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Sébastien Ajavon, sera face au procureur ce jour

Le Président du Patronat, Sébastien Ajavon sera présenté au Procureur de la République aujourd’hui, lundi 31 octobre 2016. L’autorité judiciaire décidera, au regard des éléments dont il dispose, de la suite à donner à l’enquête.

Sébastien Ajavon sera-t-il écroué ou recouvrira-t-il sa liberté ? Les secondes,  minutes et heures de cette journée en gardent les secrets. Au-delà de l’une ou de l’autre de ces deux hypothèses qui sont envisageables, le Procureur de la République peut également décider de proroger le délai de la garde à vue du Président Ajavon. En l’espèce, la loi fondamentale en son article 18 pose les balises. « Nul ne peut être détenu pendant une durée supérieure à 48h que par la décision d’un magistrat auquel il doit être présenté. Ce délai ne peut être prolongé que dans les cas exceptionnellement prévus par la loi et ne peut excéder une période supérieure à 8 jours ». L’Article 61 du Code de procédure pénale va plus loin en fixant les critères. « Le procureur de la République peut décider de la prolongation du délai de la garde à vue dans les cas suivants : crime contre la sûreté de l’Etat, tout crime,  tout délit contre les mineurs ». Le même article reste tout aussi péremptoire comme la loi fondamentale quant  au strict respect du délai de 48 heures de la garde à vue. « Les personnes contre lesquelles, il existe des indices graves et concordants de nature à motiver leur inculpation ne peuvent être gardées à la disposition de l’officier de police judiciaire plus de quarante huit (48) heures. A l’expiration de ce délai, ces personnes sont conduites devant le procureur de la République qui décide, s’il y a lieu, de la prolongation du délai de la garde à vue qui, dans tous les cas, ne peut excéder huit (08) jours ». Mieux, il fixe en son article 58 les conditions et motifs pouvant faire décider un officier à placer en garde à vue. En la matière, il en a fixé 6. « Permettre l’exécution des investigations impliquant la présence ou la participation de la personne, garantir la présentation de la personne devant le procureur de la République aux fins de mettre ce magistrat en mesure d’apprécier la suite à donner à l’enquête, empêcher que la personne ne modifie les preuves ou indices matériels, empêcher que la personne ne fasse pression sur les témoins ou les victimes ainsi que sur leur famille, empêcher que la personne ne se concerte avec d’autres personnes susceptibles d’être ses coauteurs ou complices, garantir la mise en œuvre des mesures destinées à faire cesser l’infraction ».

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L’imprudence des syndicalistes

Les héros syndicalistes sont allés aussi vite en besogne que les faits sur l’arrestation de Sébastien Ajavon évoluaient à la vitesse de la lumière. Pascal Todjinou, Noël Chadaré, Dieudonné Lokossou, Martin Assogba se sont précipités sur un dossier purement judiciaire, compromettant leur réputation. Il s’agit d’une découverte de drogue dans un conteneur, appartenant à l’homme d’affaires Sébastien Ajavon. Or, la drogue est un produit prohibé. Le Bénin fait partie des Etats qui ne font de leurs territoires une plate-forme de drogue. L’aiguillage qui consiste à crier très tôt aux privations illégales de liberté est précoce. La matière ici, c’est la drogue. Ce n’est pas la liberté. Les syndicalistes ont été imprudents en pensant simplement qu’ils prendront la défense d’un opérateur économique, fut-il faiseur de roi en arrivant troisième lors de la dernière présidentielle. Ils devraient prendre du recul pour mieux apprécier. S’ils veulent toujours conserver leur notoriété, les syndicalistes et acteurs de la société civile gagneraient à ne plus céder à leurs émotions. Car, la saisine de drogue est assez fréquente dans le pays. Mais, c’est parce que c’est la personne de Sébastien Ajavon qui faisait partie de la coalition de la Rupture que le sujet emballe tout le monde. Mais au-delà des émotions et de la passion, la raison suggère d’apprécier la situation autrement. Qui n’a pas fait l’enquête n’a pas droit à la parole, dit-on. Avant même d’être pénalement responsable, Sébastien Ajavon, en dépit de la présomption d’innocence, est civilement responsable. Car, le conteneur lui appartient. Il revient à la justice de procéder patiemment, étape par étape aux fouilles nécessaires pour la manifestation de la vérité. Les syndicalistes et autres acteurs de la société civile peuvent se tenir tranquilles. Le président de la République, Patrice Talon, n’a rien à y voir. Son gouvernement non plus. Et ils savent d’ailleurs très bien comment la société civile a contribué à faire partir Yayi Boni en renforçant le processus démocratique béninois.

AT