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an2Jean-Baptiste Elias, président du Fonac : « S’il y a une note à donner, nous pouvons dire peut mieux-faire »

 « Le diagnostic qui a été posé est que la corruption continue de sévir au Bénin, parce que l’impunité est au rendez-vous. De ce point de vue, en vingt-quatre (24) mois de gestion, le Président Patrice Talon a, entre  autres actions, pris à bras le corps la lutte contre la corruption. Aujourd’hui, nous avons tous vu, au niveau des tribunaux, ce qui se passe. Au niveau du ministère de la fonction publique et du travail, les conseils de discipline siègent, les sanctions administratives sont données. Au niveau du ministère de la justice, les sanctions pénales sont également données. Il est à souhaiter que la lutte contre la corruption soit toujours au rendez-vous pour que la corruption, à défaut de cesser, puisse diminuer sensiblement. Il est à faire remarquer que le classement de Transparency international a classé le Bénin 85e sur 180 pays. Je rappelle au passage que 183 Etats ont signé  la convention des Nations Unies contre la corruption. Le Bénin est 85e sur 180. Au niveau de l’Afrique, le Bénin est 15e sur 55 Etats. Donc, il y a 40 Etats derrière nous. Au niveau de l’Uemoa, le Bénin est 3e sur 8 Etats, il y a cinq Etats derrière nous et au niveau de la Cedeao, le Bénin est 5e et il y a 10 autres Etats derrière nous. De ce point de vue, il est fort intéressant que nous puissions l’accompagner pour la lutte contre l’impunité. De ce point de vue, nous pouvons espérer qu’au prochain classement, le Bénin gagne encore d’autres places pour le bonheur des Béninoises et des Béninois. Voilà ce que je peux vous dire sur les 24 mois du Président Patrice Talon. S’il y a une note à donner, nous pouvons dire peut mieux faire. On a fait beaucoup, mais on peut encore mieux faire, parce que dans les pays qui sont moins corrompus, les dirigeants n’ont pas deux têtes ni quatre bras. Je me permets de le dire, la corruption n’est pas une fatalité. Nous pouvons aussi lutter efficacement contre la corruption, à condition que tout le monde s’apprête à suivre les règles et procédures,  que tout le monde s’apprête à suivre les textes de la République, et que tout le monde puisse respecter les valeurs éthiques et morales.

Comme perspective, c’est que tout le monde se mette au travail, pour que les règles du jeu soient respectées, que les procédures soient respectées, que nous puissions nous adonner au travail  pour que dans les caisses de l’Etat, il y ait de l’argent pour faire de grands investissements au profit de  nos enfants, nos frères et sœurs. »

 Eric Roméo Péthos, porte-parole du Front d’action des syndicats de l’éducation du Bénin : « Il faut que le gouvernement change sa politique sociale »

 « Les attentes ne sont pas comblées. La question du recrutement d’enseignants est toujours demeurée en entier. On a toujours les classes multigrades. On a beaucoup de vacataires. Donc, le problème de recrutement n’est pas réglé. Le problème de la qualité de l’éducation également, puisque les réformes que l’on croyait voir introduire dans le secteur n’ont pas été choses effectives. Par rapport à la question de la motivation de l’enseignant, actuellement nous sommes en train de boucler onze semaines de grève et le bout du tunnel n’est pas encore proche.  Ce n’est même pas envisageable encore. L’enseignant n’est pas motivé. La qualité de l’enseignement même reçoit déjà un coup. Entre donc les bonnes intentions dévoilées dans le Pag et la pratique, il y a un déphasage. Mais en réalité, ce n’est que deux ans qui s’achèvent. On peut encore espérer. Il faut que le gouvernement change sa politique sociale et apprenne à échanger avec les partenaires sociaux. Il urge qu’il ne continue plus à rester dans sa position de supériorité extrême et qu’il écoute les partenaires sociaux, qu’il associe tout le monde, surtout les enseignants aux réformes dans leur secteur et qu’il ne tarde pas à régler le problème des statuts particuliers. On pense que si ces problèmes sont réglés, les enseignants vont l’accompagner, et il pourra réussir les trois dernières années dans les règles de l’art ».

