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palais de la républiqueIl sera face aux étudiants ce jour. L’ancien responsable d’étudiants, aujourd’hui intendant de la présidence de la République, Séraphin Agbahoungbata entend recevoir ses camarades de lutte au palais de la République. Une démarche risquée en tout cas.
Ne devient pas facilitateur dans une crise qui oppose étudiants et responsables universitaires qui veut, mais qui en a les aptitudes. François Abiola en garde encore les « stigmates ». Ce bourbier devenu annuel porte des relents de résistance qu’une simple discussion ne suffirait à résoudre. Il a fallu des mois pour que l’ancien ministre de l’Enseignement supérieur, pourtant éminent professeur, arrive à trouver l’issue avec la bénédiction de l’ancien chef de l’Etat Yayi Boni. Aujourd’hui, mieux qu’hier, la crise entre étudiants et autorités rectorales s’est accentuée. Les mots utilisés sont forts et beaucoup plus que par le passé, les positions sont tranchées. On parle cette fois-ci de paralysie totale et illimitée des universités du Bénin jusqu’à nouvel ordre, de suspension d’étudiants, d’invalidation d’une année universitaire avec des corollaires énormes. C’est dans cette atmosphère de blocage sans appel que le recteur de l’Université d’Abomey-Calavi est monté au créneau pour dire à la face du monde que même une décision de l’autorité suprême ne saurait faire rapporter sa décision. Dans la foulée, des enseignants, sous la bannière du Synares, ont exprimé leur désaccord par rapport à la démarche rectorale. L’état de grâce est terminé. Se refuser de reconnaître qu’il y a crise, c’est jouer avec les mots. Cette fois-ci, c’est différent. Quiconque osera toucher à cette patate chaude doit craindre fort pour son doigt. Il y a quelques mois, on n’en a pas connu autant et le chef de l’Etat Yayi Boni a été sollicité après plusieurs essais infructueux du professeur François Abiola. L’intendant Séraphin Agbahoungbata veut-il s’essayer  ou tente-t-il juste d’échanger avec ses jeunes frères ? S’il est à admettre qu’il veut tâter le terrain en vue d’explorer une forme de médiation, c’est heureux. Il est peut-être la première « cartouche » larguée avant que ne viennent les gros morceaux du gouvernement, sait-on jamais. Mais l’expérience a toujours montré que toutes les discussions tenues sans la présence des deux parties ont presque toujours échoué. C’est l’exemple d’un polygame en crise. La partie absente présume toujours qu’il y a complot et se campe. L’intendant veut-il faire penser ce jour qu’il aime plus les étudiants que les éminents enseignants ? Tout dépendra du discours qu’il tiendra. Ce qui ne fait pas de doute, c’est qu’il a entre les mains une « bombe » qu’il doit savoir manipuler. Un mot mal placé, une réaction imprévisible peut tôt faire d’envenimer la situation. Si le professeur d’université, François Abiola, a eu du mal à concilier les uns et les autres, la ministre de tutelle, Marie Odile Atanasso pratiquement aphone face à la crise s’est refusée d’intervenir même sur les antennes, beaucoup diront que ce n’est pas l’intendant du Palais qui pourra quelque chose. Une vue de l’esprit peut-être. Les prochains jours édifieront.
AT