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Le chef de l'Etat perd de plus en plus le contrôle de sa troupe
Le chef de l’Etat: l’escalade

(Voici ses fracassantes déclarations à Djougou)

Coutumier des déclarations fracassantes et totalement indécentes, le chef de l’Etat a profité de la cérémonie d’inauguration de l’hôpital de zone de Djougou, samedi dernier, pour soigner sa sinistre réputation. Il a tenu des propos suffisamment graves pour l’unité nationale. En voici la teneur.

 « C’est vrai, mes ministres soient mes proches collaborateurs. C’est moi qui les ai nommés. Mais, je ne peux pas faire venir des Indonésiens pour diriger le Bénin en qualité de ministres. Ce sont les Béninois. J’ai toujours demandé qu’ils soient de vrais patriotes et que, naturellement, pour qu’ils soient efficaces, chers compatriotes, sachons répondre à ces actes. Ne mettez pas sur mon dos ce que chacun fait et qui affaiblit la République. Dans les grandes démocraties, les responsabilités sont assumées. On n’impute pas au chef ce que les autres font. J’écoute les uns et les autres. Le vrai peuple, c’est vous et je sais que vous me comprenez. Mais certains députés ne comprennent pas. Il faut oublier la jalousie, la méchanceté, les injures. Il faut en finir pour que notre nation soit unie. A chacun son rôle. J’ai été élu au suffrage universel. Je n’ai pas fait un coup d’Etat, mes chers compatriotes.

 Mal éduqué

 Alors, pour faire des débats dans l’enceinte parlementaire, il faut respecter le Président de la République qui est une institution. Autrement, on est mal élevé, mal éduqué en s’en prenant à sa personne. Nous allons régler cela. Je m’en occupe personnellement. Parce qu’il faut absolument un État fort. La démocratie ne signifie pas un État faible. Si un ministre pose un acte, il faut qu’il assume. C’est irresponsable de l’imputer au Président. Lorsqu’on cherche le pouvoir, ce n’est pas de cette manière.

 La paix au bout des lèvres

 Nous voulons la paix. La paix, ce n’est pas au bout des lèvres. Ceux qui sont élus sur la base de simples circonscriptions ne peuvent pas se donner les moyens, au nom de l’immunité parlementaire, et s’en prendre au Président de la République, le seul légitime sur toute l’étendue du territoire national. C’est irresponsable ! C’est Totalement irresponsable ! Je veux un pays de paix. Je suis tout et que chacun prenne ses gardes. Je suis tout. Je le dis bien. Le pouvoir se prend par la qualité des projets de société, parce que mon pays le Bénin, c’est un peuple mûr.

 Les scandales

 Chers compatriotes béninois. Cela fait 10 ans. Je vous en remercie infiniment. Lorsqu’on parle de scandales, de quel scandale parle-t-on ? Il faut qu’on en finisse avec cette culture de haine, de jalousie, de rejet de l’autre, de méchanceté. Notre peuple aspire à la paix. La paix et rien que la paix. Les élections sont là et bientôt on en aura. Il faut que chacun prépare son projet de société. Ce n’est pas la peine d’insulter le Président. Il faut être poli chers compatriotes. J’ai juré que s’il y a des insuffisances, j’’annonce cela au peuple. On parle de Cen-Sad. On parle de Dangnivo. Mais de quoi s’agit-il ? C’est moi qui ai demandé à l’Ige d’aller me faire le contrôle lorsque le Cic est tombé etc… A la suite des résultats des conclusions de l’Ige, le ministre a été limogé et envoyé à la Haute cour de justice. Je n’ai reçu aucune réaction, mes chers compatriotes. Même pas la démarche qu’ils préconisent aujourd’hui. L’essentiel est que chacun soit puni s’il fait mal, récompensé s’il fait bien. C’est comme ça que notre société doit marcher.

