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Yayi Boni adoucit ses actes en faveur de Talon

 Le Conseil des ministres, en sa séance extraordinaire le lundi 17 août 2015 (voir ci-dessous le communiqué), a examiné, entre autres dossiers, ce qu’il convient d’appeler affaire de souche et établissement de passeport à Patrice Talon. Les membres du gouvernement, convaincus de la posture d’homme d’Etat qu’enfile le magnat du coton béninois, l’homme d’affaires Patrice Talon, ont fini par lâcher du lest.

Le régime en place gère désormais les affaires brûlantes avec souplesse. Il n’est plus dans la logique de l’affrontement contre le magnat du coton béninois en qui transparaissent les caractéristiques d’un homme d’Etat. Déroutés par la montée en flèche de la cote de popularité de l’homme d’affaires Patrice Talon, le gouvernement et son chef reculent devant toutes les situations concernant Patrice Talon. Les manœuvres orchestrées par le président Yayi Boni, lui-même, à l’aéroport international de Cotonou pour rendre difficile le retour des exilés n’ont pas comblé les attentes. Ainsi, le retour au bercail d’Olivier Bocco, l’homme de main de Patrice Talon, en dehors de quelques heures chaudes passées à l’aéroport, a été une réalité. Le retour du juge Angelo Houssou qui a rendu les ordonnances de non-lieu dans les affaires de tentative d’empoisonnement et tentative de coup d’Etat a été aussi effectif, même si ses accompagnateurs ont été refoulés. Les victimes collatérales de Patrice Talon que sont Olivier Bocco et le magistrat Angelo Houssou ont plutôt effectué un retour très chaleureux, en témoignent les grandes foules qui les ont accueillis à l’aéroport, Cardinal Bernadin Gantin. Le film de ces derniers évènements fait grimper la cote de popularité de l’homme d’affaires Patrice Talon dont le retour au pays est annoncé pour bientôt. C’est donc tenant compte de cette réalité tangible que le pouvoir en place a décidé de ne plus persécuter le compatriote dont la candidature à la présidentielle de février 2016 n’est plus qu’un secret de Polichinelle, au risque d’en découdre avec les nombreux fans de Talon. Il est en conséquence logique que le gouvernement de Yayi Boni ait reculé face à un homme dont le leadership s’est davantage affirmé avec son message de paix et de justice au peuple béninois. Les membres du gouvernement dégagent leurs responsabilités de la disparition de la souche de l’acte de naissance de Patrice Talon. Ils ont mis sur pied un comité chargé d’élucider cette scabreuse affaire qui écorne l’image de l’Exécutif qui en serait le commanditaire, selon des langues légères. C’est une autre manière de reculer devant les précautions prises par Patrice Talon. Enfin, le Conseil des ministres s’est prononcé spécialement sur le problème de passeport de celui que Yayi Boni a contraint à l’exil. Dans ce cadre, le Conseil a expressément suggéré à Patrice Talon de se faire délivrer un laissez-passer pour rentrer au pays afin de renouveler son passeport biométrique. Ce qui n’a jamais été le cas par le passé. L’aura de Patrice Talon prend davantage de proportion.

Jean-Claude Kouagou

Communiqué du Conseil des ministres

Le Conseil des ministres s’est réuni le lundi 17 aout 2015 en séance extraordinaire sous la présidence du chef de l’Etat. Le Conseil s’est penché sur les dossiers relatifs aux passeports, à l’incident diplomatique, au Ppea 2, au dossier d’avancement des grades des magistrats, et au compte rendu des études relatives au bitumage d’environ 1600 km de routes du réseau routier national. En ce qui concerne les passeports, le Conseil a entendu le directeur de la Police nationale et le directeur de l’immigration. Il ressort de leur compte rendu :

1- le gouvernement encore moins son chef n’est en rien concerné par la question de la disparition de la souche de l’acte de naissance de Mr Patrice Talon des registres d’Etat civil de la Mairie d’Abomey. Cette situation résulte des contradictions au sein d’une formation politique. Cependant, afin de tirer au clair la situation, et d’informer davantage le peuple, le conseil a mis en place un comité présidé par la ministre Garde des sceaux, ainsi que le ministre de l’Intérieur, et le directeur général de la Police, le directeur de la Gendarmerie, le directeur de l’émigration et de l’immigration, le Chef d’Etat major. général.

2- Le conseil a expressément instruit le ministre de l’Intérieur de délivrer pour nos compatriotes qui en font la demande et remplissent les conditions les passeports. S’agissant du cas de Patrice Talon, étant entendu que les passeports sont biométriques, il devra se faire délivrer un laissez-passer pour se faire établir son passeport.

3- Le conseil a été informé de l’expulsion des accompagnateurs du juge Angelo Houssou. Les investigations de la police ont révélé sans ambigüité des déclarations contradictoires qui indiquent que ces accompagnateurs ne présentent aucune garantie, et tout porte à croire qu’ils représentent un danger pour la sécurité nationale. En tout état de cause, le gouvernement ne veut priver aucun de nos compatriotes de ses droits. Toutefois, le conseil rassure le peuple béninois que toutes les décisions sont prises pour que rien ni personne ne vienne perturber la paix. En ce qui concerne l’incident de Bruxelles, le ministre de l’Economie a rendu compte du comportement indélicat de l’Inspecteur des Douanes Salifou Boukary Mamoudou, qui est de nature à ternir l’image du pays. Il s’est retrouvé en transit avec un visa pas en règle, et une forte somme d’argent. Il a été refoulé. L’inspecteur s’est retrouvé à Bruxelles sans l’autorisation de son ministre de tutelle. La procédure de radiation de l’intéressé est enclenchée. Selon la loi, la radiation peut être prononcée en cas de résidence sans autorisation hors du territoire national.

4- Par rapport au Ppea 2, l’enquête se poursuit. La gendarmerie est instruite pour vérifier l’effectivité des puits qui permettent déjà de donner de l’eau courante aux populations. Les investigations ont permis d’identifier 56 puits. Une contre expertise est en cours. Cependant, il est réconfortant de savoir que ces puits existent, nonobstant que les puits sont concentrés dans l’Atacora.

 Fait à Cotonou,

le 17 août 2015

Le Secrétaire général du gouvernement

Alassani Tigri