsi ». Quand bien même Abdoulaye est rémunéré à raison de 350 FCFA par jour par son patron, sa situation demeure pour le moins qu’on puisse dire inquiétante dans la mesure où les textes régissant le travail au Bénin prévoient qu’on est patron à partir de 25 ans. Ainsi, notre jeune ami risque de faire plusieurs années en apprentissage pour devenir patron. Or si on devait s’en tenir aux 4 années réglementairement indiquées pour rester en apprentissage, le jeune carreleur deviendrait patron en 2017. Il aurait alors l’âge de 14 ans, qui est l’âge auquel il devrait entrer en apprentissage. Ainsi, comme Abdoulaye, ils sont nombreux ces enfants qui travaillent actuellement en dessous de l’âge légal.

Inès Zounnon