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justice1L’accusé du vendredi 20 juillet 2018 était à la barre pour répondre de trois  chefs d’accusation : vol, tentative de viol et tentative d’assassinat. La Cour l’a condamné à 15 ans de travaux forcés.

Il avait à peine 21 ans quand il a commis la série d’infractions. L’accusé encore très jeune devra compter 12 ans derrière les fers. Il commence, sans doute, la deuxième partie de sa vie qui a été sur toute la ligne éprouvante. En effet, orphelin de père et de mère, David avait très tôt connu la rue. Par  la suite, il a été envoyé au Nigéria et placé auprès du mari de sa cousine Victor Vissoukpo. Taillable et corvéable à souhait par sa nouvelle famille d’accueil, David,  »apprenti larcin » à Cotonou a monté en grade. Il a réussi à voler des numéraires et autres objets dont un fusil à un Nigérian du nom de Idohou Adédjoumon. En mai 2015, David a acheté une moto neuve avec les sous volés et la confia à son beau-frère. Le contrat est que celui-ci lui paie tous les samedis une certaine  somme représentant sans doute les frais de location du bien. Les clauses du contrat n’ont pas vraiment été honorées et une mésintelligence est née entre les deux. Un soir, alors que le jeune homme avait, selon sa déposition à la barre, pris des produits aphrodisiaques, il s’est retrouvé dans le lit de sa cousine alors que celle-ci dormait. Réveillée, cette dernière l’accusa de viol. L’époux, tout furieux, jura de lui rendre la pièce de sa monnaie. Le dimanche 19 juillet 2015, aux environs de 22 heures, alors que le couple  s’apprêtait à se coucher, David, muni du fusil volé, s’était placé au niveau de la fenêtre du salon et a tiré dans le dessein de mettre fin à la vie de son beau-frère. Malheureusement, c’est sa cousine qui a reçu la balle au bras gauche qui a été amputé. À la barre, David a reconnu le vol. Il a même déclaré que c’est auprès de son beau-frère qu’il a déposé le fusil et les autres objets volés. Pour la tentative de viol, il a déclaré qu’il avait pris des produits aphrodisiaques dans le but de satisfaire une  »conquête » qui a, sans doute, manqué à l’appel. Pourquoi alors s’était-il retrouvé dans le lit conjugal ? À cette question, l’accusé n’avait pas donné de réponses satisfaisantes. Il a néanmoins juré n’avoir jamais tenté de violer sa cousine, mais s’est juste masturbé une fois s’étant retrouvé dans le lit. Pour le crime d’assassinat, David a fait savoir qu’il n’a pas vraiment programmé le meurtre et que c’était sur le coup de la colère qu’il a pris la décision d’en finir avec son beau-frère.  » Mon beau-frère n’honorait plus les clauses du contrat et ne manifestait plus aucune volonté de me payer. Nous avions eu une discussion chaude qui m’a mis dans tous mes états. C’est de là que je suis parti chercher le fusil volé et j’ai tenté de l’achever », a-t-il fait savoir. Dans sa réquisition, l’avocat général, Christian Atayi, a réuni tous les éléments constitutifs des trois infractions et demandé à la Cour de le condamner à la peine de travaux forcés à perpétuité. Le conseil de l’accusé, Me Élie Vlavonou, a exploré la vie de l’accusé. Pour l’avocat, David a eu une vie pratiquement déchirée qui a besoin d’être reconstituée. Il a demandé à la Cour de lui appliquer une peine qui permette de le récupérer socialement. Au terme des débats, la Cour présidée par Christophe Atinmankan a condamné l’accusé à la peine de 15 ans de travaux forcés.

HA