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kassa-barthemyL’ex-ministre des mines Barthélémy Kassa aujourd’hui député à l’assemblée nationale était bien informé du détournement des fonds destinés au « Programme pluriannuel eau et assainissement » 2. C’est l’une des informations contenues dans le rapport du consortium de cabinets commis pour auditer ce dossier. Un rapport qui a constitué l’unique sujet du conseil extraordinaire des ministres tenu ce jeudi 23 juillet. Une dizaine de cadres du ministère des mines a été indexée dont le coordonnateur du projet.

 

Il y a eu détournement, c’est du moins la conclusion à laquelle est parvenue le cabinet d’audit américain Kroll. Les noms du ministre d’Etat chargé des finances Komi Koutché et celui de l’ancien ministre du développement Marcel de Souza, encore moins celui de l’ex ministre de la santé Dorothée Gazard ne sont cités dans le rapport du cabinet. Lors de l’éclatement de cette affaire de malversation les noms de plusieurs cadres et ministres avaient été cité mais après l’enquête, l’on retient que c’est seulement le ministère de l’eau et les personnes chargées du projet qui sont en cause. Que va-t-il se passer maintenant? A en croire le sécrétaire général du gouvernement Alassani Tigri, Il y aura des sanctions administratives, la radiation par exemple mais aussi des poursuites pénales contre tous ceux qui sont impliqués dans ce sulfureux dossier. Ce qui est reproché à l’ex ministre Kassa devenu député, c’est d’avoir été informé sans pouvoir agir. Cependant aucune trace d’argent n’a été remarquée sur son compte au sujet du PPEA 2. Le souhait du gouvernement est que la haute cour de justice puisse se saisir de son cas. Mais la grande question est de savoir si cette cour de Marcelline Gbèha Affouda pourra-t-elle écouter Barthélémy Kassa ?

L’ancien bras droit de Boni Yayi pourra t-il être jugé?

Avant d’en arriver à cette étape de jugement, la grosse équation à résoudre se trouve être la levée de l’immunité parlementaire de Barthélémy Kassa . Il s’agit là d’une équation à plusieurs inconnues. En effet, selon le dernier alinéa de l’article 90 de la constitution, il faut pour lever cette immunité un vote à la majorité des deux tiers des députés. Ils sont 83, ce qui fait environ 55. Les Forces cauris pour Bénin Emergent FCBE ont démontré lors de l’élection du bureau du parlement qu’elles pouvaient avoir jusqu’à 41 députés. Il reste donc 42, le compte n’y est pas. A moins d’une consigne du chef de l’Etat à sa mouvance. Jamais des députés n’ont levé l’immunité parlementaire de l’un de leurs collègues. La route vers le jugement de Barthélémy Kassa pourrait bien être parsemée d’obstacles qu’opposition et mouvance doivent surmonter. Il n’y aura cependant pas besoin d’immunité à lever pour les autres personnes épinglées dans cette affaire qui a entaché l’image du Bénin, une affaire qui vaut près de trois milliards de francs Cfa. Outre l’ex ministre Kassa, le rapport du cabinet d’audit a cité : le directeur de cabinet du ministre en charge de l’Eau, le directeur de la programmation et de la prospective du ministère, la directrice des ressources financières et du matériel et certains de ces collaborateurs, le directeur général de l’Eau, le délégué du contrôleur financier et certains de ces collaborateurs, le coordonnateur du programme PPEA 2 et son adjoint, le directeur administratif et financier du programme PPEA 2, le Chef comptable, le chef du service matériel et logistique et certains opérateurs économiques.

Rèliou A. Koubakin