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brume
Une brume

Les populations des départements de l’Atacora et de la Donga traversent depuis vendredi 20 mars 2015 et à l’instar des autres localités du pays, un phénomène très inquiétant. Une brume épaisse chargée de lourde poussière a envahi toutes les 13 communes de ces deux départements. Le phénomène qui a démarré au même moment que l’éclipse solaire observé dans une région de l’Europe ne reste pas sans menace sur la santé des populations.

Le phénomène observé tôt le vendredi passé est inhabituel et crée toujours la panique au sein des populations des départements de l’Atacora et de la Donga. Au commencement, certaines personnes ont pensé à l’éclipse solaire. Mais erreur. Le phénomène est resté menaçant et perturbe le quotidien des populations qui l’observent et retiennent leur souffle. Par contre pour d’autres personnes spécialistes de l’environnement, il s’agit d’une brume communément appelée brouillard qui intervient très souvent dans le cadre des changements climatiques. Mais à la différence remarquable de cette dernière hypothèse, cette brume observée est chargée d’une lourde poussière qui empêche une vision claire et nette des motocyclistes et automobilistes en pleine circulation routière, contraints d’allumer les phares de leurs engins. Elle assombrit, les journées faisant disparaître complètement le soleil. Le constat également, c’est que ce brouillard n’est pas accompagné de vent et donc augmente l’intensité de la chaleur qui était déjà vivace. Selon les explications du Directeur départemental de l’environnement, chargé de la gestion des changements climatiques de l’Atacora et de la Donga, ce phénomène est difficilement explicable en raison de la présence de cette épaisse poussière que contient la brume. Selon Justin Nata, le phénomène auquel assistent les populations est peut-être annonciateur de premières pluies qui ne tarderont plus à venir. Pour ce spécialiste des questions environnementales, cette brume arrive très souvent avec l’harmattan, un vent froid et sec qui, ajoute-t-il, souffle du Nord-est au Sud-ouest. Ce vent, affirme Nata, traverse le désert et se charge de poussière, de façon naturelle, il s’appauvrit en eau et devient libre. Cette poussière appelée brume sèche peut être ou pas épaisse. Il n’a donc pas manqué d’appeler les populations au calme et donc à ne pas paniquer. Toutefois, il indique que ce phénomène doit interpeller tout un chacun par rapport à leurs comportements néfastes face à la nature. Il a déploré le fait que pour des besoins agricoles et de façon globale pour des besoins économiques, certaines populations coupent trop d’arbres qu’elles n’en implantent et continuent de faire des feux de brousse qui rendent les sols presque aride. Tout ceci, dit-il, concourt à l’appauvrissement du couvert végétal qui va occasionner une progression beaucoup plus rapide des courants d’air au-dessus du Sahara. Pour lui, l’observation de ce phénomène est un signal fort que la nature est en train de lancer aux populations parce qu’elle n’est pas protégée. Il en appelle à une prise de conscience des populations, afin qu’elles prennent de façon individuelle et collective des dispositions pour pouvoir remédier à cette situation. Agriculteurs, forestiers, bureaucrates, artisans et toutes autres personnes ont un rôle à jouer, celui de planter un arbre, de sauvegarder la végétation et bien d’autres actes nécessaires.