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Adrien-Houngbédji-1050x600Tout le monde s’attendait à l’intervention du président Adrien Houngbédji au lendemain des actes de vandalisme post-électoraux. Fidèle au tempérament qui le caractérise, Me Adrien Houngbédji, s’entretenant avec les élus et militants du Parti du renouveau démocratique (Prd), au grand étonnement, a joué la carte de l’apaisement. Ce faisant, son attitude de leader politique tranche avec celle du tyran de Tchaourou, Yayi Boni, qui tient publiquement des propos va-t-en-guerre.

Adrien Houngbédji montre une fois encore sa classe d’homme de paix. L’auteur de « Il n’y a de richesse que d’homme » refuse qu’une personnalité « marche sur soncorps ». Au cours de rencontres avec les militants de son parti qui occupent différents postes de responsabilités dans les administrations publiques et dans les collectivités déconcentrées, Adrien Houngbédji a prêché la paix et la tolérance. En plus de prôner la paix, le président de l’Assemblée nationale privilégie la légalité plutôt que le désordre. Au surplus de cette prise de position pacifiste, le leader du Parti arc-en-ciel qui a régné en maître pendant longtemps sur les départements de l’Ouémé et du Plateau avant de se limiter sur les 15ème, 19ème et 20ème circonscriptions électorales a expressément demandé aux membres du Prd de soutenir l’installation des membres de la 8ème législature. Adrien Houngbédji, faut-il le rappeler, est un homme de droit qui ne pose les actes que conformément aux lois de la République. Adrien Houngbédji a participé à toutes les élections présidentielles, législatives et municipales. Les Béninois se souviennent qu’à sa dernière tentative au regard de la Constitution, il s’était auto proclamé président de la République en 2011 quand les institutions de la République ont plutôt proclamé Yayi Boni élu par un retentissant KO historique. Malgré cela, Houngbédji n’avait pas appelé ses militants à la révolte. Pour contenir d’ailleurs d’éventuels mouvements de vandalisme, Yayi avait fait positionner des chars dans des villes et quartiers susceptibles d’animer des foyers de tension, notamment au quartier Adjina à Porto-Novo. Houngbédji était coi. Face aux difficultés pour les partis de l’opposition de prendre part aux législatives du 28 avril 2019, le Prd a subi le même sort. Son leader a même subi une sorte d’humiliation en prenant part à une rencontre des présidents d’institution au terme de laquelle, il a été décidé que la Commission électorale nationale autonome (Céna) poursuive le processus électoral, sans le Prd. Malgré cela, le discours de Me Adrien Houngbédji n’était pas celui du guerrier. Si les hommes d’Etat, qu’ils aient eu l’opportunité ou non d’assumer les plus hautes fonctions de la République, se définissent sous le prisme des comportements en faveur de la paix, Adrien Houngbédji est alors un homme d’Etat. Lui qui a eu la chance par 3 fois de conduire les destinés du Parlement béninois et qui de fait a été trois fois la deuxième personnalité de l’Etat a fini de prouver comment il aime son pays, sa nation.

 

L’animal politique YayiBoni-Yayi_Old1

 

Yayi Boni peut avoir l’orgueil d’avoir tenté de ‘’tuer’’ tous les anciens politiciens qui l’ont précédé dans l’arène politique. De ce point de vue, il fut pendant les 10 ansde sa gouvernance un animal redoutable, tant la vieille classe politique n’avait pas envisagé son intrusion sur le champ politique. Cela avait fait dire à Adrien Houngbédji, face à l’irréversible candidature de Yayi « qu’il n’y a pas de génération spontanée en politique ». Le mérite aura été pour Yayi Boni de réussir ce coup majeur dans la politique. Mais sa gouvernance caractérisée par la clochardisation, la banalisation et la désacralisation du pouvoir, la médiocrité dans la gestion, la corruption galopante, le népotisme érigé en mode de gouvernance, le régionalisme etc a pendant son règne attisé des foyers de tensions sociales. Si tous ces faits répréhensibles étaient imputables à la gestion d’une« Haute autorité » qui a ses qualités et ses défauts, il reste, que fondamentalement, Yayi Boni n’est pas un homme de paix. En effet, il est loisible de constater que comme, les Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) de Yayi Boni, ni l’Union sociale libérale de l’homme d’affaires Sébastien Ajavon, ni le Prd de Me Adrien Houngbédji, ni l’Union pour le développement d’un Bénin nouveau (Udbn) de Claudine Prudencio, ni la Dynamique unitaire pour le développement de Valentin Houdé, pour ne citer que ces partis, qui se réclament de l’opposition n’ont pris part aux législatives dernières. Curieusement, l’ancien président Yayi Boni est le seul qui s’arroge le statut d’opposant en posant des actes ignobles. Il fait feu de tout bois, appelant à la rébellion et à l’insurrection, toutes choses qu’il avait lui-même dénoncées et combattues quand il exerçait les fonctions de président de la République. Il démontre clairement par son comportement aux antipodes du pacifisme, comment l’assassin n’aime pas qu’on approche l’arme de son cou.