 Adolphe Houssou, porte-parole du collectif des syndicats de la santé : « Nous voulons travailler »

 « Nous ne pouvons pas balayer de revers de main ce qui a été fait. En un mot, nous pouvons dire que le gouvernement du Nouveau départ est venu avec de très bons projets à travers les réformes. Le secteur de la santé aujourd’hui a besoin de réformes. C’est pour vous dire que nous, syndicalistes, ne sommes pas contre les réformes. L’initiative est courageuse et on doit saluer cela. Le gouvernement, à la date d’aujourd’hui, a recruté près de 331 agents qui vont prendre service bientôt sur près de 7000 prévus. Il est vrai que l’effectif prévu dans les réformes est plus que ça. En dehors de cela, nous ne sommes plus au parfum de tout ce qui se passe dans les couloirs, et on nous cache tout. Je ne peux que vous dire ce que j’ai constaté. En dehors des réformes annoncées, qui sont sur papier, et qui sont querellées parce qu’elles ne sont pas inclusives, nous avons vu que le gouvernement n’a rien fait d’autre. Les hôpitaux sont encore dans leur état, le plateau technique défaillant. Je ne sais pas s’ils ont des choses à faire, mais moi, je ne suis pas informé. Donc, pour ma part, le bilan n’est pas du tout satisfaisant. C’est du saupoudrage. Dans le secteur de la santé, rien n’a été fait. La seule chose qu’ils ont fait de plus c’est qu’ils courent et s’acharnent contre les syndicats pour leur arracher le droit de grève par tous les moyens.

Nous voulons que, pour les trois années qui restent, tout ce qui est écrit sur papier soit une réalité. Nous voulons que les syndicats soient associés pour qu’ensemble nous puissions mettre en pratique tout ce qui est dans les documents, afin de sortir les hôpitaux de l’ornière. Nous voulons dire au gouvernement également que l’essentiel ce n’est pas de courir derrière les syndicats pour leur arracher le droit de grève. C’est de chercher à savoir pourquoi les gens vont en grève. Nous voulons dire au gouvernement d’éviter la dictature. Nous  attendons la main tendue. Nos attentes, c’est que nous voulons travailler. Le gouvernement n’a qu’à jouer sa partition ».

  Louis  Koukpémèdji, Sg du Siphab : « Il reste encore beaucoup à faire »

 « Mon regard sur les deux ans de gouvernance du président Patrice Talon va prendre en compte deux volets. Le premier concerne les actions positives notées dans le secteur pharmaceutique, le démentiellement du marché Adjégounlè, l’autorisation de la ratification de la convention Medicrime pour étoffer l’arsenal juridique et enfin la volonté manifeste d’assainir le secteur pharmaceutique, malgré les quelques problèmes qu’on peut déplorer. Je trouve toutes ces actions très positives et j’encourage le président et son gouvernement tout en les invitant à persévérer et à veiller au grain. Je peux appeler le second volet : ce qui reste à faire. Ce nom parce que si je lis le Programme d’actions du gouvernement, notamment en son pilier 3 axe stratégie 6, il est question de renforcement des services sociaux de base et de protection sociale. A ce niveau, il suffit de faire un tour dans les zones rurales et vous constaterez que la situation n’a pas beaucoup évolué. C’est vrai, deux ans sur cinq ne sont pas encore suffisants pour faire un bilan exhaustif. Donc, à ce niveau, on remarque qu’il reste encore beaucoup à faire. Les plateaux techniques sont restés vétustes, les infrastructures et surtout le personnel. Il faudrait que le gouvernement fasse l’effort du recruter des pharmaciens dans les hôpitaux de zone et certains services de santé. Parce que les stocks de médicaments gérés au niveau des centres de santé du secteur public sont énormes, et il faudrait vraiment le regard d’un professionnel de médicament pour une bonne gestion. Je voudrais inviter le président de la République et son gouvernement à prendre la mesure de la situation et de consulter les professionnels, malgré ce qu’on peut leur reprocher. Je crois qu’on peut avoir de l’espoir. Je les encourage, car il n’est jamais facile de gérer. Nous comptons sur leur volonté et que le Seigneur les accompagne ».    

