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Le nouveau secrétaire de la Csa-Bénin, Anselme Amoussou dévoile ses ambitions

24 heures après son élection pour succéder à Dieudonné Lokossou à la tête de la Confédération syndicale des travailleurs du Bénin (Csa-Bénin), le nouveau Secrétaire général dévoile ses ambitions. Au micro de la radio des défis, Océan Fm, le nouvel homme fort de la Csa-Bénin donne la priorité à l’éducation ouvrière et à la formation des militants. Lire son intervention.  

Océan Fm : Qui est Anselme Amoussou ?

J’ai été Secrétaire général adjoint (Sga) dans le bureau dirigé par le désormais ex-Sg Dieudonné Lokossou. Cela voudra dire qu’avant de parvenir à ce sacre, j’ai d’abord été président de Fédération des institutions au sein de la Csa-Bénin. C’est donc une maison que je connais un peu pour avoir été au cœur de son fonctionnement, pour avoir vu le camarade Lokossou géré. Je crois avoir appris de ses échecs et de ses succès, puisque j’ai participé à tout cela et que nous avons pu mettre en place une équipe bien équilibrée, bien expérimentée. Notre plus grand souhait aujourd’hui, c’est de faire en sorte que la mission que les travailleurs nous ont confiée soit accomplie pour le bonheur de tous les travailleurs.

Vous venez d’être porté à la tête de la Confédération des syndicats autonomes du Bénin (Csa-Bénin). Quels sont les défis à relever dans l’urgence ?

Le chantier pour la Confédération des Syndicats Autonomes du Bénin, c’est d’abord et avant tout l’éducation ouvrière et la formation des militants. Dans un passé récent, nous étions la Confédération championne en terme de formation de ses membres. Nous devons donc absolument reprendre ce flambeau là, parce que nous savons que les problèmes qui sont les nôtres aujourd’hui en matière de syndicalisme au Bénin sont dus, pour l’essentiel, au manque de formation des responsables. On ne s’improvise pas responsable syndical. Il n’y a pas de génération spontanée. Il faut apprendre par étape.

Donc, la première chose, c’est d’avoir un projet de formation en bonne et due forme avec des étapes, avec un parcours plus ou moins long qui permet aux gens de faire le niveau 1 et 2 et de constituer pour la Confédération un vivier de formateurs qui sauront donc éventuellement prendre le relais à l’intérieur du pays.

Le deuxième chantier concerne le fonctionnement même de la Confédération. Vous savez, nous parlons de Confédération, mais nous avons le reflexe de fonctionner comme un syndicat de base. Quand il s’agit des problèmes, tous les militants préfèrent s’adresser directement au Bureau exécutif national. C’est parce que nous ne sommes pas tellement efficaces comme nous l’aurions souhaité en termes de réponses aux préoccupations des travailleurs. Il s’agit aujourd’hui alors de rendre plus ou moins autonomes toutes les fédérations et tous les organes techniques pour leur donner un peu de moyens afin de leur permettre de jouer véritablement leurs rôles de couloir de transmission entre les militants à la base, entre les syndicats de base et le Bureau exécutif national de la Confédération.

Ensuite, nous devons savoir qu’aujourd’hui, la plupart des travailleurs sont des jeunes. Donc, nous devons avoir une réponse correcte relativement aux problèmes de la jeunesse. De ce point de vue, nous avons un projet qui nous permet de présenter la Confédération comme étant une réponse éventuelle à la préoccupation des travailleurs dès qu’ils commencent à travailler, donc dès le plus jeune âge. Le problème des femmes également. Nous avons le problème de l’informel. Nous devons trouver la réponse qu’il faut pour que les travailleurs de l’informel cessent d’être considérés comme des citoyens apatrides qui refusent de payer les impôts. Il s’agit donc que la Confédération se mette ensemble avec d’autres pour obliger le gouvernement à enclencher le processus de formalisation de l’économie informelle. Autant de chantiers que nous avons envie de mettre en œuvre pour que la Confédération devienne la première Confédération sur l’échiquier syndical national et en étant plus utile et plus proches des travailleurs. Donc, retrouver la fonction syndicale, retrouver la confiance des travailleurs, des militants, de l’opinion publique pour devenir des forces de propositions alternatives crédibles aux yeux du gouvernement. C’est de cela seulement que nous pourrons avoir un dialogue social efficace et franc pour que le gouvernement cesse de nous considérer comme les ‘’empêcheurs de gouverner’’ et évite de nous associer au dialogue social et aux réformes qui ont cours actuellement dans le pays.

Propos recueillis par Rachida Houssou