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Adrien
Houngbédji laisse les Béninois sur leur soif

Pour une fois Me Adrien Houngbédji a perdu la verve et la sérénité qui donnent  une haute portée à ses interventions.  Défendant  sur les plateaux de l’Ortb, jeudi 28 janvier 2016,  le soutien qu’apporte son parti au candidat de la mouvance à l’élection présidentielle, le président du Prd a livré une prestation somme toute modeste, sans éclats.
Voir Adrien Houngbédji en direct sur les plateaux de la Télévision nationale est un événement ! Il est donc loin le temps, où les hommes politiques de l’opposition considérés pestiférés et infréquentables, n’avaient pas droit au service public. Il faut donc se ranger. Désormais, le Prd et la mouvance filant le parfait amour, le patron du parti Arc-en-ciel goutte aux « délices » exclusivement  réservés  aux Fcbe. Les voies de la politique sont insondables et mystérieuses. A part ce fait, l’entretien n’a rien révélé et n’apporte pas un fait politique nouveau. Adrien Houngbédji a juste revendiqué sa victoire de 2011, jetant ainsi une pierre dans le jardin de Yayi Boni. Le règne de ce dernier a été caractérisé « d’accident de l’histoire ».  Peut-être que le camp présidentiel réagira, et apportera, comme à l’accoutumée,  démenti et dénégations dans les heures à venir.Pour le reste, le président du Prd, resté droit dans ses bottes,  a légitimé ce que le président Soglo a ironiquement appelé « forfait ». Dans cet entretien « sur mesure », peu enquiquiné par des journalistes conformistes, pas habitués aux plateaux télé, Adrien Houngbédji, a facilement livré ses « vérités ». Rien n’a été dit des coulisses des négociations menées avec le Premier ministre-candidat  pour lui accorder ce soutien. Rien n’a, non plus, été dit des frictions créées au sein du Prd. On retiendra, tout au plus,  des arguments du chef du parti, que « le Prd ne veut plus faire l’opposition ; les Fcbe restent la  force politique majoritaire ; l’opposition qui l’a porté au perchoir n’est plus ensemble ». Ce sont, entre autres,  raisons avancées pour justifier le choix fait de supporter la candidature de Lionel Zinsou. Pour lui, « Yayi Boni est partant », et le nouveau président sera différent. Cela suffit. On pourra dès lors, sans gêne aucune,  fait remarquer au président du Prd, qu’il ne fait aucun cas  du « désastreux » bilan des années Yayi. Il est, en effet, difficile de comprendre qu’un politicien de son envergure, puisse jeter aussi facilement en  pâture son peuple, confiant ses destinées  au candidat du régime sortant. Il est tout aussi  difficile,  après l’avoir écouté,  de trouver une raison convaincante au soutien apporté à Lionel Zinsou. Pour Adrien Houngbédji ni Sébastien Ajavon, ni Patrice Talon ne sont assez représentatifs pour diriger le pays. Il a oublié,  cependant, que chacun de ces candidats a en vain cherché à construire une alliance au tour de son parti, le Prd. De la même manière que cela été fait pour le porter au perchoir de la 7ème législature. Ce qui est rassurant, c’est qu’il  ne s’est pas laissé aller aux fracassantes déclarations entendues dans le rang de la mouvance depuis quelques jours. Selon lui, ce sont les urnes qui décideront de qui est à même de diriger le pays. C’est une avancée. Car, depuis plusieurs jours, on vante un « K.o » et une victoire au premier tour. Les jeux ne sont donc pas encore faits.

Wilfrid Noubadan