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abatoirConnu pour son aspect peu vivifiant et répugnant faute d’entretien des enclos de bœufs installés sur son site, l’abattoir de Cotonou accueille en surplus, des vendeuses de nourritures. Odeurs nauséabondes, flaques d’eau, déchets et corollaires, discutent  la place avec les vendeurs et vendeuses qui s’y installent. C’est du moins, le constat fait sur les lieux ce mercredi 06 septembre 2017, où l’affluence n’est pas des moindres.

C’est toute une masse de déchets qui rendent cet environnement insalubre et n´empêchent guère ces vendeuses de nourritures de servir leurs clients. Dame Lawson Manvi est vendeuse d’igname frite à l’Abattoir. Malgré les mauvaises odeurs, elle vend sur le site : « je vends ici parce que je n’ai pas le choix et malgré l’odeur, je m’y adapte.  Il me suffit de prendre soin de mon  emplacement et avec un peu plus d’hygiène, mes clients ne se plaignent  plus » a –t- elle témoigné. Elle a été soutenue par Jesugnon, client et habitué des lieux : « je viens manger ici parce qu’elles prennent soin des mets. Ce sont nos mamans et elles ont besoin de vendre pour se nourrir » a-t-il déclaré. Si certaines vendeuses comme dame Lawson Manvi arrive à prendre certaines précautions pour satisfaire sa clientèle, d’autres, par contre, n’arrivent pas à le faire. Conséquences, c’est difficile pour elles d’écouler leurs nourritures. C’est le cas de Ayaba, vendeuse de riz : « moi, je ne suis pas sûr de vendre le peu de riz que j’ai amené ; je risque de rentrer à la maison avec ;  c’est une perte pour moi, puisque je ne pourrai plus ramener ça le lendemain », a-t-elle laissé entendre.

Pour Boris Gogan, médecin au Centre hospitalier départemental de l’Ouémé, vendre dans un endroit insalubre comme celui de l’Abattoir est source de plusieurs maladies comme la  diarrhée, la fièvre typhoïde, les troubles digestifs etc. Cela est dû à l’exposition des aliments à  la  poussière au bord des voies et aux mouches. Des cas de décès d’enfants ont été déjà enregistrés par l’hôpital dans lequel travaille Boris Gogan. « Nous avons déjà enregistré de ces cas ici à l’hôpital. Des enfants décédés des suites de diarrhée accompagnée  de vomissement » a-t-il confirmé. Au delà de l’environnement dans lequel les mets sont vendus, et des maladies qu’ils causent sur la santé, ces dames sont parfois menacées par la pluie. « On nous a interdit de construire des paillotes et quand il pleut, on se contente des parasols.», se désole maman Caca, vendeuse de bouillie. S’il est vrai qu’il faut manger pour vivre, il est mieux de prendre son repas dans un milieu sain car notre bien être dépend aussi et surtout de notre environnement.

Dorcas Gagbegnon ( Stag)