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Tabé-Gbian
El Hadj Tabé Gbian, sage et notable de Banikanni à Parakou

Parakou, à l’instar des autres villes du Bénin, regorge de grands quartiers. Le plus ancien et vaste de tous s’appelle Banikanni. Son histoire mérite d’être racontée.

Banikanni est l’un des plus anciens quartiers de la cité des Kobourou. Il est situé en plein cœur de la ville et demeure aussi le plus vaste quartier de Parakou. « Avant sa création, il était une brousse très étendue », a déclaré El Hadj Tabé Gbian, un sage et notable dudit quartier. Selon lui, c’était une zone très fréquentée par les chasseurs. Ceux-ci, repartaient souvent satisfaits d’avoir rempli leur gibecière. Car, cette brousse était pourvue de divers oiseaux et animaux à savoir les perdrix, les lapins, les agoutis, des biches et bien d’autres. A en croire El Hadj Tabé Gbian, il y avait un monsieur appelé Assouman Arakaï. Il vivait en ville à côté de la grande mosquée de Kobè avec deux de ses neveux dont un certain « Baba Nakayo » et Alfa Yacoubou. Un jour, ces derniers devenus majeurs, ont décidé de quitter la maison familiale qu’ils trouvaient déjà très saturée de monde. Ainsi, dans leur dynamique de quitter la demeure familiale, ils sont allés construire une habitation dans cette brousse. A l’époque, il y avait un déréglé mental connu sous le nom Amadou. Ce fou  parlait tout seul à longueur de journée. Un jour, il vit en pleine brousse la bâtisse des deux jeunes. Etonné par la présence d’une habitation au milieu de la broussaille, Amadou s’est mis à murmurer : « Baani-Kanni ». Ce qui veut dire en langue nationale Dendi, la santé est bonne. Depuis ce jour, cette expression « Baani-Kanni » est restée dans la bouche d’Amadou comme un refrain qu’il fredonnait chaque fois qu’on lui demande là où il allait. « Je vais à Baani Kanni », disait-il en indiquant la zone de l’habitation des deux jeunes. En ce temps, on y trouvait seulement le premier cimetière de Parakou. C’est au fil du temps que l’école Montaigne et le Chd-Borgou ont été construits dans la zone.  A en croire, El Hadj Tabé Gbian, c’est par la suite que les garde-malades qui venaient prendre soin des patients ont commencé également à s’installer sur les lieux, puisque, les terres n’étaient pas à vendre. En somme, c’est grâce à Amadou qui disait « Baani Kanni » en vue d’indiquer la maison des deux premiers occupants que Banikanni, ce quartier du 2ème arrondissement de la municipalité de Parakou, a pris une telle identité.
H. M. Y