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Les affrontements ont fait des pertes en vies humaines et des blessés graves

Le conflit religieux qui perdure au sein de la communauté musulmane de Sèmèrè dans la commune de Ouaké est à l’origine, vendredi 14 octobre 2016, d’un affrontement entre forces de l’ordre et population. Le bilan provisoire fait état de 6 morts et de blessés graves dont un agent de la gendarmerie, lequel est en soins intensifs à l’hôpital Ordre de Malte de Djougou.

Six personnes ont péri dans des affrontements, vendredi dernier, à Sèmèrè dans la commune de Ouaké. C’est la résultante du conflit latent entre les partisans de deux prétendants aux fonctions d’Imam central de Sèmèrè. Il s’agit des partisans de l’aspirant Haroun Boun Yaminou, qui serait épaulé par l’élu local Soumanou Malanfali Abassou, et ceux de son challenger Cheikh Moubarak Abdoulaye. Au nom d’Allah, ils se sont affrontés et des citoyens innocents ont perdu leurs vies. De sources dignes de foi et sur-place à Ouaké, deux camps se sont dégagés depuis trois années au sein de la communauté musulmane pour le soutien de deux candidats issus d’une même famille au poste d’Imam principal de la mosquée centrale de Sèmèrè. Toutes les tentatives de conciliation pour obtenir un consensus autour d’une candidature unique ont été vaines. Prévoyant un trouble à l’ordre public, l’autorité préfectorale de Natitingou avait pris un arrêté portant fermeture jusqu’à nouvel ordre de cette mosquée dans le souci de préserver la paix et la quiétude des populations de cette localité du département de la Donga. Mais, grande à été la surprise des forces de l’ordre de la localité de constater l’ouverture forcée des portes de cette mosquée par une partie des deux protagonistes pour la grande prière du vendredi 14 octobre 2016. La prompte intervention des forces de l’ordre pour sortir les fidèles de la mosquée a été contrée par une vive réaction des occupants de l’heure. Le face-à-face déséquilibré entre populations munies de projectiles et forces de l’ordre qui ont fait usage d’armes à feu, après les gaz lacrymogène sans résultat, a occasionné des morts. Au total, 6 personnes ont perdu leurs vies et on dénombre plusieurs blessés dont un gendarme admis aux urgences de l’hôpital de l’Ordre de Malte à Djougou. Les mêmes sources confirment que le calme est revenu depuis ce même vendredi en attendant l’aboutissement d’une enquête ouverte pour situer les responsabilités et présenter les mis en cause à la justice.

La goutte d’eau qui a fait déborder le vase

Selon les informations recueillies sur-place, tout serait parti d’une descente à Sèmèrè  de l’imam Moutawakilou Yodé de la Mosquée Centrale Médine 2 d’Agori Plateau(Abomey Calavi) dans la journée de mercredi 12 octobre 2016. Depuis ce jour, la tension ne cesse de monter au sein des populations de  Sèmèrè. Et pour cause. L’imam Moutawakilou aurait tenu des propos pas conciliants à l’endroit des fidèles musulmans de Sèmèrè. « Je suis venu de Cotonou, dépêché par les hauts responsables de l’union islamique pour remettre les clefs de la Mosquée Centrale de la ville à l’imam Haroun Boun Yaminou que je considère comme le seul imam central de Sèmèrè. Quant aux autres  fidèles qui prient sous le soleil et la pluie depuis trois ans, parce qu’ils refusent de reconnaître la légitimité de Haroun,  je les mets en garde. » Selon nos sources, la situation s’est dégénérée suite à  une réunion tenue   dans la matinée de ce vendredi par Soumanou Malanfali Abassou pour présenter les clefs de la mosquée centrale à ses partisans en leur demandant de se tenir prêts pour reprendre la mosquée centrale interdite d’accès depuis trois ans. Les propos de ce délégué tenus lors de la réunion et relayés dans la ville seraient la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Excédés d’accomplir les prières à ciel ouvert, plus de trois ans durant à la merci du soleil et de la pluie, les fidèles musulmans de Sèmèrè, en désespoir de cause, ont décidé de se rendre dans la  grande mosquée centrale ce vendredi pour la célébration de la prière Djoumaa sous la houlette de cheikh Moubarak Abdoulaye, qu’ils considèrent comme l’imam légitime. Les fidèles ont fait fi des propos de Soumanou Malanfali Abassou. Alors, le choc a eu lieu et le bilan est bien lourd. A l’heure actuelle, l’on n’est même pas encore situé sur l’issue de cette crise.

Prince Ouindé

Communiqué de l’Alliance Abt suite aux actes de violence survenus à Sèmèrè

L’alliance Abt est très préoccupée par la situation qui a prévalu dans la journée de ce vendredi 14 octobre 2016 dans l’arrondissement de Sèmèrè, Commune de Ouaké dans le  département de la Donga. En effet, selon les recoupements faits sur place, une mésentente née du choix du nouvel Iman a débouché sur des affrontements entre les populations et les forces de sécurité publique causant plusieurs pertes en vie humaine et de nombreux blessés graves.

L’alliance Abt condamne avec la dernière rigueur ces actes de violence qui, n’ont plus leur place dans nos sociétés. Tout en compatissant à la douleur des victimes et de leurs proches, elle invite les populations et les différents protagonistes au calme et au dialogue comme le recommandent les Saintes écritures de la religion musulmane.

L’alliance Abt demande aux autorités sécuritaires de notre pays de prendre les dispositions pour que le calme retrouvé perdure et que d’autres situations fâcheuses ne surviennent pas. Elle réclame également que la lumière soit faite autour de ces actes de violence afin qu’on assiste plus à ce genre de scènes regrettables.