 Hantise Dangnivo

 Dangnivo, je dis c’est stupide. En ma qualité de Chef suprême des armées, on vient me demander mon concours pour retrouver un compatriote qui a disparu. Immédiatement, j’ai fait appel au commandement militaire. Retrouvez-moi la personne. Le 4ème jour, on me dit, ‘’c’est dommage Monsieur le Président. Ce Monsieur a été tué par un assassin qui était en prison’’. Un Adja et le ‘’type’’ qui a été tué est Adja. Il s’est retrouvé en prison pour d’autres crimes. C’est un habitué de crimes. En tant que garant de l’ordre public, chers compatriotes, j’ai saisi la Police pour exhumer le corps. J’ai fait appel à la France, à l’Allemagne pour que l’Adn soit fait. Les politiciens ont tout bloqué du côté des parents. Le docteur allemand, en partant, a coupé les doigts de ce Monsieur devant tout le monde et a demandé à la justice d’envoyer les empreintes de Dangnivo. Des irresponsables ! Les empreintes ont été envoyées à ce Monsieur. Un allemand. Il a envoyé les résultats à la justice. Il a dit que le corps qui a été exhumé est bel et bien Dangnivo. Il confirme les déclarations de l’assassin. Mes chers compatriotes ! Où en sommes-nous ?Où allons-nous ? De quelle politique s’agit-il ? On bloque le dossier. La justice bloque le dossier et ne veut pas se prononcer, ne veut pas punir celui qui tue son voisin. Lorsque la justice s’organise pour le procès, ils sont allés payer les gendarmes pour que ce garçon s’évade de la prison de Missérété. Mais, ce n’est pas avoir la foi en Dieu. Mon collègue du Togo que je remercie, je lui ai demandé de me le retrouver. Il me la fait. Il a envoyé les gendarmes. Ils l’ont suivi pour le retrouver en pleine brousse chez les féticheurs. On l’a amené. Alors, de quelle affaire Dangnivo parle-t-on ? Des irresponsables !

 Culture morte

 Vous me demandez un service, je rends ce service. Parce que les élections s’approchent, ils se mettent à mentir. Mais, ça c’est quoi ça ? C’est quelle culture ça ? Elle est mortelle cette culture. De quoi s’agit-il ? Icc-services. De quoi je me mêle ? Nous sommes là et on a informé la banque centrale qu’il y a des clochards qui sont en train de ruiner la population. La Banque centrale a directement écrit au Ministre en charge du dossier. Malheureusement, il n’a pas su réagir très tôt et disait qu’il observait le phénomène. 6 mois plus tard, c’était trop tard. Cela fait cinq ans. La justice a mis le coude là-dessus sous la pression des politiciens. C’est pour faire quoi demain ? Nous sommes tous Béninois. Nous sommes là et j’attends. La justice refuse. Nous sommes où exactement ? Le Bénin est un et indivisible. Je le dis. Seule la justice peut construire notre pays.

 Assurance ou menaces

 Je suis obligé, dans le cadre de la reddition des comptes, de vous rendre compte. Irresponsables qu’ils sont ceux qui parlent de cette affaire et me l’imputent. Chers compatriotes ! Je suis venu rassurer les jeunes. Le Bénin mon pays est un pays de paix. La paix, ce n’est pas du bout des lèvres, c’est par les actes. Lorsque vous insultez n’importe comment et vous voulez la paix, cela veut dire que vous êtes des traitres et des lâches. Vous trahissez la jeunesse qui est là. Ce que le peuple veut aujourd’hui c’est l’emploi des jeunes. L’’emploi des jeunes est un défi. Nous voulons la paix, la paix et rien que la paix. Lorsque vous insultez, vous êtes en train de mettre les fondements de l’affrontement. Surtout quand il s’agit des mensonges.

 Tout le monde à l’école

 C’est pourquoi j’ai dit une démocratie exige naturellement la qualité de notre système éducatif. Tout le monde doit aller à l’école.Chers compatriotes ! C’est pourquoi j’ai pris les mesures que j’ai énoncées tout à l’heure. Tout le monde doit aller à l’école. Envoyez les enfants à l’école sur toute l’étendue du territoire. Comme cela, tout le monde comprendra. Les politiciens ne vont plus abuser de vous. Vous comprendrez bien lorsqu’on vient vous parler, lorsqu’on vient vous mentir. J’ai fait 10 ans sur la base du suffrage universel. Les élections de 2011, est-ce sur la base du KO qui a été fait par l’Occident ?