Epiphane  Azon, président de la Fenapeb : « Beaucoup de réformes pour assainir le système éducatif »

 « C’est un résultat que je dirai mitigé, mais il y a plus de haut que de bas. Il faut avouer qu’il y a eu beaucoup de réformes pour assainir le système éducatif et par rapport à cela, nous décernons un satisfécit au régime Talon. Mais à côté, il y a que tout ne va pas pour le meilleur. Et la gestion actuelle de la crise sociale est très loin de plaire aux parents parce que les enfants sont à la maison. Il est vrai, cette crise est devenir cyclique. Mais elle ne ressemble pas aux crises que nous avons connues sous nos parents. ».

Laurence Monteiro, présidente de l’Association des sages-femmes du Bénin : « Que le gouvernement s’entende avec les partenaires »

 « Je ne peux pas dire que beaucoup de choses ont changé sous le régime Talon, parce qu’on est en train de faire deux ans. Il y a eu de problèmes dans tous les domaines, mais un gouvernement doit programmer et aller pas à pas. Je sais que le gouvernement du président Talon a mis du temps pour les réformes, pour réécrire la vie de tout le monde. Je pense que c’est à partir de l’An 3 que ça va reprendre. Mais sincèrement, pour dire la vérité, je souhaite que chaque personnel de toutes les professions puisse changer de comportement. En ce qui concerne le gouvernement, qu’il s’atèle à corriger tout ce qui ne va pas. Son travail maintenant est de s’entendre avec les partenaires sociaux afin de recruter pour renforcer le personnel qualifié qui est vieillissant. Je souhaite aussi qu’il y ait la paix dans le secteur de la santé, car la santé n’a pas de prix. »

 Ambroise Zinsou, journaliste sportif : « On peut garder une lueur d’espoir »

 « Je pense que le bilan reste mitigé, c’est un bilan comparable à celui de l’an passé, puisque rien n’a bougé par rapport au sport béninois. C’est vrai qu’il y a des réformes qui sont en cours, il y a  des réformes qui ont été entreprises, mais nous avons beaucoup de doute, nous sommes sceptiques. En tout cas, moi, je suis sceptique par rapport à l’aboutissement heureux de ces réformes. Aujourd’hui, nous ne connaissons pas la politique globale du sport chez nous. Nous avons encore des disciplines qui sont à peine visibles. En deux ans, on regrette que le Bénin n’ait pas accueilli une compétition internationale, que le Bénin n’ait participé à une compétition majeure en football. Nos espérances sont encore intactes. Mais on peut garder une lueur d’espoir. Vivement que les choses changent et que le Bénin rayonne par le sport à l’international ».

 Richard Assah, président de la Fédération béninoise de triathlon :« La construction des infrastructures sportives est aussi un gros défi »

« Le sport scolaire a fait son chemin, car son organisation est très dynamique avec les structures à chaque niveau… lycées et collèges. Mais les classes sportives créées par le gouvernement sont une très bonne initiative pour rendre le pays sportif, même si le projet peine à démarrer, car les parties prenantes à savoir le ministère de l’Enseignement secondaire, les mairies, et les chefs d’établissement continuent de réclamer le contenu du projet. La construction des infrastructures sportives est aussi un gros défi que le gouvernement doit relever ».

