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landry-padonouJeune, mais riche d’expériences, le musicien compositeur Landry Padonou a fait de la clarinette l’objet de ses passions. De créations musicales en festivals, les délectables airs de sa clarinette en Sib ont traversé plusieurs frontières et réjoui bien de passionnés de la musique. Avec Landry Padonou, votre journal vous amène à la découverte d’un instrument pas très ordinaire au Bénin.

Intervenu au plan théâtral, dans les créations du doyen Alougbine Dyne, de Hermas Gbaguidi, de Ignace Yetchenou, du professeur Lazard Houétin, du doyen Nicolas Houénou de Dravo… le jeune clarinettiste de 22 ans a collaboré avec de grands noms du théâtre, de la musique et de la danse. Parlant de la musique, il a joué dans le dernier album très aimé de Ricos Campos, de Kinzah et sur des concerts de slam avec Sèmevo l’enfant noir, Harmony, Sergent Marcus, Amangbéyon le pouvoir du verbe… Aussi a-t-il accompagné quelques créations de danses contemporaines avec Richard Adossou et Clément Cakpo, tous deux assistants chorégraphes au Ballet national du Bénin. Sa prestation avec les « Super acrobates du Bénin » est tout aussi une expérience mémorable. « Il n’y a pas d’exploits, sans parcours », dixit Landry Padonou. Le jeune clarinettiste a participé à plusieurs festivals et son art a percé des frontières. Au plan national, sa clarinette a fait parler de lui au Fitheb, au Ficob, au plan régional au Festival migration et au plan international à la Journée théâtrale de Carthage en Tunisie et au séminaire d’échanges entre les musiciens de Porto-Novo et ceux du Lycée polyvalent Saint André de Lyon en France. Selon lui, le Bénin a besoin de surdoués en musique. Il souhaite alors que le gouvernement pense à l’instauration de centres musicaux dignes de la culture béninoise pour des créations et compositions musicales conformes à notre identité pour la relance et la valorisation de notre patrimoine à travers la musique.

« Il n’y a pas de talent valorisé sans partage »

L’artiste pourrait se vanter de n’avoir aucun collègue de sa trempe. Mais loin s’en faut ! Selon lui, il a plus de joie à donner qu’à recevoir. Et son souhait, dit-il, c’est qu’il y ait plus de clarinettistes au Bénin. C’est pourquoi il trouve beaucoup de joie à former ceux qui le désirent. « Il n’y a pas de talent valorisé sans partage d’acquis ou sans laisser de trace », soutient-il. Dans ce sens, il a formé entre autres, des éléments de la gendarmerie, des élèves de 8 à 16 ans dans le cadre du projet « Pacte » financé par l’Union européenne en partenariat avec le Cemaac. Des musiciens et personnes intéressées dans des écoles de musique et confessions religieuses ont également bénéficié de son art. C’est en toute modestie qu’il déclare que la plupart des jeunes qui pratiquent cet instrument sont ses élèves. Outre la formation, il met beaucoup plus son talent en valeur dans la création musicale et théâtrale et est membre de plusieurs orchestres et chorales.

Le clarinettiste et la clarinette

Formé au Centre d’études musicales artisanales et d’animations culturelles (Cemaac) de Porto-Novo, Landry Padonou sort au bout de 3 ans avec un Certificat d’aptitude professionnelle (Cap) en musique Option Piano et une attestation de mérite en clarinette. Pour le jeune talent Landry Padonou, c’est par un mystère et une volonté divine qu’il est devenu clarinettiste. Ses parents l’ayant inscrit au Cemaac pour l’obtention d’un Cap en musique et non en clarinette. Au début de sa formation, il dit d’ailleurs avoir touché à toutes sortes d’instruments sans objectif précis. Se liant d’amitié avec un camarade clarinettiste, il a senti sa vocation et n’y a pas résisté. Après 3 mois d’engagement et de passion ineffables, il devient le maître de son maître à penser. Mais rien n’est facile dans la vie et la clarinette ne l’est pas davantage. « Au début, j’ai rencontré de nombreuses difficultés d’assimilation et de manipulation. Mais ma passion pour cet instrument m’a donné la joie de la connaître. C’est donc à bout de joie et de persévérance que j’y suis arrivé. De sorte qu’aujourd’hui la clarinette est comme une idole et reçoit toute ma dévotion.  La clarinette est un instrument à vent possédant la plus grande tessiture permettant d’aller d’un grave mélancolique à un son aigu étincelant. Son corps en ébène, lui procure un timbre chaleureux capable d’exprimer les plus fines nuances de la musique dans les répertoires classique, contemporain, djazz et les musiques traditionnelles », explique le clarinettiste Landry Padonou. Hormis sa clarinette en Sib, il énumère une gamme bien variée de clarinettes dont les petites clarinettes en Lab, en Mib  et en Reb, la clarinette soprano en Ut, la clarinette de Basset en La, la clarinette basse en Sib, la clarinette contralto en Mib et la clarinette contrebasse en Sib.

Anselme Pascal Aguéhoundé