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ABDOULAYE BIO
Le Président, Abdoulaye Bio Tchané

A la suite de l’audience avec le président Adrien Houngbédji, hier jeudi 23 juillet 2015, le président Abdoulaye Bio Tchané a répondu à certaines questions des journalistes accrédités au Parlement. Il s’agit notamment de l’interprétation faite du vote de ses députés quant à la loi portant ratification du projet « Fourniture d’eau dans la ville de Parakou et environs » lors de la plénière du 21 juillet, la controverse suscitée par la proclamation des résultats des Communales et Municipales par la Céna et la création d’un groupe parlementaire avec la Renaissance du Bénin. Lisez.

Le Matinal : Votre arrivée coïncide avec le tollé suscité par le vote de votre député Wallis Zoumarou par rapport à un projet de fourniture d’eau potable à Parakou voulu par le gouvernement. On estime que c’est l’alliance Abt qui veut s’opposer à l’intérêt de la cité des Koburu. Qu’en dites-vous ?

 Abdoulaye Bio Tchané: Moi, j’aime partir des faits pour faire mon analyse. Pour ce projet de ratification, les deux députés de l’alliance Abt ont voté oui. Donc, tout ce qui paraît être le buzz, n’est que du faux et j’espère que tous ceux qui ont communiqué sur cette ligne vont se corriger et, de la même manière, faire une bonne publicité pour dire que l’Alliance Abt veut de l’eau potable à Parakou. Ça, c’est pour les faits. Maintenant, le député n’est pas là seulement pour voter et ratifier. Il fait le constat selon lequel, malgré les votes du passé, il y a quand même des problèmes. La ratification, c’est la ratification d’un prêt. Vous savez très bien ce qui s’est passé avec les 40 milliards pour faire des forages ici et là que les Pays-Bas nous ont donnés. Et vous savez ce qu’il en est. Nous attendons tous le rapport d’audit qui va nous éclairer sur la réalité. Est-ce que c’est vraiment trois milliards ou si c’est bien plus que ça ? Parce que les trois milliards ne sont pas querellés aujourd’hui mais, la question qui nous est posée est : « Est-ce que c’est au-delà de ça ? Est-ce que les malversations portent sur plus de 3 milliards, puisque l’ensemble du projet fait 40 milliards ? Quand on n’a pas pu gérer des dons, permettez que les gens s’interrogent sur ce qui va advenir de prêts que vous et moi allons rembourser, que les populations de Parakou vont rembourser et, peut-être, ne pas avoir l’eau potable ». Voilà la question que l’honorable député a posée. Je pense que sa position est légitime.

 Vous le soutenez donc?

 Oui, je le soutiens. Mais, revenons à ce sujet principal qui est très important parce que quand vous interrogez les Béninois sur le point principal de leurs besoins, la première chose qu’ils vont vous citer, c’est l’accès à l’eau potable. Et, ici même à Porto-Novo, je suis allé à l’école depuis le primaire jusqu’au secondaire. Aujourd’hui, il y a encore des quartiers au centre de Porto-Novo où il n’y a pas d’eau potable. Je sais que l’accès à l’eau potable est un problème crucial à Parakou, Djougou et Cotonou. Dans la Commune de Calavi qui donne de l’eau potable à Cotonou, il n’y a pas de l’eau potable. Il y a plus de la moitié de nos compatriotes qui n’ont pas accès à l’eau potable. Alors, il ne faut pas s’amuser avec un tel sujet. C’est pour ça que, nous, en tant que politique et leader politique, nous avons lancé un programme de construction de forages dans le département des Collines pour vous montrer combien c’est important. A Bantè, à Savalou, à Glazoué, à Dassa, à Pira, nous avons construit des forages. Et je suis en train de lancer incessamment un projet de construction de 100 forages au Bénin avec certains de mes amis. Et sur les 100, il y en aura 20 dans le département du Borgou. Nous avons des actions spécifiques sur ce sujet. Beaucoup de gens qui parlent d’eau potable à Parakou n’ont que les mots pour en parler. Moi, j’ai des actions.

 La dernière fois, on vous a vu à la télé très fâché contre la proclamation des résultats des élections Communales et Municipales. Est-ce que vous êtes toujours fâché ?

 Oui ! Je suis plus que fâché. J’étais en colère. C’est vrai que ça ne m’arrive pas souvent parce que j’ai appris d’un de mes parents, assez tôt, que ce n’était pas de mes intérêts de me fâcher. C’est un conseil que je vous donne aussi. Mais là, c’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Personne n’aime l’injustice et je voyais manifestement que nous étions victimes d’une injustice inacceptable. C’est ce que j’ai voulu exprimer ce jour-là. Nous voulons tous des élections transparentes, libres, et nous souhaitons que ça soit le cas lors des élections locales et communales. Et là, nous voyions manifestement que nous avions gagné et difficilement gagné. On voulait nous voler ces suffrages. Je ne peux pas l’accepter. C’était donc ce qui m’avait exceptionnellement amené à me fâcher. Mais, j’espère que la justice prévaudra, puisqu’on a déjà déposé nos recours et nous attendons que la Cour suprême dise le droit. Je l’ai dit l’autre jour, dans ces élections communales, le Code électoral a été si bien écrit par le législateur qu’il y a toujours un gagnant, et dans la même Commune, c’est ce qui s’est traduit. Pour qu’il y ait partage équitable de sièges dans une Commune où il y a 4 sièges, il faut rigoureusement que les deux partis aient le même nombre de voix. Ce n’était pas le cas et, donc, nous attendons que la Cour suprême décide de ce qui nous revient. D’ailleurs, je note que les documents de la Céna et qui, pour moi, font foi, donnent à l’alliance Abt les 3 sièges de Manigri contre 1 siège pour Fcbe. Je veux m’en tenir à cela pour l’instant.

 Désormais, les députés de votre Alliance ont créé un groupe parlementaire avec la Renaissance du Bénin. Pourquoi cette option ?

 Tout à fait, nous avons un groupe parlementaire. Les motifs, c’est que vous allez le voir dans quelques semaines. Nous sommes en train de discuter avec nos amis de la Rb sur ce que nous pouvons faire ensemble. Dans l’immédiat, nous allons avoir un groupe parlementaire ensemble. Ce qui traduit ma volonté forte d’avoir ici une consolidation de ce qui se fait dans le domaine politique : union nationale, unité nationale. L’intérêt des Béninois, c’est de savoir si cette alliance peut aller au-delà du cercle strictement politique. L’intérêt des Béninois, c’est qu’on leur donne de l’eau potable, qu’on leur donne à manger, qu’on leur donne des centres de santé. Et nous allons le faire à travers la construction d’ensembles politiques plus grands, plus solides.

Propos recueillis par « Le Matinal »