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cartessurtableL’émission « Cartes sur table » de la radio Océan Fm a reçu, le dimanche 16 avril 2017, Me Alain Orounla, avocat et Antoine Adoukonou, enseignant, économiste-financier et acteur politique. Pendant 90 minutes, ils ont fait le tour d’horizon de l’actualité nationale, notamment les 12 mois de gestion de l’actuel locataire de la Marina à la tête du pays et les raisons qui justifient le rejet du projet de révision de la Constitution par les députés.
Un an ne suffirait pas pour faire un bilan exhaustif sur un mandat de cinq ans. C’est le point de vue de Maître Alain Orounla. Cependant, il a reconnu qu’on peut déjà analyser le style de gouvernance. A l’en croire, c’est un style auquel la population n’est pas habitué et cela a effrité la confiance qu’elle avait, avait au départ, placé en la personne du président Patrice Talon. « Quand vous êtes dans la population, on sent une certaine désapprobation. On sent des craintes. Le président semble en avoir conscience, puisqu’il dit reconnaître l’impatience du peuple. Donc, il sait très bien que les actions qui sont menées à la tête de l’Etat ne portent pas encore leurs fruits», a-t-il déclaré. Il a été appuyé dans son raisonnement par Antoine Adoukonou qui pense que le président Patrice Talon est un président des réformes. Lesquelles réformes se font sans pédagogie. « Celui qui veut faire les réformes, s’il n’essaie pas de voir la position de celui qui est réformé, il aura tout le monde à son dos. Et c’est ça qui a manqué au gouvernement du Nouveau départ», a-t-il précisé. Cependant, les deux invités d’Hospice Houénou de Dravo ont reconnu que des acquis ont été notés pendant ces 12 mois de gestion. Ils en ont eu pour preuves, l’aéroport de Glo-Djigbé, le pont de Womey, le bitumage de la voix de Hêvié, le contournement de la voix nord de Cotonou, la route des pêches, le règlement du délestage. Tout en saluant ces différentes réalisations, ils ont mis l’accent sur la nécessité pour l’actuel locataire de la Marina de se focaliser sur les réformes en matière d’eau, d’éducation, plutôt que des calculs politiciens.
Pour ce qui est des motifs qui justifient le rejet du projet de révision de la constitution par les députés à l’Assemblée nationale, Antoine Adoukonou a fait savoir que c’est purement politique. A l’en croire, la configuration actuelle de l’Assemblée en est pour quelque chose. Hormis cela, il y a que le  Prd et la Rb qui avaient soutenu le candidat Lionel Zinsou ne jouent pas franc jeu avec le président Patrice Talon. « Il est évident que l’apparition des deux dinosaures Patrice Talon  et Sébastien Ajavon a décimé le jeu de ces partis et ils sont en train de penser à comment faire pour récupérer leurs militants », a-t-il justifié.  Quant à Me Alain Orounla, il a indiqué que plusieurs autres raisons justifient ce rejet. Il s’agit entre autres des manœuvres politiciennes  dont le but est de mettre les bâtons dans les roux du président Patrice Talon qui a tout mis en œuvre pour que ce projet passe. Outre cela, il y a fermeté dont fait preuve le chef de l’Etat Patrice Talon et qui n’est pas toujours recommandée. « Notre président montre beaucoup de fermeté », a-t-il reconnu avant d’indiquer qu’une réforme aussi fondamentale que notre constitution doit se faire avec le temps, dans la transparence, dans l’équilibre et dans une certaine pédagogie. « Ceci a manqué inéluctablement sans oublier le contexte qui n’était pas favorable », a-t-il conclu.
 
Léonce Adjévi