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prd-rbLe Bénin prépare sa sixième élection présidentielle de l’ère du Renouveau démocratique. Le peuple est appelé aux urnes le 28 février prochain. Dans ce cadre, les états-majors s’affairent pour se tirer d’affaire. C’est ainsi que l’alliance Prd-Rb a formalisé et officialisé un pacte avec le candidat de la continuité de la gestion du président sortant Yayi Boni. Quel crédit accordé à un tel rapprochement qui déjoue les pronostics ?
 
L’histoire de l’échec de l’alliance entre le Parti du renouveau démocratique (Prd) et le parti la Renaissance du Bénin (Rb) va-t-elle se reproduire ? Difficile de le confirmer à l’étape actuelle des débats politiques. Cependant, le rapprochement spontané aux yeux des électeurs, des citoyens et du peuple rappelle des faits antérieurs. Une telle Alliance qui a mis en déroute beaucoup de supporters de candidats qui pariaient que ces deux partis ne pouvaient jamais rallier le candidat des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe), a été, par le passé, voué à l’échec. En 1996, le Parti Prd de Me Adrien Houngbédji avait soutenu le candidat Mathieu Kérékou contre Nicéphore Soglo. Depuis lors, le leader charismatique de la Renaissance du Bénin couvre de tous les noms celui dont le soutien lui a manqué pour poursuivre l’œuvre amorcée au lendemain de la conférence nationale en qualité de président de la République. En 2001, Nicéphore Soglo et Adrien Houngbédji, respectivement 2ème et 3ème, ont fait le jeu de la chaise vide en désistant lors du second tour au motif de tripatouillages des élections au terme desquelles, Mathieu Kérékou a été réélu face à Bruno Amoussou classé 4ème après le 1er tour. En 2006, le défaut de soutien de la Rb au candidat Adrien Houngbédji a consacré la victoire de Yayi Boni, candidat à la magistrature suprême. Mais, un sentiment de sursaut patriotique semble avoir vu le jour à partir de 2011. Ainsi l’Union fait la nation (Un), avec la caution morale de Nicéphore Soglo, a dégagé Me Houngbédji comme son candidat à la présidentielle de cette année. Mais, lors des campagnes électorales, les propos du leader de la Rb n’étaient pas de nature à faire élire Adrien Houngbédji au Palais de la Marina en remplacement de Yayi Boni. Il en a résulté l’historique KO.
 
Durée de feu de paille
 
La Renaissance du Bénin (Rb) et le Parti du renouveau démocratique ne sont pas à leur première alliance dans le cadre d’une élection. Seulement, la durée de vie de leurs mariages n’a jamais dépassé celle d’un feu de paille. En 2011, à l’occasion de la présidentielle, alors que dans les accords, Me Adrien Houngbédji était le candidat de l’Un, l’inaction de Nicéphore Soglo et de Léhady Soglo n’ont pas concouru aux objectifs fixés sur papier. Ce fut donc un échec. Après l’élection des membres de l’Assemblée nationale, les deux partis se sont retrouvés pour la formation du bureau. L’alliance venait d’être scellée en 2015 entre les deux partis afin de contrer toutes les velléités du pouvoir de Yayi Boni. Ainsi, avec le soutien de la télécommande de Paris, la Rb a pu faire bloc avec le Prd pour que Me Houngbédji puisse conquérir le perchoir. Mais, au lendemain de la victoire, ils se sont tourné le dos. Un mois après, les amarres ont été rompues à l’occasion des communales, municipales et locales. La ferveur avec laquelle les deux partis ont collaboré pour damer le pion Komi Koutché, candidat des Fcbe pour la présidence de l’Assemblée nationale, le 19 mai s’est estompée très tôt.  Il a fallu le rapprochement de la Rb avec les Fcbe pour que Léhady Soglo puisse briguer le poste de maire de la ville de Cotonou.
 
Des précédents  historiques
 
L’histoire pourra –t-elle de répéter ? L’entente entre les Houégbadjavi et les Aïnonvi a toujours été celle des mésententes. Le président Joseph Sourou Migan Apithy et le président Justin Tomètin Ahomadégbé ont entretenu cette guéguerre au lendemain de l’indépendance nationale. Encore plus récent, le désamour entre Nicéphore Soglo et Adrien Houngbédji qui sont les représentants sur l’échiquier politique des Houégbadjavi et des Aïnonvi. S’il est vrai que l’ancien président des Etats-Unis, Franklin Roosevelt affirmait qu’en « politique, rien n’arrive par accident. Si quelque chose se produit, vous pouvez parier que cela a été planifié de cette façon », il est aussi vrai que ce qui se produit en politique trouve souvent ses origines dans l’histoire. Alors, après les accords au sommet entre ces deux partis avec les Fcbe, il reste à savoir s’ils se traduiront effectivement dans les actes.
 
Jean-Claude Kouagou