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Quatre jours après sa réélection pour un cinquième mandat à la tête de la Fifa, Sepp Blatter a donc annoncé sa démission. Personne ne pouvait croire que le dirigeant suisse allait se retirer alors que le congrès lui avait encore accordé sa confiance pour les quatre prochaines années. Mais Blatter a visiblement changé. « Bien que les membres de la Fifa m’aient conféré ce mandat, ce mandat n’a pas le soutien de l’intégralité du monde du football, j’entends par là des supporters, des joueurs, des clubs et de tous ceux qui vivent, respirent et aiment le football autant que nous tous à la Fifa. C’est pourquoi, je remettrai mon mandat à disposition lors d’un congrès électif extraordinaire. Cette décision prendra effet le plus tôt possible, à savoir à la date à laquelle un nouveau président pourra être choisi par le congrès de la Fifa pour me succéder (…) », a-t-il déclaré. Les pressions faites par le président de l’Uefa, Michel Platini, et les accusations de corruption de hauts responsables de la Fifa ont-elles fini par avoir raison du Suisse ? Ou Blatter est-il vraiment à bout de souffle, à 79 ans ? Le parcours de l’homme ces dernières est en tout cas chaotique…

Arrivé à la Fifa en 1975 en tant que directeur du développement, Blatter a été secrétaire général de l’instance internationale puis directeur exécutif avant de devenir président en 1998. En 17 ans de présidence, il a traversé plusieurs ouragans sans être délogé. Mais les procédures enclenchées par les Etats-Unis et la Suisse à la veille du 65è congrès de la Fifa l’ont sans doute plongé dans l’abîme. Neuf hauts responsables de la Fifa, dont deux vice-présidents actuels, Jeffrey Webb et Eugenio Figueredo, ainsi que cinq partenaires de la Fifa en charge du marketing ont été inculpés pour des faits de corruption par un tribunal fédéral à New York. Sept de ces 14 personnes ont été interpellées dans leur hôtel de Zurich, en Suisse, à quelques heures du congrès de l’organisation et de l’élection de son président. Les faits reprochés aux mis en examen s’étalent sur les 24 dernières années. La procédure pénale concerne l’attribution de droits médias, de commercialisation, de sponsoring lors de la diffusion aux Etats-Unis et en Amérique du Sud de compétitions Fifa. Une procédure pénale contre X pour soupçon « de blanchiment d’argent et gestion déloyale » entourant les attributions des Coupes du monde de 2018 et 2022 est aussi ouverte par le parquet suisse. Sepp Blatter s’est surtout senti fragilisé par l’ « attaque » menée par le Fbi ! Quid de Michel Platini ? L’ancien international français propulsé président de l’Uefa a sérieusement savonné Blatter, son « ami » de tous les combats. Il a demandé sa démission lors d’une séance de travail entre le président de la Fifa et les présidents de Confédérations. Mais si Blatter est effectivement corrompu, Platini, lui, est-il propre ? Lui Platini a voté pour le Qatar lors de l’attribution de la Coupe du monde 2022 alors qu’il est de connivence avec les dirigeants qatariens dont le Qatar sport investissement (Qsi) emploie son fils avocat. Dans le même temps, Blatter avait soutenu la candidature des Etats-Unis ! En réalité, Platini se sent limité dans le duel contre Blatter et a profité de ce coup de filet de la justice américaine pour exhiber ses muscles. Il a réaffirmé sa volonté de soutenir le prince jordanien Ali Ben-Hussein. Mais il oublie que le prince Ali est plus courageux que lui. Si Platini veut effectivement diriger la Fifa, il devait se présenter devant Blatter pour l’affronter dans les urnes. Le pouvoir ne s’offre pas, il s’arrache !!! Au lieu de passer son temps à pleurnicher dans les médias, il ferait mieux de travailler à présenter un programme cohérent au prochain congrès électif.

Si Sepp Blatter est rejeté par la majorité des présidents de Fédérations de l’Uefa, Platini qui a constaté que le président de sa Fédération nationale Noël Le Graët a voté pour Blatter, en est pour beaucoup. En se faisant passer pour le dirigeant clean, il pense atteindre les sommets sans obstacle ! Evidemment, il est habitué à être élu à l’applaudimètre à la tête de l’Uefa, sa République bananière… Pour l’Afrique, le dirigeant suisse est un homme à magnifier. Les subventions annuelles, les nombreux programmes de développement proposés aux pays africains et la Coupe du monde 2010 confiée à l’Afrique du Sud ont convaincu les présidents de Fédérations de lui accorder leur soutien ferme. Platini, lui, aura du mal à obtenir ces 54 voix qui pèseront dans la balance lors du prochain congrès extraordinaire électif. Il a maintenant tout le temps pour mettre en place sa stratégie de victoire avec ses autres amis rigolos Luis Figo et David Ginola qui ont même du mal à obtenir les lettres de parrainage de cinq Fédérations !!! Et il ne doit pas oublier que Michael van Praag et Jérôme Champagne sont à l’affût. Même sans Blatter dans la course à la présidence, Platini n’est assuré de rien…

Epiphane Axel Bognanho