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Le Pdt Yayi Boni

A la sortie de l’audience que lui a accordée le président de la République, Yayi Boni, l’ambassadeur du Bénin près les Etats-Unis, Omar Arouna, accompagné du ministre en charge de l’Energie, Barthélémy Kassa, ont fait des révélations. Le ministre Kassa en l’occurrence, a étalé le pot aux roses et tenté de rendre responsables les cadres qui ont conseillé Yayi Boni à se projeter dans le scandaleux dossier de Maria-Gléta.

Yayi Boni cherche des boucs émissaires à qui imputer la responsabilité du scandale de Maria-Gléta. La formule est très vite trouvée pour se déculpabiliser. Pour ce faire, il a convoqué l’ambassadeur du Bénin près les Etats-Unis, Omar Arouna, à Cotonou. Ce dernier a atterri avec un technicien du domaine des nouvelles formes d’énergie. A leur sortie d’audience, le ministre en charge de l’Energie, Barthélémy Kassa, a démontré dans un premier temps, comment la construction de la centrale électrique de Maria-Gléta est un projet mort-né. En conséquence, l’investissement effectué dans cette construction à grand renfort de publicité, est une grosse perte pour l’Etat. Les ordonnateurs des finances publiques étant les membres du gouvernement et non des conseillers du président de la République, la faute incombe totalement aux membres du gouvernement et à leur chef, qui n’ont pas pris les dispositions nécessaires pour protéger l’épargne du contribuable béninois. C’est une forfaiture qui augmente la liste des crimes économiques et étale aux grands jours tout ce qui a été gardé en secret. Pour la personne du chef de l’Etat, ce désaveu voile un parjure. Car, même en prenant fait et cause pour les propos du ministre Barthélémy Kassa, selon lesquels, la responsabilité de ce scandale est imputable aux cadres qui ont conseillé Yayi Boni, à l’effet d’accéder à ce projet irréalisable à la veille de la présidentielle de 2011, il est à se poser une question fondamentale. N’est-il pas recommandé pour un projet inédit d’une telle envergure, de mettre en doute cartésien les conseils et de faire appel à une contre-expertise ? Pour défaut de cette démarche, Yayi Boni et son gouvernement sont entièrement responsables du gâchis né de la construction de Maria-Gléta.

 Un deuxième objectif

 Au-delà de l’apparence, cette nouvelle entreprise du chef de l’Etat sur le chantier de Maria-Gléta cache des choses qui ne sauraient passées inaperçues. Yayi Boni, président de la République, multiplie les activités avant la campagne électorale. Il veut montrer au peuple qu’il travaille. Qu’il s’occupe bien de la question de l’énergie électrique. Il bénéficiera, de ce fait de la couverture médiatique conséquente en qualité de président de la République. Par ce fait, il violera allégrement les dispositions du Code électorale et même la Cour constitutionnelle, en sa qualité de juge du contentieux électoral pour les législatives ne pourra pas lui faire des remontrances. L’ambassadeur l’a signifié, si le problème de Maria-Gléta n’est pas résolu, il ne retourne pas à son poste à New-York. C’est dire que pendant tout le séjour de l’ambassadeur et de son hôte, Yayi Boni sera fréquemment médiatisé sur les antennes de la chaîne de télévision nationale. De quoi occuper en abondance les espaces et ne laisser qu’une portion incongrue aux forces politiques de l’opposition. Mais, si le cœur, lui en dit, qu’il fasse tout de son pouvoir. La fin du haricot est pour très bientôt.

 Jean-Claude Kouagou