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Gouvernement Talon IIIAprès deux semaines de pause, le gouvernement attendu sur plusieurs défis, retournera au front. Après l’abandon du référendum, et la levée de l’immunité de certains députés, c’est le social et la poursuite des réformes qui devraient le plus préoccuper Patrice Talon et ses ministres.

Jusque-là, et beaucoup d’analystes politiques le reconnaissent, le chef de l’Etat, Patrice Talon, est resté maître du jeu, prenant souvent à contre-pied ses adversaires politiques. D’ailleurs, sur ce plan,  la fête du 1er août 2018  a été un moment politique majeur pour la classe politique. En effet, les festivités entrant dans le cadre de la célébration de l’Indépendance ont été marquées  politiquement par le discours et un entretien accordé à la presse. C’était opportun pour Patrice Talon  de faire le point de ses actions depuis l’année dernière, et marteler quelques vérités. Une certitude est restée après la célébration de ces manifestations : le succès du défilé militaire, et le bain de foule de Patrice Talon. Les rumeurs d’un taux d’impopularité record qui ont infesté  les réseaux sociaux et les canaux médiatiques, ont été battues en brèche. On ne peut plus, donc,  aujourd’hui douter de la pertinence de ses choix et actes, ni du caractère stratégique de sa vision pour transformer l’économie béninoise et par ricochet, la vie de ses concitoyens. Certes, Patrice Talon a souvent été critiqué par ses détracteurs. Mais, on notera avec un brin d’ironie, que la méthode Talon, après 25 mois de pratique, tranche radicalement d’avec les dix années qu’on a vécu avec Fcbe. D’ailleurs, le point d’achoppement aujourd’hui et de hiatus avec la classe politique, ce sont les procès issus de la mauvaise gestion de ces années. Car, on aura tout dit, mais le moins honnête des citoyens béninois, reconnaîtra aux députés de la mouvance, le privilège d’avoir levé l’immunité de quelques-uns de leurs collègues. Sur ce plan, c’est la  gestion scabreuse du coton à la Sonapra qui doit être sanctionnée à sa juste valeur. La « pagaille » instaurée par le régime défunt et ses affidés doit être tirée au clair. Le Parlement doit cesser d’être un refuge pour « mesquins et parvenus ». Tout cela participe de l’assainissement de la vie politique. Pour autant, la volonté de réformer  et la détermination affichées par le président de la République, on l’a vu, demeurent intactes, malgré le refus d’une opposition qui préfère l’immobilisme.

 A quelques six mois des législatives…

 L’histoire retiendra que  c’est une « minorité » qui a voulu que le Bénin ne rompe définitivement pas avec le cycle des élections couteuses. Apparemment, tout le monde ne se sent pas concerné par les milliards à dépenser et engloutir les années à venir  dans l’organisation  des élections. Dans un pays où tout reste à reconstruire, c’est difficile de comprendre l’attitude de quelques politiciens  grincheux, qui s’enferment envers et contre tout dans la logique du passé.  Mais, répondrons certains, il faut de tout pour faire un monde. Seulement, on ne le répétera jamais assez à l’endroit des conservateurs de  classe politique, que l’école béninoise reste sinistrée, que les hôpitaux béninois, dont certains  ne sont pas loin d’être des mouroirs,  présentent toujours des plateaux techniques peu garnis. Et le chômage et le manque d’emplois sont toujours des spectres qui hantent le pays. Sinon, pour paraphraser un ancien chef d’Etat, le Bénin est de nouveau en chantier. Il est heureux de le constater. Mais, à partir de ce mercredi, à quelques six mois des prochaines législatives, il est attendu du gouvernement, entre-autres, de réussir la rentrée scolaire 2018-2019, de peaufiner le dispositif sécuritaire (retour des braquages oblige), de convaincre les députés lors de la présentation du Budget général de l’Etat 2019, mais surtout de clore la polémique sur le glyphosate.

 Jpm