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TALON-NOUVEAU
Le Président, Patrice Talon

Il sera pour la première fois, face à la nation pour le compte de la célébration du 56ème anniversaire de l’accession du Bénin à l’indépendance. Le nouveau Président, Patrice Talon, s’adressera à son peuple, mais est-ce qu’il réussira la lourde mission de rassurer les Béninois ?

L’heure n’est pas vraiment aux longs discours et bilans ennuyants, car l’impatience se fait grande. Les Béninois, pratiquement déprimés, à la veille du 6 avril, voyaient en Patrice Talon, cette réponse à leur situation précaire. La pression est forte, le désir de voir l’actuel président prendre des décisions qui soulagent est plus qu’insistant. Trois mois sont passés, et le peuple commence à se poser des questions. L’incertitude plane, les convaincus d’hier commencent à relativiser. L’argent se fait rare. La canicule d’hier s’est accentuée.Les remous montent, mais le gouvernement continue toujours de faire le bilan. C’est dans ce contexte déjà difficile que des mesures, sans doute, contraignantes sont prises. Déguerpissements systématiques des marchands aux abords des voies, interdictions aux motocyclistes de circuler dans les marchés provoquant la mévente au niveau des commerçants, recrudescence de l’insécurité, répression de la marche des étudiants, bref, la colère monte. En face de ce sentiment, l’espoir de voir, dans un futur proche, le panier de la ménagère se remplir s’effrite. Le pays s’est arrêté. L’attente se fait longue. Dans un contexte pareil, le premier discours du nouveau président de la République devrait avoir l’avantage de rassurer les uns et les autres. Dans une démarche de communion avec son peuple, le Chef de l’Etat devra consoler ces Béninois qui ont cru en lui, mais qui ne voient encore rien venir. Il devra leur montrer que les nombreuses mesures qu’il a prises (suspension, annulation, suppression) ont pour objectif de garantir un mieux-être à tous. Il faudra surtout que le message du Chef de l’Etat fasse abstraction (un peu comme l’ont fait ses ministres pendant les 100 jours) du bilan de Yayi Boni. Yayi est fini, et le peuple n’acceptera pas toujours entendre cette ritournelle « Yayi a fait ». Le peuple a besoin de savoir ce qu’il doit espérer, ce à quoi il doit s’attendre. Quelles sont les options dans les 6 ou 12 mois ? Qu’est-ce qui est prévu dans le court terme pour résoudre un problème spécifique et comment on compte s’y prendre ? Qu’est-ce qu’il faut faire ? Combien injecter ? Dans quel délai ? Pour quel résultat ? Il faudra définir un canevas précis afin qu’on sache là où on va réellement. Sanctionner Yayi et ses affidés oui, mais penser aussi à sauver le peuple du grand dénuement duquel il rêve de sortir. Réformes politiques et institutionnelles oui, mais le pain au peuple d’abord. Il est plus qu’urgent d’actionner le patronat, hâter le vote de la loi sur le Partenariat public privé, injecter de l’argent dans l’initiative privée et sécuriser les investissements à travers les tribunaux commerciaux. Autant de défis qu’il faudra relever dans le court terme. Il faudra aller vite et très vite.

Abdourhamane Touré