Spread the love

ZolawadjiLe samedi 6 août dernier, la 1ère édition du festival Zolawadji de Gbéssi a connu son épilogue avec une rutilante soirée Agbadja sur la place publique de Placodji. Venus d’horizons divers, les passionnés de ce rythme se sont ajoutés aux populations de Placodji pour vivre ce festival qui fait son entrée dans l’univers culturel béninois.

Animations résonnantes, cadences frénétiques, danses énergiques et ferveur partagé par une foule inestimable autour d’un podium décoré aux couleurs du feu… Le festival Zolawadji a mis le feu à la place publique de Placodji dans la soirée du samedi 6 août dernier. C’est ainsi que l’a voulu son promoteur Albert Bessanvi, Gbéssi Zolawadji de son nom d’artiste. Souhaitant la bienvenue à ses admirateurs et aux fans du « Agbadja », il a partagé les motivations de son initiative. « L’heure de transmettre mes connaissances et mon savoir-faire musicaux a sonné », a déclaré Gbéssi pour rappeler l’objectif du festival Zolawadji. Une initiative qui, selon le chef du 3ème arrondissement Lokossou Lokossa, constitue  un tremplin pour l’immortalisation du « Agbadja » modernisé. Une initiative qui, aux dires de l’assistant du ministre du tourisme et de la culture, Alidou Sefou, colle avec la vision du gouvernement pour le secteur de la culture. « En initiant le festival Zolawadji, Gbéssi s’inscrit bien dans cette vision. De par son festival, il entend aguerrir la nouvelle génération d’artistes qui s’intéressent au rythme Agbadja qu’il manie et valorise bien depuis plusieurs années déjà, avec à la clé une visibilité internationale qui rend le pays fier de sa culture et de ses artistes », a reconnu Alidou Sefou avant de lancer les manifestations.

Au cœur du show

Avec les animations époustouflantes de brillants artistes du « Agbadja » dont  Ebawadé, Assido et Djiboni, le public a eu droit à un avant goût de taille. Un prélude galvanisant ponctué par l’intervention du directeur du Fonds des arts et de la culture (Dfac) Gilbert Déhou-Malè, artiste du Tchinkoumin. Dans une démonstration courte et bien inspirée, il a chanté l’espoir d’un nouveau départ favorable aux artistes béninois. « Nous nous mettrons ensemble pour que l’artiste vive de son art. Nous allons entreprendre des réformes pour que ce qui doit aller aux artistes aille directement aux artistes. Rien ne se fera plus comme avant », rassure-t-il. Sous le regard du roi des Xwlas du Bénin, Meto Awoussan Alifa Elékétché, des populations xwla, pédah et Watchi et d’autres promoteurs de festivals, le spectacle proprement dit a démarré. C’est le groupe Akéké de Noutchi Jonas, jeune technicien de la télévision Canal 3, qui a ouvert le bal des prestations programmées. Timide au départ, l’intervention du groupe Akéké s’est ensuite enflammée aux allures du zouglou ivoirien. Dans une ambiance déchaînée, mais cette fois-ci sous les coups du rythme Gakpa, le groupe Sègla Djindé a pris le relais pendant une quinzaine de minutes avant de passer le témoin à Adjihon, le spécialiste du rythme « Avogan ». Dans la même lancée, l’artiste Gandjègbé, féru du « Avogan », premier artiste à enregistrer en pédah, a levé les représentants du comité d’organisation de Nonvitcha, pagne autour de la taille et serviettes blanches au cou. Avec la prestation des femmes ventilateurs de Grand-Popo, la piste de danse a bondé. Certains invités n’ont pas pu résister à l’envie de se lever pour esquisser quelques pas de danse. Autour de la piste, l’euphorie et la liesse étaient perceptibles. Le chaud était presque à son faîte. Dans cette ambiance, chants et pas de danses ont accompagné les interventions de Aklamako et de Gbèhohan qui ont suivi. Entre les différents passages, les animations de l’impresario Bodé Star et des artistes Anice Pépé et Pdsymph ont égayé le public. Peu après 21 heures, la dernière prestation est annoncée. La clameur monte et l’enthousiasme du public est sans pareil. Comme on pouvait s’en douter, c’était le roi du « Agbadja » Gbéssi Zolawadji. Au cours de sa prestation, sa voix était à peine audible. Tant la foule chantait pour l’accompagner ! L’assistance semblait prête à chanter et danser sans arrêt. Mais les bonnes choses ne durent pas. Et, en peu de temps, Gbéssi Zolawadji a fait du quartier Placodji, qu’il appelle « Grand-Popo de Cotonou », le vatican du « Agbadja ». Il promet un show encore plus éclatant pour la prochaine édition.

Anselme Pascal Aguéhoundé