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Le président Yayi boni s'enfonce dangereusement
Le chef de l’Etat face à son destin

Tout le monde abandonne le président de la République qui, pendant dix ans, a gouverné en maître absolu. En dehors de ses partisans politiques qui le lâchent, ce sont des personnes qui ont des liens de filiation avec le chef de l’Etat qui s’entredéchirent et ne s’accordent plus sur la méthode de gestion du futur ancien président.

Terminus, tout le monde descend ! Cette assertion bien connue de tous, revêt son sens intégral, à mesure qu’on s’achemine vers la présidentielle de 2016. Le président Yayi Boni est victime de l’isolement. Le conglomérat de partis, mouvements et personnalités politiques dénommé Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) se vide de ses composantes. Les individualités refont surface. Les personnalités qui donnaient une certaine caution morale aux Forces cauris pour un Bénin émergent ont pris leur distance. Le professeur Albert Tévoédjrè a très vite compris que, s’il continuait de s’acoquiner avec le pouvoir Fcbe, cela allait entamer sa réputation. Après moult résistances, le super ministre de Yayi Boni, dont la prestance s’appuie toujours sur la didactique, a fini par rendre le tablier, après 8 ans de collaboration. Pascal Irénée Koupaki fait aujourd’hui cavalier seul. Beaucoup d’autres anciens ministres sacrifiés sur l’autel pour sauver l’honneur du président Yayi Boni, tels que François Noudégbessi, Blaise Ahanhanzo-Glèlè, Soulé Mana Lawani, Armand Zinzindohoué, … à la suite de grands scandales politico-financiers, ruminent leur colère dans le silence. En remontant encore au début de l’avènement du président de la République, on s’aperçoit que tous les premiers artisans de sa venue au pouvoir lui ont totalement tourné dos. Aujourd’hui, le pays est dirigé par des ouvriers de 25ème heure et des cadres bas-de-gamme, comme l’indique le beau-frère du chef de l’Etat, Marcel de Souza. Les caciques, comme Alexandre Hountondji, ont fini par délier leurs langues, avec une dose d’outrecuidance, en déclinant l’offre d’occuper, à nouveau, un poste de conseiller à la présidence de la République, en raison des humiliations subies. Dans son réquisitoire à l’occasion du congrès du parti de Marcel de Souza, à Cotonou, Alexandre Hountondji n’a pas été tendre envers le pouvoir de Yayi Boni. Le choix des mots utilisés, l’expression grave du regard et le gestuel qui accompagnait le discours témoignent du malaise profond qui caractérise l’entourage du premier magistrat. Les personnalités comme Aké Natondé, Lambert Koty, Soumanou Toléba, Issifou Kogui N’Douro et bien d’autres encore ne parlent plus le même langage que le chef suprême des armées béninoises, Yayi Boni. En définitive, cette démonstration illustre parfaitement que l’Alliance Fcbe est en train de se défaire inexorablement.

 La maison brûle

 Jusqu’à preuve de contraire, il n’y pas deux leaders charismatiques dans la commune de Tchaourou. Le seul, c’est le chef de l’Etat. Curieusement, l’actualité dans la commune n’est pas agréable depuis hier jeudi 1er octobre 2015. Elu sous la bannière des Fcbe, le maire Sounon Bio Bouko, a bénéficié de l’appui du locataire de la Marina pour occuper, à nouveau, le fauteuil de maire de la Commune de Tchaourou. Depuis hier, il serait déclaré persona-non-grata. Les bureaux de la mairie et la résidence administrative de l’autorité communale ont été saccagés. Et pourtant, ce sont les fils de Tchaourou qui se battent entre eux. De sources concordances, deux nouveaux leaders se préparent à la succession de Yayi Boni : Karimou Chabi-Sika et le député Adam Bagoudou. Ils sont tous des parents de Yayi Boni. Ce seraient leurs partisans qui se livrent à de tels actes de vandalisme commis sur les biens publics. Cette infraction est prévue et sanctionnée par la loi. Depuis 48 heures donc, les démons de la division se sont emparés des filles et fils de la commune de Tchaourou. En dehors de cette bataille rangée qui oppose Bagoudou à Chabi-Sika, il y a ceux qui extériorisent leurs ambitions de briguer le fauteuil de la Marina. Le jeune Philippe Aboumon, l’ex défenseur de Yayi Boni au Parlement, Karimou Chabi-Sika et son cousin Bio Sawé de la Banque ouest-africaine de développement (Boad), rivalisent d’ardeur pour se hisser à la cime de la politique de Tchaourou et du territoire national. Ce constat démontre que le président de la République ne contrôle plus les « siens ». Tout lui échappe. Yayi Boni, pour être moins sévère que le député Sacca Lafia, c’est bientôt fini.

 Jean-Claude Kouagou