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dialysesA la faveur d’une conférence de presse tenue dans la matinée du jeudi 22 septembre 2016 au Codiam, les dialysés du Bénin ont exprimé le calvaire qu’ils vivent  dans les centres privés agréés pour leur prodiguer les soins adéquats. Les centres Fandinan et Unidial sont sur le banc des accusés. 

Réuni jeudi 22 septembre 2016 au Codiam à Cotonou, le Conseil national des dialysés et insuffisants rénaux du Bénin a informé l’opinion publique  de la situation que vivent ses membres dans les centres privés de dialyse. Par le biais de son président Raimi Titus, il a tenu à alerter sur les abus qu’ils rencontrent.    En effet, face à la propension que prend le diagnostic rénal chronique, l’unité de dialyse du Cnhu-HKM de Cotonou ne pouvait plus contenir la pléthore de malades qui y sont référés.  L’Etat Béninois a donc responsabilisé les centres de dialyse agréés, Unidial sis à Atinkanmey et Fandinan implanté à Kouhounou pour  secourir les malades. Et c’est depuis ce temps que le chemin de croix a commencé pour les dialysés envoyés dans ces centres, malgré la prise en charge gratuite qui couvre tous les soins. Le centre Unidial est accusé de fournir des soins fantômes alors qu’il facture ses prestations à l’Etat qui le paie régulièrement. Selon les malades qu’il est censé prendre en soins, il n’a  plus servi depuis 2013 tous les médicaments encore moins administré les soins appropriés. Pour survivre  les patients qui en ont les moyens sont obligés de payer eux-mêmes ces médicaments et d’autres accessoires de soins dans l’espoir d’être remboursés parce que le coût de ces soins et ces produits sont déjà reversé au promoteur. Mais ce dernier n’a ni remboursé les frais, même pas de cathéter, ou de fistules artéro-reineuses, encore moins, il n’a pas payé les hospitalisations.  Des dizaines de dialysés sont décédés de 2014 à 2016 à Unidial. La ligne de défense à laquelle s’agrippe le promoteur est que l’Etat lui reste devoir une ardoise financière. Selon Raimi Titus, le relevé des deux derniers virements effectués par l’Etat béninois dans le compte dialyse de ce centre avoisine un milliard deux cent millions. « La compilation des attestations de créances produites par chaque dialysé pour les prestations non fournies par le centre s’élève à près de neuf cent cinq millions de francs Cfa pour les 69 dialysés à raison des créances comprises entre 16 à 18 millions de francs Cfa escroqués sur chaque dialysé », a-t-il dénoncé.

Fandinan, le frère jumeau de Unidial

 La situation à la clinique Fandinan est semblable, voire   plus criarde. « Ici, parti d’une soixantaine, il ne reste que 20 dialysés », a déclaré Raimi Titus. Le promoteur affiche une arrogance méprisable vis-à-vis des dialysés et refuse toute discussion avec eux, poursuit-il. Le conseil national des dialysés et insuffisants rénaux du Bénin exige de ce fait le remboursement intégral de tout ce qui est pris indument aux dialysés par tricherie au détriment de l’Etat central pour des prestations fantômes et souhaite  que l’Etat prenne ses responsabilités en mettant en place une structure de contrôle systématique pour le respect strict des cahiers de charges et l’effectivité des prestations. Aussi, les dialysés invitent-ils le gouvernement à déployer des centres de dialyse publics dans tous les départements du pays pour décongestionner le Cnhu-HKM afin de leur garantir de meilleures  conditions de soins.

Jockvien Tchobo (Coll)

 Nécessité d’un audit

Accusations accablantes avec parfois de troublants témoignages des patients abusés et malmenés. Le récit de certains d’entre eux a tôt fait d’emballer  la salle du Codiam dans une atmosphère de révolte, mais aussi de compassion et de soutien. Tout le monde s’est sent interpellé, car estimant que c’est l’argent du contribuable qui est détourné sur le dos des malades, déjà affaiblis par les soins onéreux, certes intégralement pris en charge par l’Etat, mais les supporter, il faut avoir un cœur d’acier et un moral inébranlable. Même le teigneux syndicaliste, Laurent Métongnon, arrivé pour en savoir davantage sur cette situation s’est dit scandalisé et très indigné. Il a pris l’engagement d’en informer les autres Centrales et Confédérations syndicales afin d’en faire une lutte syndicale. Les deux centres privés doivent être audités, du moment où c’est l’argent du contribuable qui est en jeu. Chose curieuse, depuis que l’alerte est partie, l’un des promoteurs rejette toutes les sollicitations pour l’amener à donner sa part de vérité. Cette attitude laisse croire qu’il n’a pas d’arguments pour se défendre.

FN