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Selon Fousséni Gomina, le gouvernement a fait un choix éclairé

Le gouvernement ne s’est pas trompé en confiant la gestion du Port de Cotonou au Port of Antwerp international (Pai) lors du Conseil des ministres du 22 décembre 2017. De passage au Bénin, l’expert maritime et portuaire, Fousséini Gomina, a opiné hier lundi 19 février 2018 à son domicile à Cotonou, sur le choix gouvernemental. Pour l’ingénieur en planification des transports et management logistique, le dévolu jeté sur le mandataire délégué Pai est une bonne approche qui sera utile aussi bien pour le gouvernement actuel que pour le futur.

Le management de transition choisi par le gouvernement pour moderniser le Port de Cotonou respecte les normes internationales.Beaucoup de Ports des pays de la sous-région et du monde comme Lomé, Accra etc. ont eu recours à cette approche managériale pour optimiser les performances de leurs Ports. En bon compatriote, l’expert maritime et portuaire Fousséni Gomina a apprécié la réforme engagée par le gouvernement dans le secteur portuaire en choisissant le Port international d’Anvers (Pai) pour moderniser le Port de Cotonou. Selon l’ingénieur, plusieurs critères ont milité en faveur du Port d’Anvers contrairement aux Ports chinois et à d’autres Ports européens. En effet, non seulement le Port international d’Anvers est le 2ème Port européen après celui de Rotterdam, mais aussi il est plus proche du Bénin et favorable au plan linguistique. « On ne peut pas choisir la Chine et la Hollande à cause de la barrière linguistique et de la distance. Si vous prenez un coach qui parle une langue que vous ne comprenez pas, il vous sera difficile de mettre en œuvre les réformes », a-t-il indiqué. Et d’ajouter « que si le gouvernement sollicitait l’expertise du Port de Rotterdam,le Bénin n’aura pas à beaucoup gagner parce que cela ne répond pas aux réalités socioculturelles du pays ». L’autre précision apportée au cours du point de presse animé par l’enseignant des universités, est la sollicitation de l’expertise du Port d’Anvers par de grands pays. D’après Fousséni Gomina, le coaching du Port international d’Anvers est très sollicité par l’Inde qui compte 20 Ports sur sa façade maritime. Le Bénin a donc décidé d’emboîter le pas à cette puissance en devenir pour développer son Port qui traite actuellement 10 à 12 millions de tonnes (Mt) de fret par an.

 Anvers, le meilleur choix

 En plus des raisons sus évoquées par le conférencier pour justifier le choix du mandataire délégué, le gouvernement a tenu compte d’autres paramètres. En effet, le Port international d’Anvers,fait aussi partie des rares plateformes portuaires à avoir survécu aux tempêtes politiques de leurs pays. Pour rappel, la Belgique est restée sans gouvernement pendant 2 années. « Malgré la crise, le Pai n’a jamais chuté. Au contraire, le Pai a donné les preuves que lorsqu’un Port est géré de façon professionnelle avec des compétences bien définies, on peut atteindre les objectifs sans pour autant subir les affres de la situation sociopolitique », a-t-il confié. L’autre élément qui selon Fousséni Gomina, a milité au choix de ce Port, est indiscutablement le côtoiement des plus grands armateurs au monde tels que Cma-Cgm, Msc et Maersk.La plateforme portuaire d’Anvers fait partie également des rares Ports à avoir mis en compétition au niveau des conteneurs, plusieurs opérateurs de terminaux dans le monde. « Dans le top 5 des meilleurs opérateurs de terminaux, Anvers retient 4 dans son escarcelle », a-t-il révélé. Une autre spécificité du Port d’Anvers relevée est qu’il est présent dans tous les Ports ouest-africains dont celui de Cotonou ; ce qui veut dire qu’il entretient déjà de bonnes relations avec le Bénin et connaît bien son Port.Anvers dispose par ailleurs d’un des plus grands centres de formation professionnelle dans la gouvernance et la gestion des Ports (Apec) référencé par l’Organisation maritime internationale.

 Pourquoi pas un Port français ?

 Le Bénin n’a pas pris un Port français pour plusieurs raisons. La principale, selon l’expert, est que les Ports français souffrent des mêmes maux que les Ports africains. Tout en relativisant, l’ancien président de l’Union nationale des étudiants du Bénin (Uneb), a souligné que la technologie existe en France mais ce qui plombe ses Ports, ce sont les grèves. D’après les études qu’il a récemment réalisées lui-même, les Ports français observent 58 jours de grève par an. Ce qui n’est pas de nature à encourager les armateurs qui perdent plus d’un milliard de FCfa par an. « On peut apprendre des Ports français en les prenant comme des coachs et non comme des mandataires délégués », a-t-il expliqué.

 SA