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togo.jpg--2Le président de l’Assemblée nationale du Bénin, Me Adrien Houngbedji et une importante délégation de députés béninois, étaient depuis hier à Lomé sur invitation de Dama Dramani dans le cadre de la cérémonie solennelle de la session parlementaire de ce mardi 6 octobre 2015. A cette occasion et du haut de la tribune du Parlement togolais ce matin, le Président de l’Assemblée Nationale a salué les avancées démocratiques dans les pays africains et appelé ses homologues parlementaires à aller encore plus loin. (Lire ci-dessous l’intégralité de son discours).

Monsieur le président de l’Assemblée nationale
Monsieur le Premier Ministre du gouvernement togolais
Messieurs les présidents de parlement
Chers Collègues députés
Mesdames et Messieurs les invités
Je voudrais en tout premier lieu, remercier le président Dama Dramani, mon ami et frère pour son invitation à assister à l’ouverture de la deuxième session ordinaire de l’année 2015 de l’Assemblée nationale du Togo et pour l’honneur qu’il me fait de m’adresser à la représentation nationale togolaise, en vue de partager avec elle, quelques réflexions sur des questions d’intérêt commun qui ponctuent la vie de nos institutions et dont les réponses impactent leur avenir. Le remercier aussi de tout cœur, pour avoir honoré de sa présence et la tête d’une forte délégation, la cérémonie d’investiture du bureau de l’Assemblée nationale du Bénin, le 15 juin dernier, et pour avoir délivré à cette occasion, un message de très haute portée. Je voudrais en second lieu, au nom de la délégation de l’Assemblée nationale du Bénin qui m’accompagne et en mon nom personnel, exprimer ma sincère gratitude aux plus hautes autorités du Togo, à vous-même, Monsieur le président, aux membres du Bureau, à la conférence des Présidents, à toute l’Assemblée nationale et à l’ensemble du peuple togolais, pour l’accueil chaleureux et la généreuse hospitalité qui sont réservés depuis notre arrivée dans votre cher et beau pays le Togo.
Nous sommes profondément touchés par ses marques d’amitié répétées, qui témoignent de l’intense sentiment de fraternité qui unit depuis toujours les peuples togolais et béninois.
Mon prédécesseur, le Professeur Maturin Coffi Nago, en me passant le témoin à la tête de l’Assemblée nationale du Bénin a mis un accent particulier sur l’exemplarité de la coopération entre l’Assemblée nationale du Togo et l’Assemblée nationale du Bénin.
Il a rappelé à cet égard, Monsieur le Président, que vous en étiez le moteur : l’Assemblée nationale du Bénin était en effet toujours invitée et participait à toutes les manifestations organisées par son homologue du Togo et vice versa.
Les échanges d’expérience étaient effectifs et enrichissants pour nos deux institutions. Ce modèle de coopération interparlementaire, j’aurai l’agréable devoir de le poursuivre, et d’en étendre le champ avec vous, dans l’intérêt supérieur de nos deux pays, qui ont tant de choses en partage : l’histoire, la géographie, la culture, l’économie et les aspirations.
Aspiration à un développement durable, mais aussi et sûrement, aspiration à améliorer et approfondir notre démocratie, car c’est la démocratie qui conditionne le développement.
Monsieur le Président, mesdames et messieurs les députés, mesdames et messieurs, oui, ma conviction et la votre aussi je crois, est que nos peuples aspirent à plus de démocratie.
Nos peuples sont en lutte pour la démocratie, ils s’aguerrissent ; les mentalités évoluent ; les consciences s’aiguisent ; et les avancés sont irréversibles.
L’organisation des élections à bonne date et dans la transparence, constitue certes un des signes distinctifs de la démocratie ; mais elle ne suffira bientôt plus si elle ne débouche pas sur des institutions fortes, crédibles, capables d’installer un climat de paix et de confiance, et d’impulser le développement.
Cette lutte-là, nous la gagnerons aussi ; nous sommes en train de la gagner !
Oui c’est vrai, nous assistons de temps à autres à des mouvements de reflux, à une sorte de marrée basse de la démocratie, avec ici et là des tentatives de remise en cause, auxquelles font obstacle fort justement, un front du refus, une conscience collective nationale, sous régionale et internationale.
Mais c’est le propre de la démocratie, d’être un chantier en perpétuel construction.
L’ancien président Jimmy Carter disait que l’expérience de la démocratie « est comparable à la vie elle-même : changeante, d’une infinie variété, parfois turbulente et d’autant plus précieuse qu’elle est passée par l’épreuve de l’adversité ». Notre devoir, c’est de rechercher ensemble, les causes du phénomène de reflux pour en conjurer à l’avance les effets.
Notre devoir, c’est de rechercher ensemble parmi les causes du reflux, celles qui sont dues à notre pratique.
J’ai la conviction que si le besoin de liberté est un besoin inné, en revanche, la bonne pratique démocratique s’acquiert et se cultive. Elle est difficile à définir ; mais elle est dite bonne parce qu’elle a fait ses preuves ; parce qu’elle a de bons résultats à son actif. C’est une expérience testée, réussie, répétée, participative qui donne un sentiment d’appropriation collective des décisions. Elle est reproductible et adaptée à des objectifs similaires, dans des contextes différents.
C’est pourquoi, la bonne pratique démocratique est faite de tolérance, d’écoute, de concession, de compromis. Elle invite à la juste mesure en toute chose. C’est aussi en cela qu’elle est le contraire de l’extrémisme, le contraire de l’exclusion, le contraire du rejet, le contraire de la violence. Car faut il le rappeler, si les conflits sont inhérents à la nature même de la vie en société et donc inévitable, la démocratie est, à bien des égards, un ensemble de règles et de comportements, qui permettent de résoudre les contradictions dans le respect et l’estime de l’autre.
Elle est la promesse que les hommes libres et égaux, travaillant ensemble, peuvent se gouverner d’une manière qui sert et préservent l’aspiration de tous à liberté, à légalité des chances, et à la justice sociale.
Et si l’avenir de la démocratie chez nous, dépend, pour une grande part, des comportements positifs et participatifs des citoyens, il dépend aussi pour une grande part, de cette catégorie de citoyen, d’un type particulier, que sont les députés, représentants du peuple et de ses aspirations.
C’est à nous chers collègues qu’il revient de prendre la mesure de nos responsabilités, d’assumer le succès de la démocratie, par une animation politique qui élève, au dedans de l’hémicycle comme en dehors, le niveau de conscience démocratique de nos populations.
A voir et à entendre ce qui se fait ici et maintenant, au Togo, je mesure déjà le chemin parcouru, et je nous en félicite.
Monsieur le président, Mesdames et Messieurs les députés, Mesdames et Messieurs, comment pourrais-je conclure mon propos sur la bonne pratique démocratique, sur les vertus de la tolérance, du dialogue et de la paix, sans adresser à son excellence, Monsieur Faure Assozimna Gnassigbé, Président de la République du Togo, toute notre admiration pour sa contribution inestimable à la construction de la démocratie à l’effort de paix et de stabilité dans notre sous-région. Sous son leadership éclairé, le Togo, votre pays, a amorcé de profondes mutations politiques, économiques et sociales. Je me devais de le saluer et de lui rendre hommage au nom du Bénin.
Vive le Togo démocratique
Vive le Benin démocratique
Pleins succès à vos travaux
Je vous remercie