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conseil-des-ministresLes 17, 18 et 19 Juin 2014, le gouvernement béninois embarquait le pays dans une aventure qui devrait permettre au pays de redresser son économie. L’idée était toute trouvée par le premier magistrat du pays : une table ronde économique à Paris. Un an après les assises, que sont devenues les résolutions prises ?

Après trois jours de rencontres financées par le Budget national, Yayi Boni et ses ministres sont revenus au pays avec une promesse de 6000 milliards de francs Cfa. Une prouesse qui devrait, sans doute, réjouir plus d’un. C’est le siège de la Banque mondiale à Paris qui a accueilli ces assises présidées par le président Yayi Boni. Environ 200 participants étaient conviés à cette grande rencontre des investisseurs nationaux et internationaux. Une rencontre qui, selon les initiateurs, devrait permettre de débattre des financements de projets d’investissement public. Le gouvernement béninois avait des objectifs précis, articulés fondamentalement autour de cinq projets à savoir : la croissance de son économie, la valorisation du partenariat public-privé notamment la réhabilitation et l’extension du chemin de fer Cotonou -Parakou – Niamey, les questions liées à l’énergie, le projet de la route des pêches et, enfin, la mise en valeur des vallées sous- exploitées. Le financement escompté, en initiant cette table ronde, est estimé à 2 900 milliards de francs Cfa. Selon le point fait par le ministre des Finances, Komi Koutché, de retour au pays, ce fut un succès. Le Bénin s’est taillé la part du lion en obtenant des investisseurs, une promesse de 6000 milliards de francs Cfa, soit le double du financement espéré. 365 jours après cette table ronde économique sensée corriger le déficit énergétique, ouvrir la voie à la construction d’infrastructures routières, toujours rien ! Ces promesses n’ont jamais pris corps. Le délestage continue de dicter sa loi aux paisibles populations et, à aucun moment, on a fait recours aux résolutions de la table ronde de Paris pour corriger cela. A part la réalisation de la boucle ferroviaire, arrachée au groupe Petrolin et attribuée ensuite au groupe Bolloré, on a eu droit qu’à des poses de premières pierres dans presque toutes les contrées du pays. Beaucoup de millions de francs Cfa investis afin de courtiser les investisseurs étrangers. Le peuple croupit dans la misère. Les scandales financiers se succèdent au sommet de l’Etat. Il n’existe même pas un cadre juridique pour le partenariat public-privé. Alors, que diantre viendront chercher les investisseurs étrangers dans ce pays ? Une certaine opinion était sceptique sur les retombées de cette table ronde de Paris. Le Conseil national du patronat avait boycotté les assises. Même s’il faut reconnaître qu’en initiant cette table ronde, le gouvernement était parti avec de bonnes intentions, celles d’insuffler une nouvelle dynamique à l’économie béninoise, il ne faudrait pas oublier que l’assainissement du climat des affaires au Bénin est le premier geste qui pourrait attirer les investisseurs privés.

Claudine Vodounon