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Nicéphore Soglo et Yahouédéou, ont ressuscité le dossier Ic-Services

(Quel sort pour les spoliés ?)

 Devenu, depuis quelques jours, l’un des principaux sujets de l’actualité politique nationale, le scandale Icc-Services aiguise l’appétit des populations spoliées, d’une part, et pousse le chef de l’Etat dans le viseur de ces dernières, d’autre part. On y voyait l’œuvre du député Janvier Yahouédéou mais, de plus en plus, les regards se tournent vers l’ancien président de la République, maire de Cotonou, Nicéphore Soglo.

Ces temps-ci, le sujet est débattu un peu partout et cela risque de fragiliser une fois encore le régime Yayi Boni couvert de scandales à n’en point finir. Plus que jamais au cœur de l’actualité, l’affaire Icc-Services, du nom de la plus grande société d’escroquerie qui a opéré au Bénin sous couvert d’Ong se rapproche dangereusement de la Présidence de la République. Comme le révèle le rapport du Fonds monétaire international de septembre 2010, les liens étroits entre les responsables de la société en cause et le sommet de l’Etat sentent mauvais et, il sera difficile pour l’Agent judiciaire du Trésor (Ajt), Sévérine Lawson, de déculpabiliser les personnalités impliquées. Malgré ses efforts pour tirer ces dernières d’affaire, elle se heurte au rapport d’une institution sérieuse, de renommée mondiale, qui a utilisé les termes les plus durs pour décrire le phénomène, son mode opératoire et les complicités dont il a bénéficié. Les enquêteurs du Fmi ont révélé le laisser-aller de l’Etat béninois, ses accointances avec les arnaqueurs, sans oublier la valeur de l’escroquerie estimée à environ 156 milliards de Fcfa, avec une grosse part entre les mains des responsables d’Icc-Services. En plus du rapport du Fmi, il faut rappeler le mémorandum du ministre Abraham Zinzindohoué, celui que Yayi Boni a présenté comme le seul complice des responsables d’Icc-Services avant de lui retirer ses attributions de ministre de l’Intérieur. L’ancien ministre n’a pas dédouané son chef, comme tente de le faire aujourd’hui l’Ajt. Depuis que le dossier est revenu au-devant de la scène à la faveur d’une déclaration lue le ….juin 2015 à l’Assemblée nationale par le député Janvier Yahouédéou, beaucoup estiment que Sévérine Lawson défend l’indéfendable et se contredit chaque jour. Elle avait déjà des difficultés pour démonter les accusations de Janvier Yahouédéou. Ils le seront encore plus avec les mêmes accusations provenant de l’ancien président de la République, maire de Cotonou, Nicéphore Soglo. Il a fait le même procès au régime Yayi Boni, en se basant sur le rapport que le député a évoqué. Ce rapport existe désormais. Avec de tels développements, le dossier prend plus d’ampleur qu’on ne pouvait s’imaginer. Dans les jours à venir, on ne sait pas comment le régime et son Ajt vont contre-attaquer, mais on devine déjà leur plan.

 L’appétit des spoliés aiguisé

 En attendant qu’elle apporte la preuve contraire selon laquelle le député Janvier Yahouédéou et l’ancien chef de l’Etat, maire de Cotonou, Nicéphore Soglo parlent d’un dossier qu’ils ne maîtrisent pas et qu’ils accusent le régime Yayi Boni sur la base d’un rapport qui n’a jamais existé, ou tronqué, elle doit situer les spoliés qui nourrissent l’espoir secret qu’ils percevront leurs mises. Cinq ans après l’éclatement du scandale, les derniers développements aiguisent leur appétit. Quoiqu’il servira à l’opinion publique, si l’Ajt ne met pas en place le mécanisme de remboursement tel qu’annoncé, avec l’enregistrement des spoliés, il donnera davantage du grain à moudre aux dénonciateurs et exacerbera la colère des populations. On parle dans le rapport du Fmi de 155,6 milliards de Fcfa illégalement collectés, mais le montant total des dépôts collectés dans l’illégalité pourrait être bien supérieur. En 2010, sur la base des déclarations des spoliés, près de 150.000 clients ont été recensés. Mais leur nombre a considérablement évolué depuis que Yayi Boni a promis les rembourser. On se rend compte que ce n’est que du leurre. Le plus grave, c’est que les 8 milliards de Fcfa récupérés dans les banques primaires sur les comptes des responsables sont introuvables et les fonds issus de la vente des biens immobiliers et véhicules sont confisqués. C’est cela le vrai débat.

 Fidèle Nanga