  Colonel Roland Kouton, président de la Fédération béninoise de scrabble : «nous sommes passés de sport de loisirs au sport d’élite » 

 « Par rapport au scrabble, je suis très satisfait de la gestion faite par le régime du Nouveau départ pour la simple raison qu’à son arrivée, dès la première année, notre subvention a été multipliée par deux. Elle plafonnait 10 millions de FCfa depuis des années et nous sommes passés à 20millions cette année. Même si cette augmentation est transversale, ladite subvention est passée à 25 millions de FCfa et le ministre a promis de tenir compte dorénavant des performances réalisées par chaque Fédération. Mais pas sans savoir que nous étions champions du monde en 2014 et que nonobstant cela en 2015, rien n’a été fait par rapport à l’augmentation de notre subvention et que nous étions toujours considérés comme un sport de loisirs. Depuis l’arrivée du ministre Homéky, nous sommes passés de sport de loisirs au sport d’élite. Nos subventions connaissent une progression constante avec des promesses de bonification en fonction de nos performances. Mes joueurs viennent de rentrer des 3èmes Championnats d’Afrique de scrabble à Bamako auréolés de 5 médailles dont trois d’or et deux d’argent. Nous avons fini comme nation championne d’Afrique et nous espérons donc que les prochaines subventions seront plus conséquentes. Voilà mes impressions pour résumer. Globalement elles soient positives ».

 Laurent Houngnibo, acteur du football : « Il y a de splendides ambitions »

 « Il y a de splendides ambitions, de beaux projets mais tout ça reste perfectible. La plus grande réalisation est la régularité dans les subventions. Sur ce plan, nous pouvons adresser un satisfecit au gouvernement et souhaiter que les montants s’améliorent. Par rapport aux réformes relatives à la relance du sport à la base, les classes sportives sont une bonne initiative dont la mise en œuvre permettra de corriger les imperfections. Il faut poursuivre les réflexions pour son amélioration. Pour la gestion de la crise du football, on attend juillet pour mesurer de façon concrète la méthode du gouvernement. En résumé, nous pouvons noter qu’en deux ans, il y a eu beaucoup d’avancées sur le plan sportif si nous nous comparons à ce qui se faisait dans un passé récent, mais ces avancées restent à être confirmées par des résultats concrets ».

 Marwane Salou, chargé de communication du Conseil national des supporters du Bénin : « Un nouveau dynamisme est en train d’être insufflé au sport »

 « Depuis deux ans, vous devez lire et voir avec beaucoup de plaisir ce qui se fait au niveau du sport béninois en général. Il y a un nouveau dynamisme qui est en train d’être insufflé au sport. La preuve est que, de mémoire d’homme, il n’y a jamais eu de subventions à la hauteur de ce que nous sommes en train de constater depuis deux ans. Avant, les subventions ne venaient pas à temps. Elles étaient d’un montant vraiment pas significatif. Aujourd’hui, en l’espace de 10 mois, l’Etat béninois a donné plus d’un milliard aux Fédérations sportives, excepté le football. Si vous faites le point de ce que le football a coûté à l’Etat en 2 ans, je ne crois pas qu’il ait coûté cela en cinq ans. Donc, il y a une volonté manifeste au sommet de l’Etat par rapport au sport en général. Ce n’est pas anodin que nous soyons en train de noter par-ci par-là des résultats liés à la participation répétée de nos équipes nationales dans différentes compétitions sous-régionales, régionales, et continentales. C’est la preuve qu’il y a une grande volonté au sommet de l’Etat. Et cette grande volonté est accompagnée et mise en exécution par un homme de vision, qui est passionné du sport. Vous voyez la Fédération béninoise de handball, la Fédération béninoise de sport boule, la Fédération béninoise de roller, la Fédération béninoise de boxe… ont commencé par faire parler du Bénin. Il n’y a pas longtemps, la Fédération de basket-ball a participé au tournoi régional de qualification au niveau de la Fima. Donc, il y a de la volonté, il y a de l’ambition, un canevas, un chemin tracé. Il va falloir que chacun de nous puisse mettre la main dedans pour contribuer à faire que le résultat soit au rendez-vous ».