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ISHOLA-JACOB
Le Directeur général, Ichola, doit mettre un terme à la vente illicite des graines de coton

 Depuis notre parution d’hier concernant une affaire d’escroquerie de plus de 2 millions de francs portant sur des ventes de graines de coton, les langues commencent par se délier. Tant à la Sonapra que dans le rangs des acheteurs corrupteurs et victimes. Ces derniers parmi lesquels se comptent, non seulement des Burkinabé, mais aussi des Nigérians et des Béninois, revendiquent qu’il ne s’agit point de ventes illicites, mais d’un système établi par cette société d’Etat et dont ils ont respecté les règles.

Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on comprend désormais pourquoi les sociétés Fludor et Shb n’en ont plus suffisamment pour leur approvisionnement en matières premières, les graines de coton. Un responsable d’une de ces huileries nous a expliqué hier, tout en colère, que la direction générale de la Sonapra a tourné dos, depuis les deux dernières campagnes, à la traditionnelle livraison systématique des graines à l’industrie locale, préférant développer un marché de spéculateurs informels venant surtout du Nigeria et du Burkina Faso, envers et contre un décret portant interdiction de l’exportation des graines de coton du Bénin : « Nous comprenons que ça leur rapporte les dessous-de-table qu’ils ne peuvent pas obtenir chez nous… » En effet, si l’affaire a éclaté avec un agent indélicat auquel il est reproché d’avoir empoché plus de 2 millions de Fcfa pour une livraison de graines restée sans suite au profit d’acheteurs burkinabé, il est surprenant de noter que cet agent n’est même pas impliqué dans la vente des graines à la Sonapra. Les trafics de graines se sont développés comme une source de financement des dernières campagnes électorales. Malheureusement, dans leur cupidité qui n’a d’égale que celle découverte dans l’affaire Ppea 2, les dirigeants de la Sonapra ont vendu des tonnages de graines alors qu’ils n’étaient pas sûrs de pouvoir honorer leurs livraisons. Plus grave pour l’économie béninoise, outre la victimisation des huileries locales, c’est que, avant de les vendre, les graines saines sont déclarées avariées pour être cédées à prix de liquidation avec une minoration de 50%, sur la base de simples factures proforma qui sont devenues de précieux sésames que seuls, des privilégiés pouvaient obtenir auprès des dirigeants de la Sonapra. D’où le développement d’une filière de négoce de factures proforma à prix coûtant, selon les volumes en jeu. L’agent indélicat qui a été pris la main dans le sac ne serait donc qu’un simple trafiquant de facture proforma dont le tort est que celle-ci n’a pas abouti à une livraison de graines. Le réseau est donc plus vaste et, le nouveau Dg Sonapra aura fort à faire pour le démanteler et éviter des contentieux commerciaux à la société. Malheureusement pour la vérité et la transparence, l’argent qui finance les campagnes cotonnières ne vient pas des Néerlandais, mais de nos banques. Sinon, le cabinet Kroll aurait déjà fait tomber des têtes…

 Abdourhamane Touré