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Le ministre Simplice Dossou doit répondre de ses actes

Depuis quelques semaines, les médias reviennent, avec insistance, sur une affaire d’achat frauduleux d’un véhicule au profit de la Mairie de Dangbo. La justice est saisie du dossier en 2011 et, parmi les accusés, figure, Simplice Dossou Codjo, conseiller communal au moment des faits et actuel ministre de l’Intérieur, de la sécurité publique et des cultes. Les regards sont tournés vers le tribunal pour tirer au clair cette affaire qui écorne l’image du Gouvernement béninois.

Le ministre Simplice Dossou Codjo est-il vraiment impliqué dans un dossier d’acquisition frauduleuse d’un véhicule au profit de la Mairie de Dangbo ? Cette question attend sa réponse au tribunal de Porto-Novo depuis le 16 juin 2011. Voyant ce dossier trainé dans les mains de la justice béninoise, le 16 février 2015, Clément Gnonlonfoun, maire de la Commune de Dangbo, a dû saisir l’Autorité nationale de lutte contre la corruption ( Anlc) pour savoir la conduite à tenir. Dans sa lettre, le Maire a dit avoir découvert un dossier de «malversation foncière et financière dans la gestion de la première mandature du conseil communal sous la houlette de Simplice Dossou Codjo et Polycarpe Makambio ». L’autorité communale a évoqué le cas de l’achat d’un véhicule Rav4 à près de dix millions de Fcfa sans appel d’offres et formalités régulières. Il a saisi la justice pour connaître du dossier mais, dit-il, depuis 2011, l’affaire n’a jamais été vidée. L’inquiétude du Maire est que les intéressés, surtout le ministre de l’Intérieur, sont à pied d’œuvre pour aller se refugier à l’Assemblée nationale. En fin de semaine dernière, des sources ont indiqué que l’Anlc a accédé à la requête du Maire de la Commune de Dangbo. Le ministre de l’Intérieur et de la sécurité publique, Simplice Codjo a été interpellé et écouté. Rien n’a filtré de ses déclarations. L’opinion publique attend la suite qui sera donnée à ce dossier pendant devant la justice et aussi à l’Anlc.

 Les faits

 Selon les faits relatés par le maire dans son courrier à l’Anlc, un appel d’offres « fictif » aurait été monté en 2006 pour lancer l’achat d’un véhicule au profit de la Mairie de Dangbo. Une livraison fictive aurait été faite, selon le Maire. Ce dernier a affirmé que son prédécesseur a décaissé la somme de plus huit millions de Fcfa au soi-disant vendeur. Clément Gnonlonfoun a dit avoir fouillé dans ce dossier, à sa prise de fonction et a découvert que la livraison du véhicule a été faite avant son achat. Également, il a su que le prix d’achat était dix fois moins cher que ce qui a été décaissé. Mieux, celui à qui les sous ont été remis n’a gagné aucun marché. La commission qui avait acheté le véhicule à l’époque a été présidée par l’actuel ministre de l’Intérieur, Simplice Codjo, alors conseiller communal. Dans le dossier, des aveux auraient été faits. On a vu le président de la République saisir l’Anlc au sujet de certains dossiers relayés par la presse. Pour exemple, il y a l’affaire Chabi Sika contre Basile Ahossi et le récent cas est celui de l’honorable Kèkè-Aholou et l’Agent judiciaire du Trésor. Si le chef de l’Etat veut se montrer déterminé à lutter contre les malversations financières, il doit inviter son actuel ministre de l’Intérieur à se mettre à la disposition de la justice.

 Félicien Fangnon