Spread the love
Le sort du député Orou-sè scellé
Le calvaire du maire de Kalalé Orou Sé Guéné se poursuit

(Le nouveau maire de Kalalé retourne en prison)

 Le député Orou Sé Guéné qui croupit depuis le mercredi 28 juillet 2015 à la prison civile de Parakou restera encore quelques semaines dans cette maison carcérale. Ayant fait appel après le verdict en instance, ce dernier va connaître son sort le 15 septembre prochain. La Cour d’appel de Parakou a mis en délibéré sa décision après le procès qui s’est déroulé hier mardi 04 août 2015.

Le procès en appel de l’ex-député Orou Sé Guéné s’est achevé le mardi 04 août 2015 sans le verdict final de la Cour. Le tout nouveau maire de la Commune de Kalalé, condamné en décembre 2014 en première instance, a fait appel de la décision du Tribunal de Parakou. La salle d’audience de la Cour d’appel de Parakou était devenue trop exiguë pur contenir le grand monde qui a fait le déplacement pour suivre ledit procès sous haute surveillance de la gendarmerie. Le public a été systématiquement fouillé à l’entrée. Après quelques tiraillements entre la défense du prévenu et la Cour présidée par Ignace Edouard Gangny, le procès est lancé autour de 14h45 minutes. Ce retard est dû, selon la Cour, à un problème de manque de moyen de transport. A la barre, le sieur Guéné n’a pas reconnu les faits. Dans sa déposition, celui-ci a indiqué qu’il est allé rapporter au juge que le procès-verbal établi par le Commandant de brigade, officier de justice dans le dossier pour lequel il voudrait éclairer la justice, est tronqué. Néanmoins, il reconnaît que sa manière de procéder était mauvaise. Mieux, il a observé qu’il n’est qu’un profane de la justice. Il a présenté ses excuses au juge et aux magistrats. L’ex-député a fait savoir que, s’il ne s’était pas présenter aux différentes audiences en première instance suite au conseil de son avocat, c’était pour respecter la ligne hiérarchique de sa famille politique d’alors. L’ancien membre actif des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe), désormais membre de l’Alliance pour un Bénin triomphant (Abt), a imploré la clémence de la Cour. Dans son réquisitoire, le ministère public, représenté par l’avocat général Delphin Tchibozo, a fait remarquer que le dossier ‘’Orou Sé Guéné’’ demande l’interrogation de la loi, la justice et la société. La loi est générale et impersonnelle, mais s’applique à tous et dans toute sa rigueur. « Dure est la loi, mais c’est la loi », souligne l’avocat général qui soutient qu’on ne défie pas la justice puisqu’elle rattrape toujours. Il a, par ailleurs, rappelé l’article 3 de la loi 2001-37 du 21 août 2002 portant organisation de la justice en République du Bénin qui stipule que « le juge ne doit en aucun cas faire l’objet de toute pression dans l’exercice de ses fonctions ». Eu égard à cela, le ministère public a demandé que la peine de 6 mois de prison ferme rendue au 1er degré soit confirmée et qu’elle soit assortie d’une amende de 300 000 FCfa. Les trois avocats de la défense, Arthur Baley, Moustapha Waïdi et Raymond Dossa ont insisté, dans leur plaidoirie, pour faire reconnaître à la Cour que l’élément intentionnel n’est pas dans le dossier. Ils demandent à la Cour de s’attacher à l’indépendance de la justice afin que le droit soit dit. « Que la justice joue son rôle d’apaisement social pour relaxer notre client », a défendu Me Dossa. La défense a même plaidé pour une mise en liberté provisoire au cas où le dossier ne serait pas vidé. La Cour, après la réquisition et les plaidoiries, a mis le délibéré au 15 septembre 2015. Le prévenu Orou Sé Guéné est retourné en prison pour quelques semaines en attendant de connaître son sort.

 Clément Dognon (Br Borgou-Alibori)