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L'Un soutien
Antoine Idji Kolawolé relativise son soutien à l’exécutif

Mesdames, Messieurs,

Chers amis de la Presse,

Merci d’être venus à cet entretien que nous consacrons à un dossier d’une actualité encore brûlante : le dossier relatif à l’Education nationale, et plus spécialement à la Nouvelle carte universitaire de notre pays. L’annonce par le gouvernement de cette Nouvelle Carte universitaire a suscité les passions que vous savez, les déclarations fortes que vous avez enregistrées et les divers regroupements que vous avez observés à l’Assemblée nationale.

Au Bénin peut-être plus qu’ailleurs, l’Education nationale est une question centrale pour notre développement socio-économique, l’un des piliers essentiels pour  tout progrès, un atout majeur pour le développement et le rayonnement du Bénin, un facteur décisif pour la cohésion nationale.

Ces considérations nous interdisent de traiter la question de l’Education nationale, en tout et en chacun de ses aspects, dans une approche aventureuse régionaliste ou avec des objectifs étroitement électoralistes.

Au cours des années passées, l’Un s’est prononcée à plusieurs reprises sur la question pour dénoncer les politiques condamnables du pouvoir d’alors et chaque fois qu’elle l’a fait, elle a suscité les foudres du président Yayi  Boni et de plusieurs responsables Fcbe. L’Un a suscité la réprobation du Vice-Premier ministre chargé de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, le Professeur François Abiola. Les déclarations péremptoires du Professeur Abiola et son acharnement en faveur de l’élection des Centres universitaires résonnent encore dans nos oreilles.

A l’occasion des journées de l’Union, les 26, 27 et 28 juillet 2012, nous avons proposé de « rénover le système politique pour mieux gérer le Bénin ». Dans notre proposition n°5, l’Un s’était élevée clairement contre l’esprit outrageusement régionaliste et les politiques aventureuses qui caractérisent alors la gestion de l’Enseignement et du monde des enseignants et l’érection tous azimuts des centres universitaires.

C’est cette position de principe que l’Un a toujours soutenue, position fondamentalement patriotique qui inspire aujourd’hui les décisions du gouvernement de la Rupture.

Cette position soutenue et défendue par l’Un est aujourd’hui celle de la Rupture ou du programme du Nouveau départ dans l’Education nationale.

C’est cette position qu’il s’agit de construire et de mettre en œuvre avec les principaux acteurs dans le secteur et d’expliquer en toute responsabilité aux populations concernées et à l’ensemble de l’opinion publique nationale.

Le président Amoussou  et moi-même, nous étions en voyage à l’étranger lorsque le débat sur la carte universitaire s’est animé à l’hémicycle, à l’occasion de la discussion d’un projet de loi portant autorisation de ratification de deux accords de prêt pour les universités d’Abomey et de Kétou.

J’ai suivi de loin, à cette occasion, les émotions soulevées et les déclarations à la tribune de l’Assemblée nationale, d’abord d’un regroupement d’élus des départements du plateau et de l’Ouémé, et celles par la suite des députés Fcbe et alliés, au nombre disent-ils, de 45 députés. Et jusqu’à ce jour, la mobilisation à propos de ce dossier ne faiblit pas. Cette mobilisation implique des acteurs soutenant le gouvernement de la Rupture et des acteurs qui le combattent plus ou moins ouvertement. C’est pourquoi, ces initiatives méritent d’être analysées  et replacées dans le contexte de la Rupture pour un Nouveau départ qui seul peut remettre notre pays sur les rails et arrêter sa descente aux enfers propulsée vertigineusement par le régime défunt de l’Emergence et de la Refondation.

La décision du gouvernement actuel vise à rationnaliser la carte universitaire pour bâtir ou consolider plus efficacement l’université d’Abomey-Calavi, l’Université de Parakou, l’Université thématique d’Abomey et une Université nationale d’Agriculture à Porto-Novo. Cette démarche du gouvernement a manqué un peu de pédagogie à notre avis. Ainsi, comme un seul homme, Porto Novo s’est levée contre cette décision, parce que Porto-Novo exige d’être enfin reconnue et traitée comme la Capitale qu’elle demeure constitutionnellement, et qui mérite bien une université pluridisciplinaire et d’abriter l’ensemble des institutions républicaines.

Comme un seul homme, Kétou s’est levée, appuyée par tout le département du Plateau, pour exiger le maintien de ce qui lui a été donné et qu’il considère comme un acquis irréversible. Acquis présenté d’ailleurs comme un bienfait personnel du Docteur Yayi Boni.

Comme un seul homme, les Fcbe se sont levées pour défendre leur bilan et faire l’apologie de la politique du président Yayi en matière d’Education nationale et donc, la politique du régionalisme et des « Centres universitaires ».

Convergence donc activement animée et soutenue entre les élus et d’autres responsables des départements de l’Ouémé et du Plateau et les Forces toujours vivantes des cauris pour un Bénin émergent. Qui peut se réjouir d’une telle convergence ? Qui ne voit pas où l’on veut nous conduire ?

Personnellement, en tant que Député de la Nation œuvrant au Parlement et dans le pays pour le succès de la Rupture, je demande au gouvernement d’avoir plus de pédagogie, à l’exemple de ce que le chef de l’Etat a fait dans le cadre de la mise en marche effective de la nouvelle carte de l’administration territoriale.

La politique des Centres universitaires est une tentative d’assassinat de l’Education nationale, de la jeunesse de notre pays et de l’Unité nationale.

Il est clair que le Bénin n’a pas les moyens d’une université ou même de centres universitaires dans chacun de nos douze départements, encore moins dans chacune de nos Communes.