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Eugène Azatassou, coordonnateur national des Fcbe
Eugène Azatassou, coordonnateur national des Fcbe

Les Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) viennent de jeter leurs masques. L’entretien que la coordination nationale a eu avec la presse, mercredi 17 août au Palais des congrès de Cotonou est la preuve irréfutable que ce groupe, qui soutenait les actions du régime défunt, est désormais de l’opposition.

Il a fallu quatre mois de gouvernance pour que les Fcbe et alliés se prononcent sur la gestion du chef de l’Etat, Patrice Talon. « Regards croisés sur la gouvernance de la Rupture ». C’est à travers ce thème que les barons des Fcbe  et alliés ont donné de la voix. Amos Elègbè, ancien conseiller politique de Yayi Boni durant ces dix dernières années, Barthélemy Kassa, Valentin Djènontin, Gustave Sonon, Paul Hounkpè etc. ont critiqué la gestion actuelle du pouvoir. Lors des échanges avec la presse, Amos Elègbè a tôt fait de clarifier que le groupe n’est pas contre le régime de Talon. « Lorsque quelqu’un s’installe au pouvoir, on lui laisse le temps de respirer… Nous ne sommes pas encore de l’opposition… Nous sommes une force et nous allons le prouver », a-t-il laissé entendre. Cette première sortie officielle des Forces cauris pour un Bénin émergent, après le conclave des députés de ce même groupe à Grand-Popo, explique clairement la position des caciques de l’ancien régime qui n’entendent plus observer un mutisme face à l’actualité. Le ton critique des  différents discours qui ont été tenus par les uns et les autres lors de cette conférence de presse l’illustre à merveille. Dans ses propos liminaires, le coordonnateur des Fcbe et alliés, Eugène Azatassou, affirme : « Pour avoir été proche du régime précédent pendant dix ans, nous savons que gouverner un pays n’est pas aisé. C’est pour cela que nous avons laissé les nouveaux dirigeants prendre leurs marques au lieu de les harceler dès le départ. Mais des faits persistants montrent que si on n’y prend garde, le Bénin pourrait être conduit à la détérioration du climat socio-économique et à la dictature.Toutes choses qui sont peu favorables au progrès ». A en croire la coordination Fcbe, quatre mois suffisent largement pour tirer à boulets rouges sur le régime en place. Et pourtant des spécialistes en matière de gouvernance estiment qu’à l’heure actuelle, il est  trop tôt pour conclure que la gestion du pays ne rassure pas. « Le nouveau régime a promis des réformes structurelles, mais de telles réformes prennent du temps à s’effectuer et à porter leurs fruits », argumentent les experts en gouvernance et développement. Visiblement, les Fcbe sont dans la logique de paraître pour ne pas subir le même sort que l’Union pour le Bénin du futur (Ubf) qui a été enterrée au lendemain du départ du président feu Général Mathieu Kérékou en 2006. C’est ce qui explique cette panique dans leur rang.

De l’inconséquence et du volte face

Après le temps de latence observé au lendemain du 6 avril 2016, les partisans de l’ancien chef de l’Etat, Yayi Boni, notamment 29 députés Fcbe ont initié une retraite parlementaire le mercredi 20 juillet 2016 à l’Hôtel Bel Azur de Grand-Popo. Une rencontre qui a permis à André Okounlola et ses collègues d‘affirmer leur soutien au chantre de la Rupture. Un comportement que des Béninois ont qualifié d’appel de pied aux nouveaux maîtres de la République. D’après certaines sources, des membres de la coordination Fcbe ont   tenté, dans la foulée, de prendre le train du Nouveau départ, mais  sans succès. D’où la nécessité de coordonner les actions pour contrer l’Exécutif. Il avait été demandé au député  Nouhoum  Bida de faire le bilan des cent jours de gestion sur une Radio de la place et il a répondu : « … Nous ne sommes pas de l’opposition encore moins  de la mouvance. Nous sommes des observateurs politiques. Et c’est possible que dans les jours à venir, nous ayons un partenariat politique stratégique avec le régime. Parce que nous sommes des représentants du peuple ». Moins d’un mois après ce conclave, nous voici en présence d’un bloc composé des mêmes acteurs du conclave de Grand-Popo et de leurs alliés  qui estiment qu’il est temps qu’ils se prononcent sur la gestion actuelle. Cela s’appelle aller à la fois à gauche et à droite. A regarder de près, la coalition Fcbe et alliés sont téléguidés par une main invisible qui refuse de lâcher prise après avoir allumé tous les conflits dans le pays. Pour se donner du grain à moudre,  le coordonnateur Eugène Azatassou dénonce ce qu’il qualifie : d’« acharnement contre la vision qui a prévalu de 2006 à 2016 … avec certainement des imperfections qu’il faudra cerner et corriger dans la transparence et l’équité ». La coalition reconnait explicitement qu’il y a des erreurs par le passé et estime qu’elles doivent être corrigées. C’est ce que fait le régime en place.

La dent dure contre le régime

Dans le même temps, cette coordination a la dent dure contre le même régime après quatre mois de gestion. « Nous ne faisons point d’illusions. L’orientation politique, économique et sociale du pouvoir du Nouveau départ est lourde de conséquences néfastes pour le pays et va appauvrir davantage nos populations », déclare Eugène Azatassou qui, s’inquiète pour l’avenir en évoquant des thèmes comme « conséquences néfastes ». Pendant que le régime auquel il a appartenu pillait le pays, on ne l’a pas entendu parler ainsi ; il n’a été que l’ombre de lui-même. Aujourd’hui où tout le monde est d’avis qu’il faut sauver le Bénin de l’incurie des yayistes, il trouve que les décisions prises par le Nouveau départ sont susceptibles de conséquences néfastes. C’est de l’acharnement et de l’inconséquence. Conclusion, Fcbe et alliés sont dans la dynamique de justifier les errements du régime précédent et la seule option pour ces derniers est de diaboliser les nouvelles autorités.

Marcus Koudjènoumè