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jouetsA quelques jours de la fête de la nativité, les trottoirs et artères de la ville de Lokossa sont déjà bondés de jouets. Mais, le constat est que, devant les étalages, il y a peu d’affluence. Les parents  éprouvent toujours des difficultés à acheter des jouets pour leurs mômes.
La Nativité s’approche à grands pas. A moins de deux semaines de la célébration de cette fête des enfants, la majeure partie des trottoirs de la ville de Lokossa est déjà garnie de jouets. Sur ces artères de la Cité de l’espérance, on peut trouver des vélos pour enfants, des pianos, des pistolets, des poupées, des mini-ordinateurs, des voiturettes et des objets de décoration. Bref, tous les jouets pouvant mettre la joie dans le cœur des enfants s’y retrouvent. Malheureusement, ces étalages n’enregistrent pas encore d’affluence. Approchée, Lina Agossou, vendeuse de jouets sur l’une des artères, avoue que c’est la morosité économique qui en est la cause.  Mais, Nicéphore Wéwé n’a pas voulu attendre la veille de la fête pour acheter des jouets à ses enfants. Il  a préféré se rendre très tôt vers un point de vente pour éviter, selon lui, de subir la flambée des prix. « Il parait qu’à deux jours de la fête,  il y a souvent augmentation des prix. Les prix grimpent à la veille de la fête. C’est pour cela que j’ai décidé de venir très tôt pour acheter une poupée à ma fille», soutient-il. Cependant, dame Elisabeth, vendeuse de jouets sur le parc de véhicules de Lokossa, n’est pas de cet avis. Le sourire aux lèvres, elle affirme que le prix ne change pas, quelle que soit la période. « Les prix des jouets ne varient pas suivant les périodes. Nous ne fixons pas les prix de vente des jouets par hasard. Nous les fixons suivant le prix du marché », justifie-t-elle. Bienvenu Agbodji, un habitant de la ville, ne s’inquiète guère de la flambée des prix des jouets. Accompagné de sa fille, il veut acheter un vélo qui coûte trente mille francs Cfa. A la fin des discussions, il débourse les trente mille FCfa et emporte la bicyclette pour sa fille  pendant que d’autres clients continuaient à marchander les prix des jouets. Contrairement à cet homme, Alphonse Orou ressent des difficultés à acheter des jouets à ses enfants. « Cette année, sincèrement, les prix sont abordables. Seulement, on n’a pas d’argent. J’ai voulu acheter un sapin et les décorations. Ils coûtent quarante mille francs. Mais, je n’ai pas d’argent. Je n’ai même pas envie de débattre de ces  sapins et décorations», confie-t-il.
 Les autres causes de la mévente
 La crise économique qui sévit dans le pays, en particulier dans la commune de Lokossa, attriste profondément les vendeurs de jouets qui espèrent toujours que les clients vont passer les visiter avant la fête de Noël. Contrairement à certains gérants de stands de vente de jouets, il y a d’autres qui  pensent que cette mévente est liée aux comportements des vendeurs opportunistes. «C’est à cause des vendeurs opportunistes qui entrent dans nos rangs à chaque fête de Noël que nous ne vendons pas. Tout le monde veut vendre des jouets, c’est ce qui provoque la mévente», regrette la vendeuse Lina Agossou. Assise à côté de son mari, elle espère que beaucoup de clients  viendront visiter  bientôt ses étalages. Mais sa collègue Albertine justifie cette morosité par l’augmentation des prix des articles. «La plupart des jouets que nous vendons sont importés du Nigeria. Pour compenser la baisse du Naira qui flotte ces derniers temps, les grossistes augmentent les prix des articles. La mairie augmente aussi les taxes, et le loyer de l’emplacement des stands a presque doublé. Donc, pour couvrir toutes ces charges, nous sommes obligés d’augmenter les prix», confie-t-elle. Selon elle, les articles qui ne seront pas vendus après la grande fête seront soigneusement rangés dans leurs emballages pour être déposés dans les magasins et attendre la fête de Noël prochaine. Mais cette attitude n’est pas sans conséquence. « Il y a des pertes de jouets qui utilisent des piles.  Ces piles altèrent les jouets, et on est obligé de les mettre de côté», regrette-elle. En dehors de cette situation de crise économique qui secoue les parents, ces derniers sont confrontés à d’autres problèmes liés aux choix du jouet à acheter pour leurs enfants.
 Bernard Ehoun invite au respect des lois
 Les autres problèmes auxquels sont confrontés les parents désireux d’acheter des jouets pour leurs enfants se résument à la nature de ces derniers. Unanimement, les parents admettent qu’ils ne doivent pas acheter aux enfants  des jouets qui incitent à la violence. Au nombre de ces jouets, il y a les pistolets, les chars et les pétards. Pour Bienvenu Agbodji, le bon sens doit guider les parents dans le choix des jouets. « Nous avons la responsabilité de rompre le cercle de la violence. On ne peut pas d’un côté leur dire que c’est mal de faire la guerre, leur inculquer des principes de non-violence et, de l’autre, les laisser se battre avec des kalachnikovs en plastique. Il s’agit de choisir des jouets en tenant compte du développement de l’enfant qu’il soit moteur, intellectuel, affectif ou social. Il faut en tenir compte et voir comment les jouets choisis peuvent l’accompagner», mentionne-t-il. Pour le directeur départemental de l’industrie et du commerce du Mono-Couffo, Bernard Ehoun, il y a certains jouets qui sont interdits par la loi. Et pour appliquer la loi, il a déclaré qu’il envoie chaque année sur le terrain, ses agents pour faire le contrôle. « Lorsque ces agents découvrent sur les étalages, des  jouets qui sont interdits, ils procèdent systématiquement à leur saisie. Si quelqu’un vend des jouets qui sont interdits par le gouvernement, il court le risque d’emprisonnement. Si nous surprenons quelqu’un qui vend des pétards, nous l’arrêtons et le traduisons en justice », explique-t-il. Et pour ne pas faire des victimes au cours de ces fêtes de fin d’année, il invite les vendeurs de jouets à suivre les instructions du gouvernement. Car, on ne réussit pas, selon lui, dans les affaires en violant les lois de la République.
 Claude Ahovè
(Br Mono-Couffo)