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ajavon2L’homme d’affaires Sébastien Ajavon ne sera pas à la Cour de répressiondes infractions économiques et du terrorisme(Criet) jeudi 4 octobre. C’est du moins l’essentiel qu’on peut tirer du communiqué de presse signé de l’avocat principal de l’homme d’affaires, Dupont-Moretti. Sébastien Ajavon a trouvé la manière ô combien maquillée pour fuir la justice. Il n’est pas courageux.

Décidément, les acteurs politiques ont la phobie de la justice. On sait que le sport favoris de la plupart de ces acteurs de l’opposition empêtré dans des dossiers, c’est prendre nuitamment le large pour ne pas répondre à une interpellation ou une convocation de la Justice. Mais la pratique a cette fois-ci changé. Il est vrai qu’il serait assez humiliant de dire qu’un homme d’affaires de la trempe de Sébastien Ajavon a débiné la justice par le paquebot ou la pirogue comme certains le font. Le chef de la volaille a préféré esquivé la convocation de ce jour de la manière la moins élégante. Il a payé sa fuite en sollicitant le concours d’avocats étrangers pour justifier l’injustifiable. On comprend qu’en réalité l’homme apeur et que sa peur s’explique simplement par le fait qu’il a des choses à se reprocher dans ce fumeux dossier et qu’il craint d’être froidement empêtré dans une procédure de laquelle il sortira difficilement. Du coup, il a préféré prendre chichement le large. On comprend la peur de l’homme, mais au fond Ajavon Sébastien ne devrait pas s’inquiéter puisqu’il a quand même été relaxé au bénéfice du doute par la même justice qu’il évite aujourd’hui. Ajavon Sébastien devrait affirmer sa personnalité en répondant à l’appel de la Criet. Sur ce coup, il a sérieusement manqué de courage. Il s’agit d’une fuite en-avant qu’il a orchestrée en intelligence avec ses conseils français. Sa peur peut quelque peu se comprendre mais les arguments avancés par ses avocats parachutés de la France sont dénués de tout fondement.

 Où sont les faits?

 Le communiqué de presse rendu public témoigne d’une méconnaissance aigue des éléments du dossier en question. Nulle part dans le texte pondu par ces derniers, on ne note ne serait-ce qu’un petit exposé de l’affaire en cause. La seule question qu’on peut se poser dans tout le réquisitoire de ces soi-disants excellents hommesde droit est celle-ci : Quels sont les faits ? Pourtant il est d’usage de reconnaître qu’en droit les faits restent le fondement de toute action en justice. On ne saurait rappeler ce ba-ba à ces illustres juristes. Qu’un collège d’éminents avocats n’arrive pas dans un communiqué aussi important à exposer les faits reprochés à l’homme ainsi que la procédure suivie jusqu’à son audition à la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet), relève d’une orientation grotesque du dossier. Dans tout le communiqué, les avocats n’ont fait que présenter l’homme comme victime d’acharnements politiques couvant royalement l’infraction à lui reprochée ainsi que les réels contours juridiques de l’affaire.

 Devoir de mémoire

 Il semble que les avocats nationaux de l’homme d’affaires n’ont pas réussi à informer convenablement les conseils français. Face à cette défaillance qui résulte d’une mauvaise entente entre confrères, on se fera le devoir de rafraîchir leur mémoire sur ce dossier. En effet, Sébastien Ajavon a été interpellé en octobre 2016 dans une affaire de drogue découverte dans l’un de ses conteneurs de volailles au Port autonome de Cotonou. Il a été conduit à la Gendarmerie où il a été gardé à vue pendant huit jours. A l’issue de cette procédure, il a été présenté au Procureur de la République qui a ordonné sa comparution immédiate devant le Juge correctionnel. Il a été par la suite acquitté au bénéfice du doute. Le dossier étant en seconde juridiction (puisque le Ministère public a interjeté appel), la Criet est créée quelques années après avec pour attributions majeures le jugement des personnes impliquées dans des procédures liées au trafic de drogue et aux infractions économiques. Depuis sa création, cette Cour reçoit plusieurstrafiquants de drogue puisque les juridictions de droit commun ont transféré comme le stipulent les textes, ces différents dossiers à cette nouvelle juridiction. Il était donc normal que le dossier de l’homme d’affaires soit transféré à cette Cour. Il ne s’agit nullement de persécution politiquecomme l’ont affirmé sans précaution ces éminents avocats. On se désole tout de même que ce soient des avocats de cette trempe qui se prêtent à ce jeu politique qui exclut dans le fond tout réalisme juridique.

 AT