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FREEDY-HOUNGBEDJI
Freddy Houngbédji révoqué de ses fonctions

 Enorme surprise à la Commission électorale nationale autonome ! Le Coordonnateur du budget, Freddy Houngbédji a été destitué en fin de matinée, ce mardi 18 août 2015, par ses pairs au cours d’un vote de défiance. Il est reproché à l’avocat, une gestion solitaire de ses attributions. « Ce n’est qu’une allégation », a-t-il répliqué.    

01 an 27 jours ! C’est, en tout, le temps qu’a passé Freddy Houngbédji au poste de Coordonnateur du budget de la Commission électorale nationale autonome (Cena). Elu le 23 juillet 2014, par ses pairs, il a été destitué le mardi 18 août 2015. Cette destitution a été décidée en plénière à la suite d’un vote de défiance à main levée. La majorité des cinq membres composant l’Institution lui a retiré sa confiance. Cette majorité qui s’est constituée est composée des deux représentants proches du pouvoir à savoir le président de la Céna, Emmanuel Tiando, le professeur Moïse Bossou, et la représentante des magistrats qui est la vice-présidente de l’Institution, Géneviève Boco Nadjo. Malgré le vote contraire qu’ont émis Freddy Houngbédji et son compère Basile Fassinou de l’opposition, les initiateurs de la destitution ont eu gain de cause. Ceux-ci accusent Freddy Houngbédji de gestion solitaire et non transparente. Ceci, tout en relevant des péchés dans son mode de fonctionnement. Le président de la Céna, Emmanuel Tiando, est allé plus loin en évoquant des exemples de prises de décisions du Coordonnateur du budget qui ne cadrent ni avec le règlement intérieur de la Céna ni avec les dispositions du code électoral. (Lire l’interview de Emmanuel Tiando ci-contre). Le mis en cause ne se reconnait pas à travers ce qui lui est reproché et met quiconque au défi d’apporter les preuves des accusations. « C’est une simple allégation », a protesté l’avocat qui se dit serein. Tout en reconnaissant qu’il a été destitué, Freddy Houngbédji se réserve le droit de réagir et laisse croire qu’il ne restera pas les bras croisés face à cette patate chaude. (Lire sa réaction ci-contre).

Pourquoi une énorme surprise ?

 Fils de Me Adrien Houngbédji, président de l’Assemblée nationale, Freddy est   Avocat de formation inscrit au Barreau du Bénin. Il est, entre autres, détenteur du Diplôme d’études supérieures spécialisées (Dess) de Juriste d’Affaires et du Diplôme de Juriste conseil d’entreprise (Djce). Avec cette carte de visite qui ne court pas la rue, on a du mal à croire en ses détracteurs. On se demande si c’est après plus d’un an et au lendemain des élections législatives et communales qu’on découvre des problèmes dans sa gestion. S’il y avait un manque de transparence dans le fonctionnement du Coordonnateur du budget, pourquoi c’est seulement aujourd’hui qu’on le révèle. En voulant jouer aux sauveurs des meubles, ceux qui soutiennent la politique de destitution ne doivent pas être couverts d’éloges. Il y a lieu de les accuser de passivité. Car, ils ne sont jamais montés au créneau pour dénoncer les agissements du Coordonnateur du budget. Si par souci de laisser les élections se dérouler dans un climat de sérénité comme s’est défendu le président de la Céna, c’est une mauvaise stratégie et une grave erreur. Il n’y avait pas eu des signes avant-coureurs. Dans un tel contexte, on ne peut se résigner à conclure que c’est la gestion de Freddy Houngbédji qui a été la raison de sa destitution.

Fidèle Nanga        

 Un deuxième cas dans la vie de la Céna

 Ce n’est pas la première fois qu’un membre du bureau de la Céna a été destitué. Ce scénario est déjà arrivé en 2007 avec la destitution du président de l’Institution Soulé Agbétou. Il avait été remplacé à l’issue d’un vote en plénière par Eugène Capo-Chichi. Les dispositions du règlement intérieur de la Céna ont prévu un tel cas de figure. Celui qui a été élu par ses pairs pour assumer des charges au sein du bureau de l’Institution peut être déchu si la majorité de ceux qui lui font confiance en décident. Il est vrai que, chaque mandature de la Céna écrit son propre règlement intérieur, mais il y a cette constance qui est toujours restée dans le dispositif. Et puis, se voir retirer les attributions au sein du bureau ne signifie pas le relèvement de ses fonctions de membre de l’Institution. Beaucoup ont confondu la destitution du Coordonnateur du budget aux dispositions de l’article 22 du code électoral. Lesquelles évoquent les conditions dans lesquelles les membres de la Céna peuvent être relevés de leurs fonctions. Article 22 : « En cas de faute grave commise, les membres de la Commission électorale nationale autonome (Céna) peuvent être relevés de leur fonction par décret pris en conseil des ministres, sur proposition de l’Assemblée nationale suite à une enquête parlementaire. Il est aussitôt pourvu à leur remplacement selon la procédure prévue à l’article 19 ci-dessus ».

F. N.    

 Fassinou, successeur de Houngbédji

 Le malheur de l’Avocat pourrait faire le bonheur du médecin. S’il faut envisager un successeur à Freddy Houngbédji, il n’y a qu’une seule personne qui remplit les conditions au regard du Code électoral. Il s’agit du docteur Basile Fassinou, membre de l’opposition au même titre que son compère déchu qui l’a pourtant soutenu. Conformément à l’article 26 du Code électoral, le bureau de la Céna doit être composé d’un membre de la majorité, d’un membre de la minorité et du magistrat. Après la destitution de Freddy Houngbédji, la place accordée au représentant de la majorité est vacante. Etant donné qu’ils sont deux de ce bord au sein du bureau, logiquement, c’est le deuxième membre qui sera porté au poste de Coordonnateur du budget au nom de l’équilibre et du respect de la loi. Cela devrait intervenir dans les tout prochains jours à travers un vote. En clair, il n’y a pas de mystère autour du successeur de Freddy Houngbédji. Son nom est bel et bien Basile Fassinou, actuellement chargé des relations avec les médias.

F. N.