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justice2(1)Elles se succèdent mais ne se ressemblent, les affaires de viol au Tribunal de première instance de Cotonou. Celle d’hier jeudi 16 mai 2019 est une autre histoire aux contours bien différents. L’accusé s’en est tiré avec 36 mois de réclusion.

Viol ou parties de plaisirs ? Le Tribunal a finalement fondé sa conviction. L’accusé, un jeune-homme de 23 ans retourne en prison pour y séjourner pendant quelques mois encore. De quoi retourne le dossier ?  Les faits remontent à décembre 2016. La victime, une fille âgée de 14 ans environ, travaille dans le mini restaurant de sa tante. Non loin de là se trouvait le garage où travaillaient l’accusé et ses amis apprentis. Lorsqu’ils ont faim, ils commandent la nourriture à la jeune fille qui se charge de la leur apporter. C’est dans ces allers-retours que les relations se sont nouées entre l’accusé elle. Celui-ci n’a pas hésité à lui déclarer sa flamme. L’intéressée s’y est opposée dans un premier temps, mais a fini par accepter. Entre la victime et l’accusé a démarré une relation qui n’a pas tardé à conduire au lit. Le week-end qui a suivi déjà la rencontre a scellé le début des plaisirs entre les deux. 8 mois de relations clandestines au cours de laquelle ils se sont offerts des instants d’ébats réguliers. La victime se souvient de 6 seulement. A chaque fois que le jeune-homme émet le vœu d’exprimer sa virilité, la victime ne se faisait pas prier. Le complot sera finalement découvert un soir. Alors que sa tante lui a remis de l’argent pour qu’elle aille se procurer de médicaments pour sa tante, celle-ci s’est rendue chez l’autre. La partie, visiblement, a trop duré, car elle ne s’est amenée qu’après 23 heures. La tante, assez remonté, s’est mise à la gronder. Cette nuit-même, la victime a fugué et a rejoint son ‘’homme’’ qui l’a visiblement expédiée. Sa tante s’est mise à sa recherche toute la nuit, mais n’a pas pu la retrouver. Elle sera retrouvée le lendemain nuit au cœur du marché Dantokpa.

 Rappel des faits

 A la barre, la victime a rappelé avec précision les faits. Elle a reconnu que l’accusé lui a effectivement fait des avances et qu’ils ont eu plusieurs rapports sexuels. Etaient-ils protégés ? A cette question du juge, l’accusé a déclaré : « Je ne sais pas de quoi vous parlez ». L’accusé lui donnait-il de l’argent ? « Non. Il m’a donné une fois 500 Fcfa », a-t-elle confessé. Au cours de sa déposition, l’accusé a déclaré qu’il aime la victime et était prêt à en faire son épouse. Il a confié que sa tante ne l’a pas compris et que c’est justement ce qui a conduit à son incarcération. L’accusé n’éprouve aucun remord, car il ne s‘agit nullement, selon lui, d’un acte grave qui a pu causer un quelconque tort à la victime. Il pense que les relations sexuelles ne sont que la concrétisation d’un amour qu’il ressent pour la victime qui, selon lui, ne s’en est pas privée. Au cours de ses réquisitions, le Ministère public représenté par Antoine Abévi, a énuméré les articles 189 et 345 du code de l’enfant qui punissent les cas de viol sur mineur âgé de plus de 13 ans.  Il a demandé à la Cour de condamner l’accusé à la peine de 10 ans de réclusion. L’avocat de la défense, Gracia Adjagba Amoussou, a plaidé la non-constitution de l’infraction au regard de l’inexistence de preuve sur l’âge de la victime (son âge de naissance aurait perdu). Il a plaidé l’acquittement de l’accusé au bénéfice du doute. La partie civile représentée par Rockas Amoussouvi s’y est opposée en affirmant que le consentement est inopérant en matière de viol lorsque la victime est mineure. Il a demandé à la Cour de condamner l’accusé à verser 1 million à la victime en guise de dommages et intérêts. Au terme des débats, le Tribunal a condamné Marius Michael Gangbo à 36 mois de réclusion. Il a fixé les intérêts civils à 100.000 Fcfa. En détention depuis le 23 décembre 2016, l’accusé comptera encore quelques mois.

 HA