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Dans quelques heures Yayi va convoquer le corps électoral
Le chef de l’Etat veut duper les producteurs agricoles

Fini le deuil de 7 jours en mémoire du regretté Mathieu Kérékou ! Yayi Boni, trop friand de la propagande, est déjà sur le terrain. Inauguration ou lancement à Bohicon hier, rencontre avec les acteurs de la filière coton de même que les autorités à divers niveaux ce jour à Parakou, le champion du populisme a repris du poil de la bête. Ce énième rendez-vous avec les différents acteurs de l’or blanc, étonne et suscite indignation. Car, cela n’améliore guère la situation des paysans.

Une bande défilante sur l’écran de la télévision du chef de l’Etat invite les unions communales et départementales des producteurs de coton, les égreneurs, les maires, les préfets, les ministres membres du Comité interministériel, les directeurs généraux des sociétés d’Etat dont la Sonapra, les Carder, la liste est très longue, à se présenter à une rencontre qui se tient ce jour à la salle d’alphabétisation de Parakou. La mise en place est terminée à 7 heures, indique le communiqué. Il s’agira de faire le point de la campagne cotonnière 2015-2016 lors de cette séance. Un bilan qu’on savait depuis chaotique. Toutefois, laissons le gouvernement continuer dans la manipulation.   Cette rencontre jugée improvisée a été initiée par le président de la République alors que beaucoup ne s’y attendaient pas. La plupart ont été informés dans la soirée d’hier et cela pose un problème pour leurs agendas. Mieux, c’est prendre les paysans pour des enfants en leur demandant d’être en salle avant 7 heures, alors qu’ils n’ont pas été informés à temps. Combien sont-ils à habiter la ville de Parakou et environs ? Le président de la République peut traiter ses ministres, Directeurs, préfets comme il l’entend, mais pas les paysans et les acteurs actifs de la filière coton. Les unions départementales et communales des producteurs, les égreneurs, la fédération nationale des producteurs, tout ce monde ne réside pas à Parakou.   Cela va être compliqué pour eux d’être à la séance. Et puis, Yayi Boni tient à cette rencontre dans un contexte où la situation des acteurs du coton ne s’améliore pas. Victimes de la politique hasardeuse du gouvernement en place, de nombreux acteurs du monde cotonnier ont porté un regard sévère sur la chaîne de commandement de la filière. Les maux dont souffre le secteur sont connus et exposés à la séance organisée sur les mêmes installations à Parakou il y a quelques semaines. Mais le gouvernement continue de faire croire que tout marche. Ainsi, dans la foulée, un groupe de paysans est monté au créneau en début du mois d’octobre pour certifier la bonne gestion de la filière par les organes qui se sont substitués aux professionnels en la matière. Ils étaient en mission pour ce régime, conscient de son péché. En clair, au lieu de trouver des réponses adéquates aux problèmes posés, le gouvernement fait de la manipulation en envoyant «ses paysans » au front pour ravaler leurs vomissures. Face à cette situation, les vrais cotonculteurs manifestent une méfiance à l’égard du chef de l’Etat. Que vient-il leur dire après avoir cherché à les diviser ? Chaque séance offre son lot de surprises, de déballages, d’accusations. Celle d’aujourd’hui ne va pas déloger à la règle. Le chef de l’Etat gagnera en reconnaissant que son équipe a échoué et qu’il est temps qu’ils s’éclipsent tous. Leur bilan est catastrophique. La dette consentie par le gouvernement pour faire face à des exigences grimpe dangereusement, la corruption s’installe et s’enracine, le clientélisme est flagrant. Et puis, le coton béninois baisse en qualité. Les paysans voient ce qu’ils auraient pu gagner et qu’ils n’ont pas gagné. Cela laisse transparaître un goût amer dans leurs commentaires quand ils sont en face du président de la République. La déception, Yayi Boni ne s’en émeut point.

 AT