 

Bilan à charge

 

Les évènements survenus pendant et après le vote du 28 avril 2019 établissent d’une manière suffisante la responsabilité de Yayi Boni dans les actes de vandalisme.Des urnes saccagées, des maisons de personnalités ainsi de des biens matériels tels que des véhicules consumés et réduits en cendres, des affrontements sanglants, des pertes en vies humaines…, le bilan est lourd. Le moins qu’on puisse dire, c’est que tous actes insensés ont été orchestrés dans des régions considérées comme les fiefs électoraux des Fcbe dont Yayi Boni est le leader charismatique. En dehors de Bantè chez son ancien ministre des finances, Komi Koutché, les bilans les plus lourds ont été enregistrés essentiellement chez Yayi Boni à Tchaourou et dans la grande métropole du septentrion à Parakou où Yayi Boni a érigé une résidence à la dimension de son statut social. A Tchaourou, ce qui retient le plus, c’est l’incendie du domicile et de six voitures appartenant à l’un de ses cousins, Adam Badougou, ancien intendant de la présidence de la République sous Yayi Boni. La victimeconnaît ce sort parce qu’elle a choisi de militer au sein du Bloc républicain, l’un des partis soutenant l’action gouvernementale. Ce degré d’animosité qui ne reconnaît plus la famille africaine, relève des beaux-arts.A Parakou, ville où Yayi Boni s’identifie par ailleurs, beaucoup de turbulences ont été observées. Loin des analyses qui imputent de manière péremptoire la responsabilité des faits répréhensibles à la personne de Yayi Boni, ce sont ses propos durant tout le processus électoral qui plaident à l’établissement d’un réquisitoire qui le condamne en tant qu’instigateur. Comme si cela ne suffisait pas, il a ameuté des partisans acquis à sa cause au motif que l’exécutif tentait de l’arrêter. Cette fausse alerte a mis à feu et à sang la ville de Cotonou le 1er mai 2019. Mais la puissance publique a su contenir les velléités des manifestantset ramener la quiétude dans la capitale économique.

 

Différence

Yayi-Houngbédji

 

Les faits parlent d’eux-mêmes. Entre Yayi Boni le revanchard, qui appelle à la désobéissance et Adrien Houngbédji qui appelle au calme tout en ruminant sa colère, il n’y a pas de comparaison. Le statut social de Me Adrien Houngbédji tout comme celui de Yayi Boni et au subsidiaire de Nicéphore Soglo leur recommande de se comporter en toute circonstance en hommes d’Etat. En cela, la première qualité qui est reconnu aux grands hommes, c’est leur penchant pour la paix sociale. Adrien Houngbédji en apaisant ses concitoyens a posé certes un acte banale, mais historique. Il s’inscrit dans la conviction des pères fondateurs de la démocratie béninoise. En effet, au fronton du Mausolée de feu Hubert Maga, il est écrit : « je vous laisse en héritage ma vie pour que jamais du sang ne coule dans ce pays. » Plus encore, et cela devient un refrain pour les Béninois, le président du présidium de la Conférence des forces vives de la nation, Mgr Isidore de Souza, à l’issue des travaux achevait son speech par cette phrase : « plaise au ciel qu’aucun bain de sang ne nous éclabousse et ne nous emporte dans ses flots. »Tout démocrate et tout politicien béninois doit avant tout s’approprier ses phrases et les traduire au quotidien dans ses actes. Houngbédji par, son action salvatrice vient de donner une leçon de vie à Yayi Boni. La vie politique ne s’arrête pas aux seules législatives du 28 avril.

 

Abdourahamane Touré

 

Un « démocrate » nommé Soglo !

