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kerekou26 Octobre 1972-26 Octobre 2015. Il y a exactement 43 ans que l’armée béninoise sous le commandement du Général Mathieu Kérékou a renversé un régime politique « anarchique » surnommé « Le monstre à trois têtes » pour asseoir la révolution et prendre le pouvoir.

Le Bénin était donc passé entre les mains de Mathieu Kérékou, l’homme fort du putsch. « Le Dahomey est trop petit pour avoir trois présidents. Nous sommes assez pauvres pour avoir trois chefs », argumentait le nouveau Président béninois, Mathieu Kérékou. A l’époque, il refusa de juger les trois Chefs d’Etat Hubert Koutoukou Maga, Justin Tomètin Ahomadégbé et Sourou Migan Apithy. « Nous n’aimons pas des jugements spectaculaires ici. On ne leur reproche que l’anarchie. Pourquoi juger quelqu’un ? Ils n’ont pas tué quelqu’un, ils n’ont pas commis des fautes. Ce qui nous intéresse, c’est le redressement économique de notre pays » a-t-il dit. Cet événement historique qui a changé le cours de l’histoire politique du Dahomey a été récemment fait partie des nombreux hommages rendu à Mathieu Kérékou suite à l’annonce de son décès le 14 Octobre dernier. Ainsi, l’attaché aux affaires publiques du disparu, le Ministre Allassane Soumanou rendant hommage à l’homme s’exclamait : « Kérékou était un stoppeur, il a stoppé en 1972 toutes les successions de coups d’état qui faisaient du Bénin l’enfant malade de l’Afrique. C’est lui qui a initié la révolution en allant vers le marxisme-léninisme et c’est lui qui l’a encore stoppé en 1990 grâce à la conférence nationale ». Mais il n’est pas le seul à garder cette appréhension de l’homme. Adrien Houngbédji, ancien premier ministre du Général Mathieu Kérékou disant également ceci après avoir signé le livre de condoléances : « A travers sa personne, c’est un grand chef d’Etat, c’est le plus grand homme d’Etat de la période post colonial. C’est un exemple qui mérite d’être cité aujourd’hui au Bénin et dans toute la sous-région, et par conséquent, nous devons saluer en sa perte, la perte encore une fois d’un grand démocrate, la perte d’un grand homme d’Etat et la perte d’un homme de paix ». Certainement que si l’homme par qui la date du 26 Octobre est devenue indélébile dans la mémoire de tout béninois était vivant en ce jour de commémoration du putsch historique qu’il a perpétré, l’anniversaire de l’événement aurait eu toute une autre connotation.

Inès Zounnon