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boeuf-abattus
Plusieurs ont été abattus comme ce bœuf

Le torchon brûle entre les responsables de la Direction du parc national de la Pendjari (Dpnp) et les populations riveraines de l’arrondissement de Dassari, commune de Matéri. Le quiproquo est né dès suite d’une opération d’abattage des animaux (bœufs et moutons) menée le lundi 2 juin dernier par une équipe de surveillance du parc conduite par le Directeur Mery asse Kouton.

Les bœufs et moutons tués, plus d’une centaine, appartiennent aux populations riveraines du parc et à certains nomades du pays des hommes intègres. A travers un sit-in de protestation tenu le lundi 08 juin dernier à Dassari, les populations riveraines ont exigé le dédommagement des victimes et le relèvement de leurs fonctions, des responsables du parc national de la Pendjari. Cette opération d’abattage des animaux a concerné les villages situés sur l’axe Porga-Tanguiéta dans la Commune de Matéri. Plusieurs animaux ont été froidement abattus à coup de fusils et en pleine agglomération dans l’arrondissement de Dassari, localité frontalière avec le Parc national de la Pendjari. A la grande surprise des populations riveraines, ces agents du parc national de la Pendjari ont tiré sur les troupeaux de bœufs et de moutons qui pourtant ne seraient pas dans la zone dite interdite. Au total, 136 animaux dont 116 bœufs et 20 moutons ont été abattus dans l’arrondissement de Dassari par cette équipe de surveillance de la Direction du parc national de la Pendjari. Hormis quelques bêtes blessées par balles qui ont pu s’échapper loin des bourreaux, tous les animaux tués sur place ont été emportés par ces agents du parc. Au cours de cette opération, un éleveur bouvier du nom de Amadou Soumaïla qui s’est interposé à la tuerie a reçu des balles au bras gauche avant de se faire évacuer à l’hôpital St Jean de Dieu de Tanguiéta. Les nommés Daari Serges, Sambo Kanari et Linga Moussa qui ont tenté de s’opposer à cette opération auraient été arrêtés et gardés à vue avant d’être relâchées quelques heures après. Les populations riveraines du parc surchauffées ce jour ont barricadé quelques heures la route nationale inter-Etats N°3 à hauteur de Dassari avant de se retirer suite à la médiation menée par une délégation de l’administration communale et les forces de l’ordre de Matéri qui d’ailleurs ont fait le constat.

 Menaces de descente dans la rue

 Le Président de l’association de la communauté des peuls de la Commune de Matéri rencontré à Dassari n’a pas caché son indignation. Selon Béhidi Ousmane, cette opération est un abus d’autorité du parc et les commanditaires doivent non seulement dédommager les victimes mais aussi être punis selon les textes en vigueur. Pour Noanti Amidou, l’une des victimes de l’abattage des animaux à Dassari, la justice est saisie. Mais en attendant, les populations riveraines du parc national de la Pendjari ont tenu à manifester leur mécontentement ce lundi 8 juin 2015 à la place publique de Dassari. Elles avaient sollicité sans avoir gain de cause, l’autorisation de l’administration communale de Tanguiéta pour organiser une marche de protestation pacifique dans la ville. Mais l’autorité communale, compte tenu de la période sensible des élections, a rejeté la demande de ces populations. En lieu et place de la marche, elles ont observé un sit-in à la place publique de Dassari. Dans leur motion de protestation, les populations riveraines du parc situées sur l’axe Tanguiéta-Porga considèrent que cette opération d’abattage des animaux par la Direction du parc national de la Pendjari est contraire et réalisée au mépris des textes qui régissent la gestion concertée et participative du parc. Selon ces manifestants, cet acte des autorités du parc de la Pendjari est non seulement ignoble et barbare mais également plonge davantage les populations riveraines dans la pauvreté. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’elles exigent le dédommagement des victimes de cette opération. Tout en sollicitant l’appui du Chef de l’Etat pour que leurs revendications soient prises en compte et que justice soit faite, ces populations ont exigé le relèvement pur et simple de leurs fonctions, du Directeur Mery asse Kouton et du chef service surveillant du Parc national de la Pendjari, Abdoul-Aziz Soumanou. Toutes démarches pour rencontrer le Directeur du parc national de la Pendjari afin d’avoir sa part de vérité, sont restés vaines.

 Hervé M. Yotto (Br Atacora-Donga)