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SIEGE-FBF-DJASSINAvec la signature du protocole d’accord entre les parties en conflit à la Fédération béninoise de football (Fbf), il semblerait que le bout du tunnel de la crise soit proche. Retour sur les épisodes marquants de cette crise longue de six ans…
Tout part du 20 décembre 2010 où 12 des 15 membres du Comité exécutif présidé depuis à peine un an par Anjorin Moucharafou démissionnent en bloc pour protester contre sa gestion. La Caf et la Fifa, soutiens inconditionnels d’Anjorin, l’autorisent à coopter 12 membres pour aller au bout de son mandat de quatre ans. La suite a tout d’un serpent de mer. Malgré les décisions de justice contre lui et une opinion publique qui lui est défavorable, l’homme tient bon. Son changement annoncé n’est qu’une profession de foi. Le nouveau Anjorin n’a rien de différent de l’ancien. Finalement, c’est de l’intérieur du Comité qu’il délège qu’il sera mis en minorité. Poussé dans les cordes, il finit par renoncer à briguer un nouveau mandant en 2013. Entre-temps, il s’était offert une bouée de sauvetage avec son élection au Comité exécutif de la Caf, prenant le soin de préciser qu’il restait un officier de réserve pour le football béninois.
Les débuts de l’après Anjorin sont prometteurs. Augustin Ahouanvoèbla qui est devenu président de la Fbf en 2013 au détriment de  Bruno Didavi, lance un championnat semi-professionnel et engage de larges négociations avec le camp Attolou qui s’était mis à l’écart du monde du football. Mais Anjorin hante la vie du nouveau Comité exécutif. Il est accusé d’avoir été l’instigateur de la disqualification de l’équipe cadette des éliminatoires de la Can 2015. Puis, tous les efforts s’écroulent comme un château de cartes le 27 mars 2015. Le gouvernement de Yayi Boni par le biais  du ministre Safiou Idrisou Affo retire l’agrément au Comité exécutif d’Augustin Ahouanvoèbla pour des raisons purement politiques. Anjorin est appelé à la rescousse pour éviter une sanction des instances faîtières au Bénin. En quête du renouvellement de son mandat au Comité exécutif de la Caf, il s’y engouffre, fait écourter le mandat du Comité exécutif en cours, fait installer un Comité de normalisation qu’il manipule à sa convenance. Avec l’alternance politique intervenue au Bénin le 6 avril 2016, il précipite les choses et parvient à ses fins le 10 juin 2016. Malgré l’interdiction par la justice du congrès électif, Anjorin Moucharafou redevient président de la Fédération béninoise de football à l’issue d’une parodie d’élection avec une liste unique.
Le nouveau ministre des Sports, Oswald Homéky, avale la couleuvre pour éviter une nouvelle sanction au football béninois. Mais l’élimination des séniors en route pour la Can 2017 fait perdre à Anjorin sa seule arme à savoir le chantage. Il sera contraint cette fois-ci à des concessions dans les négociations. Il demeure certes président du Comité transitoire mais voit son mandat ramené à 18 petits mois et surtout va composer avec ses ennemis.

Elvis Hessou