Spread the love

hostieBien soigner Atao

 La santé du député Atao Hinnouho est fragile. Elle chancelle. Elle vacille entre les pathologies relevant du domaine de la médecine générale et des pathologies relevant du domaine de spécialité, notamment des affections neurologiques. Le rapport médical produit par son médecin traitant pendant qu’il était grabataire au Centre national hospitalier et universitaire Hubert Maga de Cotonou renseignait qu’il trainait quelques troubles qui requièrent les examens d’un médecin psychiatrique. Il faut se garder de ne pas lui ingurgiter de faux médicaments qui se révèlent parfois être de réel poison.

L’administration, par inadvertance, de quelques faux produits pharmaceutiques est synonyme d’une aggravation de l’état de santé du député de la 15ème circonscription électorale. Il faut donc veiller à bien soigner le député Atao avec des produits pharmaceutiques authentiques pour lui permettre de répondre au temps opportun des chefs d’accusation qui pèsent sur sa personne. L’attention des médecins qui administrent des soins en ce moment au député Atao est sollicitée parce que le marché des médicaments a été pris d’assaut par des chenapans. En effet, au motif de mettre à la disposition des populations démunies des médicaments dits génériques, des pharmacies légalement établies, contre toute règle d’éthique, ont perverti leur profession. Toutes les pharmacies sont approvisionnées en médicaments contrefaits. Et ainsi, les grossistes répartiteurs et leurs valets ont empoisonné la santé des populations avec des produits pharmaceutiques hors normes scientifiques.

On se souvient de cette séance de travail faites de révélations troublantes que le chef de l’Etat a eue avec les acteurs du secteur des médicaments. Les représentants des grossistes répartiteurs des produits pharmaceutiques ont été confondus par le président de la République. La rencontre de confrontation avait tôt prouvé que les vendeurs de médicaments au Bénin n’étaient que des cupides et des assassins. Ils ont d’ailleurs avoué au chef de l’Etat, Patrice Talon,  qu’ils opèrent en narguant les normes en vigueur. Qu’ils jouaient avec la santé des Béninois en déversant sur le marché et dans des officines légalement qualifiés des médicaments faux et d’origine douteuse. Ils ont fait leur mea-culpa au premier magistrat et sollicité sa clémence pour ne pas répondre d’infraction de délit ou de crime devant une juridiction. Pendant longtemps, ils ont opéré en toute quiétude. Leur pratique était celle du gangstérisme. Elle a perduré en toute impunité.

A l’aune de tout ce qui précède, les médecins soignants de Atao Hinnouho doivent observer une grande prudence dans le traitement médical de leur patient. Ils doivent s’assurer que les médicaments à administrer au député sont authentiques. Il faut lui éviter des complications afin qu’il puisse vite recouvrer sa santé. Une fois que le bulletin médical mentionnera que le député est totalement guéri et apte à comparaître, il pourra répondre conséquemment à la barre devant le juge. C’est d’autant important que le nom du député Mohamed Atao Hinnouho résonne dans l’opinion publique comme celui du grand approvisionneur de faux médicaments. Propriétaire d’immeubles de plusieurs niveaux à Cotonou et à Porto-Novo, propriétaire de plusieurs voitures dont le luxe frôle l’insolence, présumé propriétaire de magasins ou d’entrepôts de faux médicaments, le député est convié à laver son honneur. Par la même voie, il aurait convaincu que sa fortune ne provient pas de mains gantées de sang, et qu’il se conduit en toutes circonstances en honnête et exemplaire législateur.

Mais si d’aventure le député Atao et ses conseils n’arrivaient pas à convaincre le Ministère public ainsi que le juge qui présidera l’audience au cours de laquelle il sera entendu, il subirait les rigueurs de la loi. En décidant, suivant son intime conviction, de le condamner au cas où les chefs d’accusation mis à sa charge seraient avérés, la peine à prononcer par le juge, on l’imagine, serait très lourde à supporter par l’accusé qui a qualité de législateur.

Jean-Claude Kouagou