 Chers compatriotes !

 Sachons raison garder. Il faut faire très attention.Pas de propos irresponsables, même si on est député ! Je le dis ici à partir de Djougou et je suis chacun. Les débats, ce sont des projets de société et non les injures, les mensonges. Que ceci soit dit une fois pour toute à leur attention. Je le dis bien, chers compatriotes ! C’est important ! Vous êtes jeunes.Vous avez besoin de la paix. Vous avez besoin d’un Bénin paisible et non passer le temps pour insulter le président élu tous les jours.

 Vindicatif

 Je suis prêt pour tout. Mais, pour moi, je ferai tout pour que la paix règne dans notre pays, mes chers compatriotes. Je ne réponds pas à cause de vos chères mamans. C’est à cause de vous que je ne leur réponds pas. Mais s’il y a de l’exagération, je le ferai. J’avertis tout le monde. Je suis tout le monde. C’est de cela qu’il s’agit. Nous avons besoin d’un État fort, un État fort visionnaire, attaché à l’intérêt général, capable de consolider notre stabilité, notre paix et notre sécurité, notre disposition constitutionnelle et c’est ce que j’ai fait avec loyauté. Voilà, je tenais à vous le dire depuis Djougou. Je suis très sérieux pour attirer l’attention des confessions religieuses, la société civile, de tout le monde. Je n’ai jamais parlé et insulté qui que ce soit. Il faut qu’on se respecte. Je suis le seul légitime de la république sur la base des élections nationales et non au niveau d’une circonscription. C’est bien cela la vérité. Je vous demande de dire aux uns et aux autres d’avoir un sens de responsabilité et de ne pas brûler le Bénin. J’ai ce sens de responsabilité. Cela fait 10 ans. Cela suffit ! Je le dis à l’attention de tout le monde ».

 Transcription : Hospice Alladayè

Nb : Les intertitres émanent de la rédaction

 Que fera la Haac?

 On l’a souvent dit, la Haac est forte face aux organes privés et faible devant les médias de service public. Face aux propos du chef de l’Etat, propos dignes d’un mélange explosif, que la télévision nationale a diffusés, on se demande comment va pouvoir réagir la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication. L’Ortb pour être plus court a laissé passer une intervention du chef de l’Etat émaillée de provocations, de menaces, de régionalisme, d’injures sans être inquiété, alors que si c’était nous autres, on nous aurait envoyés les gorilles du régime ou nous traités de « médias mille collines ». La Haac a souvent manqué de prendre ses responsabilités vis-à-vis de l’Ortb que le chef de l’Etat utilise pour donner un élan à ses idées tordues, selon lesquelles, les « dadjè » sont des voleurs dans le dossier des milliards de l’eau évaporés dans la nature, des assassins dans le feuilleton du fonctionnaire disparu au ministère des Finances et bientôt des fauteurs de troubles qu’il faut mater. Bien sûr, le discours d’orientation et de fixation sur l’axe du mal n’est plus un secret de polichinelle. Donc pour Yayi Boni et relayé par l’Ortb, c’est un « dadjè » qui a enterré un « dadjè » à son domicile et c’est un « dadjè » qui a volé l’argent des Hollandais. Régionalisme, haine, méchanceté, c’est ce que renferment ces accusations devant lesquelles   la consternation est la première réaction. Si le président Adam Boni Tessi et ses conseillers n’arrêtent pas la saignée, ils ne pourront pas contenir les effets. Le chef de l’Etat a menacé de répondre alors qu’il fait déjà du tac au tac. Et on se demande comment il va réagir désormais, si ses adversaires dont les critiques le brûlent persistent dans leur mode d’action. En fait, dans la même veine, le président de la République a fait savoir que dès qu’il y aura de l’exagération, il répondra et de préciser qu’il en a les moyens. Il avertit tout le monde, attire l’attention des confessions religieuses, la Société civile… A quoi pense le chef de l’Etat ? A chacun d’en tirer les leçons. Mais c’est à la Haac de mettre les garde-fous sans traitement sélectif, ni régulation orientée et tronquée. Ainsi, elle aurait mis tout le monde sur les mêmes pieds d’égalité et sauver le pays des travers.

 AT