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Djènontin et Elègbè
Valentin Djènontin et Amos Elègbè dans la logique d’une opposition

Meurtries par leur défaite à l’élection présidentielle de     2016, les Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) peinent à retrouver leurs marques. Leur cœur balance entre l’opposition et la mouvance. De  contradictions en contradictions, elles affichent une position ambigüe face à la Rupture.

Pêle-mêle, députés à l’Assemblée nationale, anciens ministres, anciens conseillers à la présidence et de nouvelles recrues se donnent le loisir de se lancer dans un exercice pour lequel ils ne s’étaient pas préparés. Faire le job de l’opposition n’est pas un exercice facile auquel on s’adonne après avoir cherché en vain à confisquer le pouvoir. Ceci est  d’autant plus difficile, surtout pour ceux-là, ces hommes et femmes se réclamant de groupes hétéroclites, dont la vocation sous l’ancien régime était de profiter du pouvoir pour s’enrichir et sans aucun mérite. Du jour au lendemain, ils ont perdu privilège et avantages, acquis de façon malhonnête, et les voilà, du moins certains d’entre eux , dans le rôle d’opposant. Quatre mois après avoir quitté les affaires, les Fcbe et alliés, hier parents riches de la République ayant fait fortune auprès de leur leader Yayi Boni, et faisant étalage de leurs richesses au nez et à la barbe des parents pauvres, détournant les deniers publics sans crainte d’être rattrapés par leur passé, on les voit multiplier les sorties médiatiques et les prises de position. Invités des plateaux télé et radio, à des conclaves ou réunions à Grand-Popo, Cotonou, Parakou…. instigateurs de l’activisme contre la Rupture sur les réseaux sociaux,  ouvriers et barons de l’ancien régime tentent de reprendre du poil de la bête en jetant leurs regards sur la gouvernance actuelle. Regards critiques, note-t-on chez certains, pendant que d’autres sont d’avis contraire ou estiment qu’il n’est pas opportun de prendre position. C’est la piteuse image qu’offrent les Fcbe et leurs alliés. Prétendant animer une opposition constructive, Benoît Dègla est en contradiction avec André Okounlola, Barthélémy Kassa et autres qui ont tenu un discours contraire  lors de leur conclave de Grand Popo en date du 20 juillet 2016. Se réclamant de l’intergroupe des députés baptisés les Républicains, ils se sont montrés disponibles à soutenir les actions du régime si celles-ci vont dans l’intérêt supérieur du peuple. Quelques jours plus tard, c’est le député Essou Pascal, reçu sur le plateau de la télévision Canal3, qui montre que l’alliance est dans la logique d’accompagner la Rupture. C’est compter sans le volte-face que cette même alliance remobilisée autour de Amos Elègbè, Valentin Djènontin, Barthélémy Kassa, Paul Hounkpè et d’autres a affiché le 17 août 2016 au palais des congrès, en envoyant des piques aux nouvelles autorités et dénonçant leur gouvernance. Cela montre que les Fcbe n’ont pas de ligne et chacun défend sa position.  Comment comprendre aujourd’hui, cette rupture brutale avec les premières prises de position ? Face aux critiques formulées aujourd’hui, le peuple affiche une certaine méfiance, tout en gardant à l’esprit qu’il est vrai que tout ne va pas encore pour le mieux sous la Rupture. Cependant, l’opinion estime que ce ne  sont pas les Fcbe et leurs alliés qui critiqueront la gouvernance en cours. Il vaut mieux qu’ils parlent des scandales accumulés, de même que les malversations commises en leur temps.   C’est curieux de se rendre compte que c’est au moment où certains dossiers de malversations sont mis à la lumière qu’ils changent de discours à l’égard du régime en place. Tout cela a pour but de détourner l’attention du peuple de ces affaires qui éclaboussent certains privilégiés du régime défunt qui voient l’étau se resserrer contre eux.  La naissance dans la foulée du Parti pour la libération du peuple (Plp), pour donner un coup de pouce aux Fcbe opposants, a donné encore plus d’arguments à ceux qui soutiennent que ce sont des manœuvres pour occuper le gouvernement de Patrice Talon à faire autre chose que de fouiller dans leur passé.

F.N