Nicéphore Soglo se veut donc, de nos jours, démocrate bon teint.Il faut comme on le dit, vivre longtemps pour voir une chose et son contraire. Ceux qui ont vécu les cinq ans de cet homme à la tête de l’Etat, savent bien de qui et de quoi il s’agit. Le « grand »démocrate Soglo à la tête de l’Etat s’était non seulement illustré par sa gestion clanique du pouvoir, mais pire,il n’a jamais voulu d’un contre-pouvoir.Il n’avait d’ailleurs aucune estime pour les députés, et se refusait d’aller prononcer devant eux,conformément à la loi fondamentale,le discours sur l’état de la Nation.Le « grand » démocrate Nicéphore Soglone s’est résolu à installer la première mandature de la Cour constitutionnelleque suite aux menaces de démission de Mgr Isidore de Souza, alors président du Haut conseil de la République ! Et il n’avait que mépris et haine, pour cette noble institution et ses membres.Voici pourquoi jusqu’à nos jours,le nom du commanditaire de tirs nocturnes de mitraillettes lourdes, sur le domicile privé du vice-président de la Cour constitutionnelle,Maurice Ahanhanzo-Glèlè,reste un mystère (pour certains).Le « président-maire » a déçu tout Cotonou, par sa gestion familiale et patrimoniale,de la ville Cotonou. Il est devenu inconsolable, depuis la chute et le départ en exil volontaire de son fils Léhady.Pire, le président Talon, dans sa gestion rigoureuse des ressources de l’Etat, a coupé nombre de ses privilèges. Et c’est connu que les Soglo, de père en fils, ne vivent que sur le dos de l’Etat. Grave, Rosine Soglo quitte enfin le Parlement, où elle séjourne depuis 1995 (!) Depuis, son ex-président de mari erre comme une âme en peine, dégainant sur tout ce qui sent Talon, dont l’un des péchés capitaux, est de ne pas avoir accepté de mettre en exécution, son plaidoyer en faveur de son fils Léhady. Tant pis pour les naïfs, qui pensent que Soglo se bat pour la démocratie. Cet homme se bat d’abord pour lui-même, et les siens…Et pour ce faire, il n’hésite pas à distiller l’aigreur et la haine. Pour son âge, c’est dangereux pour la santé.Et lorsqu’on le voit s’associer à Yayi Boni, pour qui, il n’avait que mépris et dédain,on se dit comme l’autre, que la vieillesse est véritablement « un naufrage ».Soyons donc charitables, et demandons à l’Eternel des armées, pitié pour le couple Soglo. Pitié aussi pour ses fils.

 

M.T.

 

 

 

Le « Néron » des Collines

A la tête de l’Etat, il avait juré « mettre le pays à feu et à sang !»; un soir de fête nationale, il avait promis de faire « descendre les siens » sur Cotonou, aux fins d’affronter ceux qui osaient défendre leur droit…Notre« pasteur raté » aura finalement mis ses menaces -que dis-je- ses prières à exécution, le jour des élections. A l’aide de bandes organisées de gamins, conditionnées à souhait, il a fait mettre à feu, à sang et à sac, son fameux bastion électoral. De Parakou à Tchaourou, de Glazoué à Banté, il a fait semer la terreur. Et il n’a pas fait de quartier : biens privés et publics brûlés ; matériel et agents électoraux tabassés à sang ; agressions sordides contre les forces de sécurité…Le but était on ne peut plus clair : provoquer des morts, de nombreux morts, à mettre à l’actif du Chef de l’Etat. « Paris brûle-t-il ? », s’impatientait Hitler, à quelques heures de sa chute. Le Bénin brûle-t-il ? Devrait s’interroger le «Néron des collines », tout au long de ce jour funeste d’avril, où il n’eût pas la « chance », de faire relayer par les réseaux sociaux, ses « exploits » fumants et ensanglantés…Pour son malheur, les consignes du Chef de l’Etat, à l’endroit des forces de sécurité, était fermes :aucun tir. Pas même de sommation. Dépité à l’heure du bilan avec son alter égo, le voici qui en appelle à un soulèvement populaire, pour écourter le mandat présidentiel. Là également, échec et mat. « Talon marchera sur nos corps !», proclame-t-il en désespoir de cause…Dommage, Talon n’est pas un tueur, du genre de ceux qui ont commandité l’assassinat d’un certain Dangnivo ! C’est à se demander comment notre pays a pu tomber et tenir dix années durant, dans pareilles mains. « Cet homme est fou », dixit Rosine Soglo, à qui il avait confiés son incandescent désir de brûler le pays. Et il l’est de plus en plus, aujourd’hui qu’il a perdu les avantages et les prébendes du pouvoir. Ce pays a une âme, et ne brûlera point. Pyromanes et déments ont beau s’associer, dans un pseudo bal dit de résistance. Evidemment, dirait Ahmadou Kourouma, « quand un dément agite le grelot, toujours danse un autre dément ». Les élections ont eu lieu, et sont désormais derrière nous. Viendra après, l’indispensable temps de la justice. Vivement alors, la nouvelle législature. Le « Bénin avance ».

 

M. T.