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Léhady SogloLéhady Soglo, maire de la ville de Cotonou, qui s’est vu récemment destitué de la tête de la RB, a désormais maille à partir avec le préfet Modeste Toboula. L’affaire qui semble prendre des proportions énormes, est partie pour défrayer la chronique quelques semaines. 

Léhady Soglo vit des heures chaudes. Le maire de Cotonou est une fois de plus  en difficulté. Cela ne devrait pas étonner, vu les démêlés politiques qu’il a avec le régime en place depuis quelques temps. Avec les derniers développements de l’actualité, on pourrait supputer que le fils « Soglo »  fait l’objet d’un acharnement politique. Mais, les faits à lui reprochés, surtout le bilan de sa gestion de la ville de Cotonou, le schisme presque consommé au niveau de la Rb, tout cela concorde, et apporte de l’eau au moulin de ses détracteurs. Certes, la  Mairie de Cotonou a fait l’objet, dans l’espace de quelques mois, de plusieurs audits. Sans doute, la convocation du Maire par le Préfet Toboula  est conséquente à ces audits.  Il était à craindre que cette convocation ne soit l’objet ou une réponse collatérale aux nombreuses passes d’armes qu’il y a eues entre les deux personnalités lors de l’opération de déguerpissements.  Mais, apparemment,  Modeste Toboula avait, dans le cas d’espèce,    quelques arguments à faire valoir. Même si l’on pourrait s’offusquer de toute la publicité faite autour, cette convocation était légale.

Mais, les relations actuelles entre le maire Léhady Soglo et le gouvernement étant délétères, tous les observateurs se doutaient de ce que la convocation et sa mise en scène peuvent être à tort interprétées comme un acharnement politique. Il s’en est suivi d’une suspension du maire.  Le temps certainement d’y voir un peu plus clair dans sa gestion. D’autres estiment que ces deux mois de suspension serviront à rassembler des documents ou preuves à charges  contre  Léhady Soglo. Soit !  Toujours est-il que selon les explications du ministre de la Justice, Joseph Djogbénou, et d’après les audits des services du ministère de l’Economie et des finances, « le constat d’une incinération des souches de tickets et de la dissipation des pièces comptables a été fait ». Le Garde des sceaux se demande alors comment on peut créer une commission le 18 Avril 2016 pour incinérer des souches de tickets et des pièces comptables qui relèvent de 2013-2014. Voilà toute l’interrogation.

Une justice équitable

Or, tout le monde le sait,  « Léhady » est le fils de quelqu’un.  Il est le fils d’un ancien président de la République. Sa mère est toujours députée. Lui-même,  depuis une dizaine d’années,  a eu le temps de faire son beurre à la tête de la Mairie. D’ailleurs, ne serait-ce qu’à voir les personnalités qui ont afflué vers les villas Censad à l’annonce de la perquisition de son domicile, il y a de quoi tiquer. Mais, comme le rappelait,  à propos,  le ministre Djogbénou, il y a peine une semaine, le maire de Porto-Novo, qui a fait l’objet d’une procédure,  est toujours  libre de tout mouvement. Mieux, lors de son audition,  Emmanuel Zossou n’a pas crié à l’injustice sous tous les toits, et demande aux personnalités et notables de sa ville de refluer. Au contraire, il s’est laissé juger comme un citoyen ordinaire. Or, selon les textes juridiques en vigueur au Bénin, « lorsque l’enquête est ouverte, l’officier enquêteur peut entrer dans un domicile, faire des saisies et tout ceci dans la limite des prescriptions du Code de procédure pénale. »  Pour le Garde des sceaux, « il  s’agit d’une procédure d’enquête policière qui a amené les éléments de la police à perquisitionner le domicile du maire. Tout s’est fait selon le Code de procédure pénale en vigueur. Selon le Code de procédure,  il y a 4 types de mandat et le mandat, de perquisition n’a jamais existé dans le code pénale béninois, dans ce cas précis l’officier enquêteur n’a donc pas besoin d’un mandat. Des obstructions à la libre enquête ont été observées dans ce dossier et à l’arrivée la personne concernée à savoir Léhady Soglo n’a pu être retrouvé à son domicile ».

Wilfrid Noubadan

Le compte à rebours à  Mairie de Cotonou

Selon les indiscrétions, Léhady Soglo cèdera  son fauteuil ce lundi, après les cérémonies de couleur à l’Hôtel de ville de Cotonou. Le  Premier adjoint aura la mission de liquider les affaires courantes pendant 60 jours. Du côté du pouvoir, on suppute sur le fait que mercredi   prochain, le ministre en charge de la Décentralisation, Barnabé Dassigli, va introduire en conseil des ministres une proposition de révocation du maire, au regard des faits et irrégularités relevées contre lui par les missions d’audits, les plaintes des  conseillers municipaux et les mentions du Préfet Modeste Toboula. Il appartiendra ensuite au Conseil des ministres de dire si oui ou non,  Léhady  Soglo va continuer à être maire de Cotonou après les 2 mois de suspension.

W.N