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cotonLes producteurs de coton de Kérou, un des greniers de l’Atacora, de Banikoara, Gogounou, bastions de l’or blanc dans le département de l’Alibori ont, à plusieurs reprises, manifesté leur désapprobation contre la manière dont la filière coton se gère depuis ces trois dernières campagnes. Lorsque le président de la République, Yayi Boni, estime, dans son discours sur l’état de la Nation, que la gouvernance a permis l’amélioration de la filière coton, il est totalement en déphasage avec les réalités. Ces propos contrastent fort malheureusement avec les réalités du terrain. Le coton ne nourrit plus son homme. Sous le règne de Yayi, cette filière, l’unique des vaillantes populations des campagnes, a connu une baisse drastique comparée à 2005. Si Yayi Boni pense que la production cotonnière s’est améliorée, l’impact n’a pas été ressenti chez les paysans. D’ailleurs, à maintes occasions, ils l’ont martelé. Pour eux, c’est à la télévision que le coton se produit. Dans tous les cas, ce que Yayi Boni n’a pas dit, c’est que les milliards engloutis dans les campagnes médiatiques pour camoufler les difficultés auxquelles son régime fait face, dépassent de loin le rendement auquel les braves producteurs devraient s’attendre. Cette section du discours du chef de l’Etat à la Nation est biaisée. Elle ne se repose sur aucun fondement convainquant. En concédant au président de la République qu’il a fait des exploits, il est à remarquer que le panier de la ménagère est durement éprouvé, malgré les « prouesses » réalisées.

 Jean-Claude Kouagou