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Adolphe Houssou dans l’attente

06 avril 2016 – 06 avril 2017, cela fait un an ce jour que le gouvernement du Nouveau départ a pris les rênes du Bénin. Pour le secrétaire général du syndicat du personnel administratif assimilé et technique du ministère de la santé et coordonnateur de l’intersyndicale des ressources humaines en santé, Adolphe Houssou, la création des 12 directions départementales de la santé, la lutte contre les faux médicaments et la mise en place d’un comité technique chargé des réformes dans le secteur de la santé sont des réalisations salutaires à mettre à l’actif du gouvernement. Lire ci-dessous l’intégralité de son entretien accordé à votre journal.
Matinal : Adolphe Houssou ! Quel bilan faites-vous des douze premiers mois du régime Talon ?
Adolphe Houssou : D’abord, il faut reconnaître que nous avons placé trop d’espoirs en ce gouvernement et c’est pour ça que vous avez constaté qu’il y a eu un peu d’accalmie dans le secteur. D’abord, la première des choses, c’est qu’ils ont mis en place un comité technique chargé des réformes dans le secteur de la santé. Nous remercions le gouvernement pour avoir pris cette décision. Deuxième chose que nous apprécions, c’est la nomination des douze directeurs départementaux de la santé. Ça permet au secteur de fonctionner normalement. C’est une réalisation courageuse. Autre chose que nous apprécions aussi est la lutte contre les faux médicaments. C’est une très bonne chose.
En termes d’acquis, qu’est-ce que l’intersyndicale que vous coordonnez a eu au cours de ces douze premiers mois ?
Nous n’avons rien eu de la part du gouvernement.

Et vous trouvez que ces douze premiers mois ont été satisfaisants ?
Avant l’arrivée de ce gouvernement, nous étions en grève. A sa prise de pouvoir, le régime actuel nous a appelés. Un comité a été mis en place et a travaillé pendant 21 jours et n’a jamais déposé son rapport jusqu’à aujourd’hui. Tout le personnel du secteur de la santé est démotivé.
C’est dû à quoi ?
C’est dû à la démotivation. Le salaire de l’agent permanent de l’Etat aujourd’hui, ne vaut plus rien. Mais nous n’allons pas dire déception et nous mettre à le critiquer, car ils viennent de faire un an. Nous avons encore espoir qu’ils fassent quelque chose. C’est à cause de cette espérance que nous leur proposons de revenir sur le côté social. Ils sont en train de parler de construction d’hôpitaux etc… mais il y a beaucoup d’hôpitaux qui sont construits, mais sont vétustes. Ça ne va pas. Il ne sert à rien de construire. Les projets sont là. Les éléphants blancs sont là. Les autres en ont construits avant de partir. Il faudrait réveiller ces hôpitaux au lieu d’en penser à d’autres. Donc, pour le moment, il y a plus de déception que de satisfaction en un an.
Quelles sont donc vos attentes pour les années à venir ?
Mes attentes, d’abord, c’est que ce gouvernement  se comporte comme un gouvernement ouvert au dialogue. Les membres du gouvernement ne veulent même pas collaborer avec les syndicats. Nous n’avons pas eu de satisfaction à nos revendications jusqu’à aujourd’hui. Nous allons leur dire d’être beaucoup plus ouverts par rapport au syndicat et travailler avec nous. Nous voulons qu’il y ait des recrutements dans le secteur de la santé, des cadres qualifiés pour réveiller le secteur. Il ne sert à rien de construire des hôpitaux pour dire que nous sommes en train de faire l’extension du secteur. Non, ce n’est pas ça. Si le comité dépose son rapport, les partenaires sociaux doivent être associés lors de l’application de tout ce qui est écrit dans le rapport. Nous attendons beaucoup de ce gouvernement.

Propos recueillis par :  Spéro Ahoussinou
Transcription :  Léonce Adjévi