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Pour le préfet Moussa Mohamadou, la conciliation n’a pas encore échoué

Le préfet du département de l’Alibori, Moussa Mohamadou, a convié les parties impliquées dans la crise qui secoue la mairie de Gogounou à une séance de conciliation hier mercredi 7 septembre 2016. Au terme de la rencontre, l’autorité préfectorale et le porte-parole des dissidents se sont confié à Océan Fm.
Moussa Mohamadou, préfet de l’Alibori : « La conciliation n’a pas encore échoué »    
Océan Fm: Comment s’est déroulée la séance de conciliation que vous avez présidée ce mercredi soir ?

Moussa  Mohamadou : La séance de conciliation s’est déroulée dans de très bonnes conditions. Nous avons parcouru tous les points, donc tous les griefs contre le maire qui a apporté quelques clarifications. Nous retenons de manière générale qu’il y a un déficit de communication, même s’il y a des preuves qui n’ont pas été mises à notre disposition. Nous avons décidé de poursuivre nos auditions, notamment en écoutant certains chefs-services de la mairie de Gogounou et le receveur-percepteur. Il y a des éléments d’appréciation que nous pouvons prendre au niveau des services de la préfecture aussi. Je voudrais saluer la disponibilité des conseillers, qu’ils soient dissidents ou pas. Ils nous ont permis de conduire convenablement les travaux

Peut-on dire que la conciliation a échoué ?

Non ! Pour le moment, personne ne peut le dire, parce que nous n’avons pas fini d’auditionner. Nous avons simplement constaté qu’il y a un problème de communication. Et le maire a tout de suite compris ses erreurs. En notre présence, il a présenté ses excuses aux conseillers qui ont décidé de le destituer. Maintenant, c’est le procès-verbal  qui va nous permettre d’aviser. Nous allons continuer les auditions. Avant même les conseillers, nous avons auditionné d’autres protagonistes, pour une bonne lecture de la situation. On peut ne pas les réunir. On peut les écouter individuellement pour pouvoir aviser.

Isaac Guerra, porte-parole des conseillers dissidents : « Nous avons réaffirmé notre engagement à aller jusqu’au bout »

 Nous avons aujourd’hui assisté à un plaidoyer. Le préfet est dans son rôle. Il est en train de ramener la balle à terre. Il était assisté, pour la circonstance, des deux  autres membres du  comité de conciliation comme l’exige la loi à savoir son secrétaire général et son chargé de mission. Nous les avons bien entendus, bien écoutés et nous avons parcouru chacun des sept points qui fondent notre motion de défiance. Et nous avons complété  ces points par nos éclaircissements avec des exemples à l’appui. Il nous a semblé que le Chargé de mission faisait faute route par rapport à une confusion qu’il entretenait. Parce qu’il semblait exiger aux conseillers dissidents de prouver que le maire a commis des fautes lourdes, ce qui est le cas d’une procédure de révocation. Ici, il s’agit bel et bien de crise de confiance et de désaccord grave entre la majorité, plus de 2/3 du Conseil communal et le maire. Et donc, c’est cette majorité qualifiée qui s’est permis, au vu de la loi, de saisir le maire pour lui demander de tenir une session extraordinaire en vue de prononcer un vote de défiance contre lui en présence du préfet du département de l’Alibori. Suite à ce plaidoyer, nous avons corrigé les incohérences qui nous ont semblé nécessaires, notamment à l’endroit du Chargé de mission de la préfecture. Les conseillers dont je suis le porte-parole ont réaffirmé leur engagement à ’aller jusqu’à la fin du processus de destitution. Pour nous, la seule issue pour le développement de la commune de Gogounou, c’est de faire partir le maire. Aujourd’hui, le problème de Gogounou, c’est le maire Bachabi et les conseillers ont décidé qu’il parte, et il partira.  Nous restons sereins et nous attendons la suite. Le maire Bachabi est l’incarnation même de la gestion solitaire. Et sa seule intelligence, c’est de diviser pour régner. Nous avons rédigé un mémorandum sur sept points qui dénonce ce comportement coupable et répréhensible du maire de la commune de Gogounou. Nous avons pu noter son absentéisme, contrairement aux textes de la décentralisation. Voilà un maire qui n’est jamais au poste, en tout cas, qui est rarement au poste et fréquemment à Cotonou pour des raisons familiales. Il a l’habitude de se faire établir des ordres de mission avec des incidences financières. Voyez, c’est le maire aussi qui fouine le nez dans les affaires de la chefferie traditionnelle. Toutes  choses qui ne sont pas de la compétence du gouvernement local. Voilà encore un maire qui est étranger à la courtoisie et aux bonnes règles qui devraient caractériser le président de l’Assemblée locale. C’est un maire qui agit comme un proconsul et qui n’aime pas du tout être contredit. Et pour peu que vous ayez un avis contraire, il vous rabroue avec toutes les violences verbales. Voilà aussi un maire qui excède les limites de son pouvoir, s’autorisant parfois à commander les chefs d’arrondissement de collaborer intimement avec une prééminence des opinions de certaines personnes qui ne sont pas titulaires d’un mandat électif, contrairement aux délibérations du Conseil d’arrondissement. »

Propos recueillis  
par Océan Fm