Spread the love
dossou-samuel
Samuel Dossou tenace dans le bras de fer

 Lazare Gnonlonfin, Ingénieur-Consultant, a révélé jeudi 9 juillet 2015, sur Eden Tv, les tenants et aboutissants de l’ « affaire Groupe Bolloré » qui défraie la chronique depuis quelques jours. L’expert souhaite que l’adjudicataire du projet soit rétabli dans ses droits, le Groupe Bolloré pouvant rester un partenaire stratégique, pour éviter que le contentieux ne se poursuive inutilement devant les juridictions compétentes.

Toutes les preuves ont été données ces derniers jours et font état de ce que le Projet « réhabilitation et extension de la ligne ferroviaire Bénin-Niger » pose de nombreux problèmes. Il y a toujours un flou, et une véritable zone d’ombre qui planent sur l’identité du véritable concessionnaire, la conduite des négociations devant aboutir à sa mise en exécution, le contenu des projets de convention de concession, les statuts et le pacte d’actionnaires de la nouvelle société concessionnaire et la qualité des travaux entrepris au Niger et en attente de démarrage au Bénin. Impliqué, dès sa genèse, dans le projet « Epine dorsale pour le développement intégré du Bénin » dont la réhabilitation et l’extension du réseau ferroviaire Cotonou-Parakou-Dosso-Niamey est une des composantes, Lazare Gnonlonfin n’a eu aucun mal à restituer les faits dans leur contexte. Selon l’invité, La boucle ferroviaire est un projet de l’Union africaine qui entend, à travers un maillage intelligent, créer un réseau ferroviaire unique qui lie tous les Etats du continent. La boucle dont le Bénin fait partie réunit, outre le Niger, le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire. Cette boucle est divisée en deux corridors, Ouest (Burkina Faso et Côte d’Ivoire) et Est (Bénin-Niger).

 Pétrolin n’a pas renoncé à ses droits en tant qu’adjudicataire

 La réalisation du Corridor Est qui est en jeu n’implique forcément pas les Etats du corridor Ouest qui ne peuvent donc pas exiger travailler avec un concessionnaire plutôt qu’un autre. « Le tronçon en jeu et sur lequel porte le différend est bien celui du Corridor Est, Cotonou-Niamey et dont le Groupe Pétrolin a gagné en bonne et due forme l’appel d’offres de réhabilitation et d’extension, notification ayant été faite par les deux Etats », déclare-t-il. De fait, en acceptant de concéder au Groupe Bolloré, à la demande des Chefs d’Etat béninois et nigérien, 40% des parts de la nouvelle société qui doit mettre en exécution le projet, le Groupe Pétrolin n’a, à aucun moment, renoncé à ses droits en tant qu’adjudicataire. Par conséquent, selon Lazare Gnonlonfin, les initiatives prises par le groupe Bolloré sont totalement injustifiées. Elles violent, a-t-il précisé, l’accord de confidentialité conclu avec le Groupe Pétrolin.

 Éviter les rails de l’époque coloniale avec des wagons et locomotives des années 1900

 La rédaction des statuts de la nouvelle société (Benirail infrastructure), de son pacte d’actionnaires et du projet de convention de concession du chemin de fer Cotonou-Niamey par la Société d’Exploitation des Chemins de Fer Africains (Secaf), filiale à 100% du Groupe Bolloré ont également été discutées, de même que le contenu de chacun de ces documents qui fait la part belle au groupe Bolloré. Lazare Gnonlonfin y a vu la violation des droits des partenaires, voire même l’aliénation de la souveraineté des Etats béninois et nigérien. Aussi, sur la nature des infrastructures que propose de mettre en place le groupe Bolloré au profit du Bénin et du Niger, notamment les rails d’écartement métrique de l’époque coloniale avec des wagons et locomotives des années 1900, Lazare Gnonlonfin a renvoyé les gouvernements béninois et nigérien aux avis des experts en transport ferroviaire, contenus dans deux documents au moins. Il s’agit de la lettre des membres du comité technique interministériel de suivi de la Convention de Benirail adressée au Ministre béninois du Développement le 1er avril 2015, et de la lettre du Groupe d’experts et anciens cadres techniques ferroviaires de l’Ocbn au Président Yayi Boni en date du 9 décembre 2014. Chacune de ces lettres, sans prendre partie, met en exergue les incohérences du projet tel que souhaite le conduire le Groupe Bolloré. Ils renseignent sur les risques d’isolement encourus par le Bénin et le Niger en cas de réalisation de la liaison ferroviaire Niamey-Cotonou, selon les conditions techniques de ce groupe.

                                       AT